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29.02.2008
Appel à la mobilisation pour le Tchad !
« Pour un Tchad véritablement indépendant, définitivement décolonisé et démocratique »
« Appel à la mobilisation pour le Tchad ! »
marche pour la liberte et la democratie
de la place jean monnet au parvis des droits de l’homme au trocadero
Samedi 1er mars 2008 à partir de 14h RASSEMBLEMENT à la place Jean Monnet à Paris 16ème (croisement rue des Belles Feuilles et Avenue Victor Hugo – 150 mètres Ambassade du Tchad)
Métro Victor Hugo (ligne 2)
A peine la bataille de N’djamena terminée que la France a déjà vendu pour des centaines de millions d’euros des armes et matériels de guerre au gouvernement tchadien, des entreprises françaises se sont vues attribuées sans aucune procédure de mise en concurrence de gros marchés pour des ouvrages sans aucun intérêt et sans aucune utilité (des tranchées) pour les populations tchadiennes qui sont dans une extrême misère. Les revenus du pétrole ne profitent qu’au clan au pouvoir et au réseau « Françafrique », plutôt bien requinquée après le discours de M. Bockel.
Malgré cette odeur macabre encore ambiante à N’djamena après cette bataille très meurtrière pour les populations civiles tchadiennes, bataille prévisible que la France a refusé d’éviter préférant aller chercher les résolutions de l’ONU afin d’affronter les rebelles tchadiens au lieu d’appeler à un dialogue sans exclusif entre toutes les parties en conflit ; Malgré les violations massives des droits de l’Homme constatées par toutes les organisations internationales des droits de l’Homme, malgré les arrestations et les exécutions extrajudiciaires constatées ; Malgré l’enlèvement de deux leaders de l’opposition démocratique tchadienne par la garde présidentielle de Déby selon des témoins occulaires depuis le 3 février 2008 et dont on est sans nouvelle depuis ; Malgré les déclarations contradictoires et mensongères des autorités tchadiennes à ce sujet ; M. Sarkozy a cru bon et utile d’aller ce mercredi 27 février 2008 soutenir le régime dictatorial et illégitime de Déby. Faut-il le rappeler, il n’appartient pas à la France , ni moins encore à son Président de décider que tel ou tel régime est légitime.
En dehors de toute action concourant à un DIALOGUE INCLUSIF, c’est-à-dire le dialogue politique inter-tchadien sans exclusif, la France n’a pas d’autre rôle à jouer au Tchad !Or chaque jour, la France donne la preuve que seuls ses intérêts occultes et ceux de ses sous-fifres locaux comptent. Elle soutient aveuglément un dictateur au détriment du PEUPLE TCHADIEN.
MAIS JUSQU'À QUAND allons nous laisser humilier et déposséder de la sorte ? Trop c'est trop ! Il est temps de se mobiliser et dire PLUS JAMAIS CA ! Non à cette France pyromane qui expulse par vols charters les demandeurs d’asile et les immigrés, NON à cette France prête à sacrifier nos populations en contrepartie de la grâce présidentielle à accorder aux délinquants de l’Arche de Zoé, Non à la France amie des dictateurs, Non à la France complice de l’enlèvement des démocrates tchadiens, Non à la Françafrique !!!!
Pour dénoncer cette monstrueuse et meurtrière machination qui n’a que trop durer et exiger la libération immédiate des opposants tchadiens, ainsi que l’organisation rapide de négociations POUR LA PAIX AU TCHAD, vous êtes conviés à prendre part à la marche pour la LIBERTE du PEUPLE TCHADIEN, LA LIBERTE des PEUPLES d’AFRIQUE, la LIBERTE DES OPPRIMES du MONDE
Tous les citoyens du monde épris de paix et de justice sont les bienvenus !!!
Le Comité de soutien aux opposants tchadiens
Contact s : 06 25 13 51 75 / 06 86 33 85 99&
Le Collectif des Tchadiens de l’Etranger
Contacts : 06 26 08 65 48 / 06 11 89 07 44
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27.02.2008
Tchad : Le gouvernement doit s’expliquer sur la « disparition » de deux responsables de l’opposition politique Ngarlejy Yorongar et Ibni Oumar Mahamat Saleh ont été arrêtés par l’Armée
http://hrw.org/french/docs/2008/02/25/chad18145.htm
(Paris, le 26 février 2008) — Une enquête de Human Rights Watch au Tchad a établi que deux membres de l’opposition politique, que le gouvernement affirme ne pas détenir, ont en réalité été arrêtés par les forces gouvernementales de sécurité le dimanche 3 février. Leur arrestation a fait partie d’une vague de répression contre les opposants politiques dans la capitale N’Djamena, à la suite d’une tentative de coup d’Etat menée par des rebelles tchadiens début février.
