06.06.2009

Réponse de Kébir à la réaction de Daniel Hongramn gaye


Les forces de la Résistance nationale n’ont pas toutes pris part aux dernières attaques survenues le 4 mai dernier. L’ordre de lancer ces attaques a été donné prématurément, sans concerter tous les chefs militaires alors que tout le monde se préparait pour une autre date initialement prévue à cet effet. Ce cas de figure s’appelle trahison. Et l’instigateur n’en est pas à sa première. D’où notre sortie à dénoncer la récidive. Par conséquent, l’échec n’est pas collectif. Que cela vous serve d’information puisque vous méconnaissez l’histoire !

Quant à vous, "Daniel Hongramn gaye", où étiez-vous durant toutes ces années pendant lesquelles les gens ont consenti d’énormes sacrifices pour lutter en faveur du changement au Tchad? Que pensez-vous nous apprendre avec votre attitude débonnaire à inciter les enfants des autres à mettre leur vie en danger, à aller tuer ou se faire tuer tandis que vous n’êtes pas capable de décliner votre simple identité pour exprimer votre propre opinion? Pour vous rafraîchir la mémoire, l’on a commencé par se familiariser avec votre sobriquet seulement après l’échec des dernières attaques rebelles et plus précisément à partir du 14 mai 2009, date à laquelle nous recevions votre premier e-mail . Ce comportement s’appelle de l’opportunisme.

N’est-ce pas trop simpliste voire honteux de votre part de rester tapie dans l’ombre et attendre le dernier moment pour se réveiller et se mettre à parler de la Résistance nationale? Cela s’appelle de la prostitution politique. Vous n’êtes pas le mieux placé pour nous parler de la Résistance nationale et de ce qui s’y passe ou de nous donner de leçons. Nous n’avons pas l’habitude de monologuer. Nous vous invitons à sortir de votre anonymat si vous avez quelque chose à nous dire. Si vous avez une contribution à apporter à la lutte actuelle, affichez-vous courageusement pour le faire. Ayez ce petit courage de vous mettre en face de vos interlocuteurs pour exprimez vos idées ou doléances. Personne ne vous fera de mal. Nous sommes des hommes comme vous et avons une vie à laquelle nous tenons et ce n’est pas une raison de nous mettre dans un cachot pour nous exprimer.

Mohamad Ahmad Kébir

Réaction à l’article de M. Kebir "il faut un homme qu'il faut à la place qu'il faut"

Autant, j’accepte qu’aucun sujet n’est tabou dans un espace politique, autant je réfute l’empressement de chercher des boucs émissaires dans le dernier échec des forces de résistances. Une lutte pour une libération, c’est une histoire de longue haleine et de profonde conviction. Il est trop simpliste d’indexer un individu à la première épreuve. Le réflexe de tout renier au premier obstacle relève de la prostitution et ne garantit rien de profond et de rassurant à long terme pour le Tchad. Je ne défend pas Timan Erdimi que je ne connais pas d’ailleurs, ni j’affirme mon  appartenance à son courant politique. Mais je dis que le dernier échec est collectif et toutes les forces armées appartenant à l’UFR doivent l’assumer. Les stratégies militaires, les plans d’attaque, la composition des combattants ont été faits de concert avec toutes les autres composantes et la responsabilité ne saurait être imputée à une personne, fut elle le Président. D’ailleurs, l’UFR est bien structurée et ce n’est pas une structure fortement présidentielle où le président seul fait tout, dirige tout, contrôle tout. Nous avions d’autres forces qui composent les differentes instances de l'UFR. Le problème ne se situe pas au niveau qui est le président de l’UFR ou qui ne l’est pas. N’importe quel chef à la place de Timan sans cohésion sincère de toutes les autres forces armées ne pourra venir à  bout de Deby qui utilise tous les revenus pétroliers pour s’acheter les armes et les âmes des français et autres puissances tapies dans l’ombre. L’heure n’est pas au divorce mais au rassemblement de toutes les forces.  Pourquoi parler du passé de Timan, seulement après l’échec ? Y a t’il un seul chef de mouvement politico militaire aujourd'hui qui ait un passé blanc (sans taches) ?. L’UFR est née du constat qu’aucun mouvement politico militaire seul ne peut vaincre la dictature implacable de Deby. La pression doit se poursuivre dans l’union des forces et dans la communion d’esprit. Si tant la force de l’UFCD est incontournable, elle aurait du mettre Deby hors de nuire depuis fort longtemps. Non aux instincts partisans, oui à l’union des Forces de Résistance pour la liberation du peuple tchadien.

 Daniel Hongramngaye

13.05.2009

Lettre ouverte au Secrétaire Général de l’ONU, aux Présidents de l’UA et de l’UE

Des condamnations à deux vitesses

 

Je suis un pauvre tchadien, vivant avec mois d’un dollar américain, dans un quartier reculé de N’djamena appelé Abena, dans la capitale N’djamena. Ma situation et mes préjugés sociaux ne devraient pas m’autoriser à m’adresser à des éminentes personnalités comme vous mais l’homme prend parfois des risques et des ambitions pour affirmer sa dignité et réclamer son existence sur la terre, en dépit des considérations sociales, ethniques et économiques.

Chers excellences, aviez vous condamné l’agression venue de l’extérieur lorsque Deby en 1990 faisait incursion au Tchad en provenance du Soudan pour venir déloger Hissein Habre ? Excusez-moi, un ami à coté de moi me fait savoir qu’à cette date, l’ONU, l’UA, l’UE n’étaient pas encore nées. Soit, mais revenons aux actualités.

Mes chers présidents et SG, où étiez vous quand Deby, après une décennie de pouvoir répressif, clanique décide de modifier la constitution pour rester indéfiniment au pouvoir ? la logique aurait voulu que vous condamniez de la même manière qu’aujourd’hui cet acte qui a généré des rebellions. Où étiez vous quand Deby organise des élections bidon avec des résultats préétablis ? vous vous souviendrez qu’aux dernières élections présidentielles au Tchad (2006), on a indiqué des taux de participation supérieur à 70% alors que tout le monde savait qu’une petite minorité des tchadiens seulement était sortie pour voter, à cause des séquelles issues de l’incursion de Mahamat Nour ?.

Où étiez vous chers excellences quand les administrations à la solde de Deby avaient déclaré en 1996 des résultats où le nombre de votants dépassait les nombre d’inscrits. Vous auriez du intervenir à ce moment là pour condamner ces actes qui étaient justement des bombes à retardement et dont les manifestations sont les actions meurtrières de l’UFR d’aujourd’hui.

Il en est de même pour la République du Niger aujourd’hui. Vos condamnations devraient avoir lieu maintenant mais pas après. C’est maintenant qu’il faut agir au moment où le président Tandja envisage de faire un referendum pour se permettre de rester indéfiniment au pouvoir alors qu’il a déjà épuisé ses deux mandats légaux. Quand le peuple nigérien ne saura comment réagir a une telle injustice car les élections dans nos pays pauvres sont des comédies où les résultats sont connus d’avance, certains prendront les armes comme les touaregs pour contrer la puissance du pouvoir. Vos condamnations à ce moment tardif ne seront pas

sont que des coquilles vides qui ne dureront que le temps de leur inauguration. Il se cache dernier une démocratie de façade pour piller les richesses du Tchad. Avec cette démocratie à la tchadienne, aucune alternance n’est possible ou envisageable. Aucun parti d’opposition n’a les moyens de faire la compétition avec Deby dans un contexte où les moyens humains,militaires,  financiers, matériels de l’Etat sont mis au service du seul Mouvement Patriotique du Salut (MPS), parti au pouvoir.