Le 21 février, le gouvernement tchadien avait déclaré que «l’enquête diligentée notamment par la police judiciaire et la direction des renseignements militaires n’a pas jusqu’à ce jour permis de retrouver » Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole d’une coalition de partis d’opposition, et Ngarlejy Yorongar, important parlementaire de l’opposition, et qu’il ne leur avait pas été possible de «déterminer avec exactitude les circonstances de leur disparition». Le ministre de l’Intérieur, M. Ahamat Mahamat Bachir, annonçait plus tard le même jour que Yorongar avait été aperçu la veille dans son quartier. Cependant, plusieurs témoins oculaires ont dit aux chercheurs de Human Rights Watch à N’Djamena que des soldats du gouvernement tchadien avaient arrêté les deux hommes le 3 février. La famille et les avocats de Yorongar démentent qu’il soit réapparu.
« Le gouvernement affirme ne pas savoir dans quelles circonstances Yorongar et Ibni ont disparu», affirme Georgette Gagnon, Directrice de la Division Afrique de Human Rights Watch. « Notre enquête laisse peu de doute sur le fait que c’est le gouvernement qui les a pris, et nous tenons le gouvernement pour entièrement responsable de leur état de santé et leur retour en toute sécurité. »
Le ministre de l’Intérieur, M. Bachir, a affirmé le 14 février que les deux opposants ont été arrêtés lorsque les forces rebelles contrôlaient les quartiers de N’Djamena dans lesquels ils habitaient, suggérant que les rebelles étaient responsables de leur disparition. L’enquête de Human Rights Watch conclut cependant que dans chaque cas, les forces de sécurité du gouvernement ont réaffirmé avoir le contrôle total des quartiers en question avant le moment auquel, selon les témoignages, les arrestations ont eu lieu.
Selon des témoins oculaires, le 3 février vers 17 heures 30, des soldats sont arrivés au domicile de Ngarlejy Yorongar, président du parti Fédération Action pour la République (FAR). Les forces rebelles avaient déjà commencé à se retirer de la zone, le quartier Moursal du 6ème arrondissement de N’Djamena avant midi ce jour-là. A 17 heures 30, seules les forces du gouvernement ont été vues dans la zone. Des témoins ont fournis à Human Rights Watch des informations détaillées sur les uniformes, insignes et véhicules des soldats, indiquant qu’ils étaient membres de l’Armée Nationale Tchadienne (ANT). Ils ont fait référence à des écussons portant le drapeau tchadien, à de caractéristiques épaulettes à bandelettes jaunes, et à des motifs de camouflages et couleurs d’uniformes et turbans qui ont tous été reconnus comme distinctifs de l’armée tchadienne.
Selon les témoins, une dizaine de soldats du gouvernement sont entrés de force dans le domicile de Yorongar après avoir martelé à sa porte. Un nombre similaire de soldats ont attendu dehors dans la rue.
Un témoin a décrit ainsi la capture de Yorongar : « Les soldats n’ont pas hésité. Ils sont allés directement vers Yorongar, l’ont pris et l’ont poussé. Il [Yorongar] a dit «Pas besoin d’être violent, je vous suis. » ».
Yorongar a été vu pour la dernière fois alors qu’il était poussé dans une Toyota beige 4x4 neuve, caractéristique de l’armée tchadienne. La voiture n’avait pas de plaque d’immatriculation.
Après l’annonce du ministre de l’Intérieur, M. Bachir, affirmant que Yorongar était réapparu près de son domicile, le ministre des Affaires étrangères, M. Ahmad Allam-Mi a accusé Yorongar de « jouer à ce petit jeu cache-cache ». La famille de Yorongar a démenti l’avoir vu et a accuse le gouvernement de « la torturer moralement » en faisant de fausses déclarations à propos du lieu où il se trouve.
Ibni Oumar Mahamat Saleh, le porte-parole de la Coordination Pour la Défense de la Constitution (CPDC) a aussi été arrêté le dimanche 3 février. Vers 19 heures 30, une dizaine d’hommes lourdement armés sont arrivés dans une Toyota beige 4x4 au domicile de Ibni. Depuis 15 heures ce jour-là, seules les forces du gouvernement avaient été vues dans la zone, le quartier des Deux Châteaux dans le 4ème arrondissement de N’Djamena.
Un témoin a déclaré à Human Rights Watch : « Les soldats ont dit « Qui est le propriétaire de cette maison? » Ibni [Saleh] a répondu calmement. Il a dit « C’est moi ». Ils l’ont bousculé et ses lunettes sont tombées, mais ils ne l’ont pas laissé les ramasser. Les soldats l’ont mis à l’arrière d’un camion et l’ont emmené. Il n’a pas résisté. »
Des témoins oculaires ont détaillé de la même manière les uniformes des soldats comme étant ceux de l’armée tchadienne.
Le 22 février, le gouvernement tchadien a annoncé « la création d’une commission d’enquête ouverte au besoin à la communauté internationale » afin de déterminer le lieu où se trouvent les deux chefs de l’opposition disparus.
Human Rights Watch craint que deux hommes ne soient victimes de disparitions forcées. La Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 2006 , définit la disparition forcée comme « l’arrestation, la détention, l’enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté commis par des agents de l’Etat ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l’autorisation, l’appui ou l’acquiescement de l’Etat, suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi ».
« Le gouvernement tchadien doit publiquement avouer où se trouvent Yorongar et Ibni » affirme Georgette Gagnon. « Ils devraient être relâchés immédiatement, ou inculpés d’un crime, et tous leurs droits doivent leur être reconnus, dont le droit d’avoir accès à un avocat et de prendre contact avec la famille, le droit de faire l’objet d’un examen médical ainsi que le droit à une audition devant un juge impartial afin de déterminer la légalité de leur détention. »
Le 14 février, le gouvernement tchadien a reconnu la détention d’une des principales figures de l’opposition parlementaire, M. Lol Mahamat Choua, qui avait été précédemment porté disparu. Le ministre tchadien des Affaires étrangères Ahmad Allam-Mi a décrit l’ancien président du Tchad, âgé de 70 ans, comme étant « un prisonnier de guerre », précisant qu’il avait été « pris sur le champ de bataille ». Selon les témoins oculaires cependant, M. Choua a été arrêté à son domicile, le 3 février, aux environs de 17 heures 30, par une quinzaine de soldats portant des uniformes et des turbans kaki. Une information fournie par des témoins suggère que l’arrestation de M. Choua aurait été menée par la Garde Présidentielle, une branche de l’armée tchadienne directement liée au Président Déby. Deux témoins oculaires ont décrit les fusils des soldats comme étant noirs, alors que la Garde Présidentielle porte des fusils d’assaut qui se distinguent des armes des autres branches de l’armée en partie à cause de leur finition noire mate. Un troisième témoin oculaire a déclaré que les soldats portaient l’insigne de la Garde Présidentielle sur leurs uniformes.
M. Choua dirige un comité chargé de l’application d’un accord passé en août 2007 entre le gouvernement et de nombreux partis politiques, supervisés par l'Union européenne, dans le but de mettre en œuvre les réformes devant aboutir à l’organisation d’élections libres et transparentes en 2009. M. Choua est retenu sans charge contre lui dans une prison militaire de N’Djamena. Il a reçu la visite du Comité international de la Croix rouge (CICR), de l’ambassadeur français et de la délégation de la Commission européenne à N’Djamena. Jusqu’ici, M. Choua s’est vu refuser la visite des membres de sa famille et de son avocat.
Jean-Bernard Padaré, un avocat ayant défendu des cas importants de violations de droits de l'Homme au Tchad, a reçu, sur son téléphone mobile, des menaces de mort de la part de personnes inconnues depuis qu'il a entrepris des poursuites judiciaires afin de savoir où se trouvent les détenus. M. Padaré a également été victime de harcèlement et d’intimidation de la part de personnes inconnues, notamment le 20 février alors qu’il était en présence d’un chercheur de Human Rights Watch. Dans ce cas, un homme habillé en civil attendait près de la voiture de M. Padaré tard dans la nuit. Lorsqu’ils lui ont fait face, l’homme a caché ce qui aurait pu être une arme, a marché prestement jusqu’à une voiture proche parée plaque d’immatriculation gouvernementale, et s’est en allé.