Ne faites pas semblant d’ignorer la joie qui a envahi tout le peuple à l’entrée des rebelles dans la capitale en février 2008 ? Ne jouez pas à l’hypocrisie du genre que Deby est le choix du peuple tchadien ? Tout le monde sauf la France et Bernard Kouchner en a assez de lui et de ses proches mais il s’impose par ses armes et par la volonté de la France. Il est vrai qu’avec les rebelles, rien n’est sur et on ne peut parier sur un avenir nettement meilleur mais sachez chers présidents que les tchadiens dans leur écrasante majorité ont besoin de changements. 18 ans de règne debyen : c’est trop. Le silence du peuple tchadien est le fruit du matraquage qu’il subit du régime actuel. C’est loin d’être une adhésion aux pratiques dictatoriales et mafieuses de Deby. Savez vous que même rester chez soi, taper sur les casseroles pour manifester contre la vie chère a été interdit au Tchad ? eh oui, des milliers de policiers ont été déployés dans la ville pour dénicher tous ceux qui oseraient frapper sur leurs propres casseroles ? c’est  malheureusement ça l’expression notre démocratie à la tchadienne.

Je pleure et je vous encourage, vous les plus grands hommes du monde à défendre la cause du peule meurtri et non de leurs dirigeants isolés ou régimes défaillants. Je vous encourage à être des ambassadeurs des sans voix et non des ambassadeurs de ceux qui vous reçoivent dans les salons fortement climatisés autour des tables garnies de vins, whisky et autres apéritifs ?

Ce n’est qu’en jouant ce rôle que vos institutions sortiront grandies et vous aurez la confiance de l’humanité entière. Si non, vous faites de la navigation à vue et vous transformerez par vos actes les peuples dépourvus en des terroristes ou des hors la loi. Questionnez vous sur les origines des tueries quotidiennes en Irak, Pakistan, Afghanistan, Palestine ?  Le mal a pris le dessus sur le bien quand les frustrations, les injustices  ont dépassé les limites du raisonnable.

Chers présidents, voila mes suggestions qui peuvent être considérées comme les contributions d’un très pauvre dans un pays très pauvre au bon fonctionnement des Institutions Internationales que vous dirigez. Prenez en et faites en bon usage s’il vous plait. Le Tchad n’est qu’un échantillon, et à travers lui, beaucoup de pays pauvres au Sud du Sahara se reconnaissent.

crédibles car vous ne traitez pas les maux à leurs sources mais vous vous occupez de juger les conséquences.

Où étiez vous chers Présidents quand des avocats et magistrats ( A l’exemple de  Maître Behidi) se font assassiner lâchement par Deby et ses proches par ce qu’ils ont eu le tort de faire leur travail, rien que leur travail.

Où étiez vous quand, un démocrate au trempe de Ibni Oumar qui réfutait la violence a été assassiné gratuitement par Deby et pour lequel aucune suite n’est envisagée ?

Où étiez et êtes vous maintenant quand Deby oppose à la bonne gouvernance une gestion clanique et corrompue  par ses  parents, ses proches ?  lors de vos missions au Tchad, avez-vous pris quelques secondes pour réfléchir sur les origines ethniques et les colorations politiques des personnalités que vous rencontrez au  nom de la République très très démocratique du Tchad ?

N’avez-vous pas lu les rapports des missions FMI/BM sur la gestion opaque des importantes ressources pétrolières par Deby et ses parents ? Ne Savez vous pas  pourquoi la Banque Mondiale s’est retiré de la gestion du pétrole au Tchad alors qu’elle en était l’initiatrice ?

Qu’attendez vous pour condamner cette mafia tchadienne ?

Savez vous qu’aujourd’hui des dignes fonctionnaires à qui on refuse les évacuations sanitaires meurent bêtement de leur maladies alors que des proches et parents Deby bénéficient par dizaine  de ces subventions non pour aller se soigner mais pour faire du pur tourisme ailleurs ?