Human Rights Watch a confirmé que des tentatives d’arrestations d’autres membres importants de l’opposition avaient suivi immédiatement la tentative de coup d’Etat des 2 et 3 février. Les soldats du gouvernement, en tentant d’arrêter M. Saleh Kebzabo, membre de l’opposition, chez lui à N’Djamena le soir du 3 février, ont, selon les témoins, tiré sur un membre de sa famille en le blessant.
Des soldats dans deux camions se sont arrêtés au domicile de M. Salibou, le secrétaire de la coalition CCPD de M. Ibni Oumar Mahamat Saleh à deux reprises dans la nuit du 3 au 4 février, à 19 heures 30 et à 2 heures du matin, selon les témoins. Mais celui-ci n’était pas là. Des témoins ont dit à Human Rights Watch que deux hommes qui pourraient être des agents des services de renseignement sont allés chez M. Wadal Abdelkader Kamougué, parlementaire de l’opposition, le 4 février.
Human Rights Watch exhorte les gouvernements concernés à faire pression sur le gouvernement tchadien afin que les membres de l’opposition détenus soient relâchés ou inculpés. Le 11 février, le Commissaire européen Louis Michel a demandé la « libération immédiate » des membres de l’opposition, une demande à laquelle s’est joint Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine le 22 février. Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont déclarés le 18 février « profondément préoccupé[s] par l’arrestation de membres de l’opposition politique non armée au Tchad ». Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a affirmé le 22 février que la visite du Président Nicolas Sarkozy prévue fin février dépendrait, entre autres choses, du fait que la lumière soit faite sur le sort des responsables de l’opposition disparus.
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Opposants disparus : rapport accablant pour N’Djamena
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20.02.2008
Sauvons le Tchad
Les organisations de la société civile tchadienne basées à Moundou lancent un APPEL URGENT Au Président de la République du Tchad ; Au Premier Ministre Chef du gouvernement ; Aux membres du gouvernement ; Au Président de l'Assemblée Nationale ; Aux Députés; A toutes les personnes éprises de paix, de justice, de pardon et d'équité ; A toute la communauté internationale ; Aux Nations unies ; A l'Union Européenne ; A L'Organisation Internationale de la Francophonie A la CEN- SAD A l'Union Africaine ; Aux Etats-Unis ; A la France.
Depuis l'accession de notre pays à l'indépendance le 11 Août 1960, la paix a été le leitmotiv de tous les gouvernants qui se sont succédés. Malheureusement les multiples politiques de réconciliation nationale n'ont jamais inversées la tendance.
Face à la dégradation de la situation et au virus de la violence qui habite les tchadiens de tout bord, des voix se sont élevées par ci par là pour réclamer l'instauration d'une paix durable au Tchad mais que nenni !
Après un état des lieux sans complaisance de la situation politique du Tchad, les organisations de la société civile averties ont lancé le
16 novembre 2002 un appel, à la paix et à la réconciliation dans le seul but d'arrêter les successives et fâcheuses guerres avec toutes les conséquences que nous connaissons, déplorons et condamnons.
Cet appel à la paix et à la réconciliation a été adressé au Président de la République en particulier, au Gouvernement et à l'Assemblée Nationale afin de prendre la courageuse initiative d'organiser dans les meilleurs délais une rencontre de réconciliation nationale regroupant sans exclusion l'ensemble des acteurs de la vie publique, politique, sociale et les rebellions armées. Le but ultime de cet appel à la paix et à la réconciliation est de créer des conditions de paix globale et durable, de renoncer à l'exercice du pouvoir par la violence conformément à la constitution de la République de mars 1996, de réinstaurer la sécurité des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire nationale, de concourir à une véritable expression démocratique et de mobiliser les populations autour des sujets fédérateurs de citoyenneté, de militantisme politique et du multipartisme.
Aux mouvements des rebellions armés, les organisations de la société civile leur ont demandé de renoncer à la violence comme moyen de prise du pouvoir et ce, afin de faire respecter les droits humains conformément à l'idéal de paix, de justice et de responsabilité tel que nous recommande la Loi Fondamentale de notre pays, mais hélas !