Savez vous que les cabinets privés  qui exécutent les marchés sur fond pétrolier sont à plus de 90 % propriété de Deby ou de ses proches, si ce ne sont pas les français de SATOM, SDV, et autres?

Savez vous qu’un jeune tchadien, aussi brillant soit-il ne peut accéder a une bourse d’étude à l’étranger tant qu’il n’a pas les parents dans la sphère présidentielle.

Saviez vous qu’au Tchad, le chômage a une coloration régionale et ethnique ?

Qu’attendez vous pour condamner ces faits, chers excellences ?.

Sachez une fois pour toute chers excellences, que l’usage des armes est le dernier recours du pauvre qui a usé toutes les voies. Le Président que vous soutenez ne reculera devant rien pour rester au pouvoir indéfiniment malgré son bilan catastrophique à la tête du Tchad. Les infrastructures nouvellement crées et chantés à longueur de journée dans les medias publics ne sont que des coquilles vides qui ne dureront que le temps de leur inauguration. Il se cache dernier une démocratie de façade pour piller les richesses du Tchad. Avec cette démocratie à la tchadienne, aucune alternance n’est possible ou envisageable. Aucun parti d’opposition n’a les moyens de faire la compétition avec Deby dans un contexte où les moyens humains,militaires,  financiers, matériels de l’Etat sont mis au service du seul Mouvement Patriotique du Salut (MPS), parti au pouvoir.

Ne faites pas semblant d’ignorer la joie qui a envahi tout le peuple à l’entrée des rebelles dans la capitale en février 2008 ? Ne jouez pas à l’hypocrisie du genre que Deby est le choix du peuple tchadien ? Tout le monde sauf la France et Bernard Kouchner en a assez de lui et de ses proches mais il s’impose par ses armes et par la volonté de la France. Il est vrai qu’avec les rebelles, rien n’est sur et on ne peut parier sur un avenir nettement meilleur mais sachez chers présidents que les tchadiens dans leur écrasante majorité ont besoin de changements. 18 ans de règne debyen : c’est trop. Le silence du peuple tchadien est le fruit du matraquage qu’il subit du régime actuel. C’est loin d’être une adhésion aux pratiques dictatoriales et mafieuses de Deby. Savez vous que même rester chez soi, taper sur les casseroles pour manifester contre la vie chère a été interdit au Tchad ? eh oui, des milliers de policiers ont été déployés dans la ville pour dénicher tous ceux qui oseraient frapper sur leurs propres casseroles ? c’est  malheureusement ça l’expression notre démocratie à la tchadienne.

Je pleure et je vous encourage, vous les plus grands hommes du monde à défendre la cause du peule meurtri et non de leurs dirigeants isolés ou régimes défaillants. Je vous encourage à être des ambassadeurs des sans voix et non des ambassadeurs de ceux qui vous reçoivent dans les salons fortement climatisés autour des tables garnies de vins, whisky et autres apéritifs ?

Ce n’est qu’en jouant ce rôle que vos institutions sortiront grandies et vous aurez la confiance de l’humanité entière. Si non, vous faites de la navigation à vue et vous transformerez par vos actes les peuples dépourvus en des terroristes ou des hors la loi. Questionnez vous sur les origines des tueries quotidiennes en Irak, Pakistan, Afghanistan, Palestine ?  Le mal a pris le dessus sur le bien quand les frustrations, les injustices  ont dépassé les limites du raisonnable.

Chers présidents, voila mes suggestions qui peuvent être considérées comme les contributions d’un très pauvre dans un pays très pauvre au bon fonctionnement des Institutions Internationales que vous dirigez. Prenez en et faites en bon usage s’il vous plait. Le Tchad n’est qu’un échantillon, et à travers lui, beaucoup de pays pauvres au Sud du Sahara se reconnaissent.

Veuillez agréer, chers présidents et Secrétaires généraux l’expression de mes considérations distinguées. 

Daniel hongramngaye

N'djamena