Ce que nous avons vécu ou ce que nous avons vu à la télévision, les 1er, 2 et 3 février 2008 et ce que nous avons compris de la démocratie avec son fondement qui consiste à laisser exercer le pouvoir par le peuple et pour le peuple ; les Tchadiens sont en droit de se poser la question aujourd'hui pourquoi, ceux qu'ils ont élu pour présider à leur destinée ne les écoutent pas, n’écoutent pas leurs pleurs et leurs appels dans les moments difficiles de leur histoire ?
C'est d'autant incompréhensible et fort de ce constat que le collectif des associations de Défense des droits humains et les ONG vous invitent–ils individuellement ou collectivement à vous investir dans la recherche de la paix que nous attendons de tous nos vSux.
Pourquoi un tel appel urgent ?
Il s'agit pour les tchadiens de mener des actions citoyennes tendant à sauver notre pays, cet appel urgent à la communauté internationale, au gouvernement du Tchad et aux rebellions armées, à plus de responsabilités et à ne pas observer un silence complice face à ce drame que vit le Tchad.
Par cet appel, nous voulons Suvrer pour que notre pays vive en paix.
En faisant la lecture des derniers événements de N'Djamena, ce sont des patrimoines qui ont été détruits par la guerre, des milliers des personnes blessées, des sans abris, des morts et du sang qui a coulé à cause du pouvoir. C'est grotesque, car on peut trouver mieux par le dialogue.
Ce sont des Tchadiens qui détruisent les biens communs et les biens d'autres tchadiens. Et pour cela, nous refusons cette violence inutile.
Rappelons nous chers frères tchadiens, que Dieu créa l'Homme à son image. Il l'a crée pour cultiver l'amour et non pour se détruire. Il a aussi donné le pouvoir à ceux qui le détiennent pour protéger les citoyens et non les exposer à des pires atrocités.
Aujourd'hui, les tenants du pouvoir comme les rebelles, veulent chacun de son coté tout, au détriment de la grande majorité du peuple.
Rappelons nous aussi un seul instant que ce sont les injustices et les frustrations qui ont conduit aux conflits actuels regrettables. Ces conflits nous conduisent à la haine, à la guerre, à la mort et à la destruction, d'un pays aux moyens déjà limités.
Les premiers veulent tout pour eux seuls. Les autres ne les considèrent plus, les haïssent. Voilà la société de mort dans laquelle nous nous sommes plongés individuellement ou collectivement. Ne serait-ce qu'une fois, les élus du peuple doivent nous écouter parce que nous n'aspirons qu'à la paix.
Nous avons besoin d'une société de vie. Cette société qui naît de l'altruisme où chacun doit être considéré par l'autre. Et c'est par cet altruisme que doit naître le dialogue qui conduit à la considération, au respect et à l'amour de l'autre. Le dialogue fait naître l'amour et l'amour est porteur de paix. L'amour est aussi justice. Et la justice porte à la vie.
Nous ne voulons pas être de ceux là qui poussent à la dérive.
L'expérience du régime Habré doit nous édifier. Nous ne voulons pas non plus être derrière qui que ce soit pour pousser vers un gouffre fatal à tous. Nous sommes, serons et resterons du coté de ceux qui veulent parler franchement et en toute responsabilité. Aussi, demanderions-nous à tous les belligérants de revenir sur terre, de se ressaisir et rappelons par cette occasion au Chef de l'Etat, son engagement à l'investiture : « je suis le Président de tous les tchadiens ».
Aux rebellions armées d'accepter de jouer le jeu démocratique afin d'éviter des effusions inutiles de sang ; la survie du Tchad est à ce prix.
- Exigeons par cette occasion, la libération immédiate des trois leaders de l'opposition politique (Mahamat Lol Choua, Ngarlejy Yorongar, Ibni Oumar Mahamat Saleh) détenus dans les lieux secrets et de cesser la chasse aux sorcières afin de décrisper l'atmosphère déjà très tendue pour un retour d'une paix durable.
- Déplorons également l'euphorie des forces de sécurité de Moundou, parties en renfort à N'Djamena ; et qui de retour le 13 février , se sont livrées à des tirs d'armes légères et lourdes, faisant ainsi deux(2) morts dont un enfant de 22 mois et plusieurs blessés.
- Laissons nous guider par le sens de responsabilité pour que le Tchad soit en paix. Et cette paix ne peut se construire sans l'aide de la communauté internationale que nous en appelons de tous nos vSux.
Agir au nom de l'humanité, c'est aussi cela !
Fait à Moundou, le 15 février 2008.
CPPL, ASSAILD, ASDEC, APLFT, ATPDH, ATNV, BAOBAB, BELACD, CMD, CELIAF, CDJP, LTDH, INADES-FORMATION, UFEP, CF-SET.
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18.02.2008
N’Djamena pleure ses morts, la Françafrique jubile !
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16.02.2008
Comment petit Déby est devenu grand
Le « Napoléon tchadien »
Pour peindre un rapide portrait du nouvel ami humaniste de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner, il faut se munir de beaucoup de rouge, d’un pigment tirant sur l’hémoglobine. Le respecté Idriss Déby Itno est né en 1952 à Fada. Son ethnie, les Zaghawas, une branche de la souche Gorane, est faite de guerriers géants qui fondent souvent du désert vers N’Djamena pour y prendre le pouvoir. Chez eux c’est un tic. Déby passe son bac et fait l’école d’officier du Tchad. En 76, un stage dans le nord de la France, où il découvre deux éléments qui marchent ensemble : l’eau de vie et le froid, le voit consacré pilote. En 82, allié d’Hissène Habré, un Toubou du nord lui aussi, Déby le mutin chasse du pouvoir Goukouni Weddeye, un cousin gorane, grand pote de Kadhafi. Dans l’épopée Idriss attrape le surnom de « Napoléon tchadien ».
Avec ses hommes grimpés dans des pick-up, la charge se fait en ligne, comme à Fontenoy. Pas question pour ces animistes de creuser des trous maléfiques capables de protéger des balles. On meurt poitrine au vent. Après la bataille, je me souviens de quelques canons alors partagés avec le héros. Bourrés de pur « malt islamique », du whisky dans une bouteille de Fanta. En 84, Déby est aux côtés d’un conglomérat militaire qui réunit des hommes de Bob Denard (commandés par Dulac), des agents peu secrets du SDECE et des soldats commandos de Dieuze. C’est la France socialiste qui règle la musique et la facture. Mission, il faut lutter contre Kadhafi, et le retour de son ami Goukouni. Le tout sans avoir l’air d’engager nos troupes dans une guerre néo-coloniale. Après un passage par l’Ecole de guerre à Paris, Napoléon devient Bonaparte. Son Brumaire à lui, c’est la peau d’Hissène Habré. Non pas qu’il en a marre de présider aux exécutions de centaines de personnes. Des ennemis du président, qui devenus cadavres, vont peupler un pays grand comme un cimetière. Ici, les chiffres les plus sages estiment à 40 000 le nombres de morts et disparus qu’il faut mettre au débit d’Idriss et de son frère Hissène (aujourd’hui, fortune faite, tranquillement pénard au Sénégal où le poisson est excellent). Si Déby veut le pouvoir c’est qu’être président est la meilleure place.
Les bons et loyaux services de tonton
Idriss remonte dans son nord-est natal, puis passe en Libye et au Soudan. Pas compliqué puisque son ethnie est à cheval sur la frontière des deux pays. Et ses frères Zaghawas sont déjà impliqués dans les premières tueries du Darfour. « Napoléon » fonde un parti, le Mouvement Patriotique de Salut. C’est là qu’une délégation, faite par moitié de barbouzes de la « piscine » (comme Paul Fontbonne) et de membres de la cellule africaine de l’Elysée, retrouve notre chef de guerre pour lui donner les clés de N’Djamena. Lors du sommet France-Afrique de La Baule, Hissène Habré a manqué de respect à Mitterrand. Ce Toubou là entend renégocier son accord de coopération avec Paris et fermer les bases françaises au Tchad. Positions militaires si commodes pour chasser le Kadhafi et autres africains turbulents. Les balles sont donc dans le camp Déby. Le 1er décembre 90, Hissène est viré par son bourreau assistant (pour les curieux lire le Dossier Noir de la politique africaine de la France, N° 13 chez l’Harmattan), assisté de discrets soldats bleu, blanc, rouge. Mais sans uniformes.
En février 91, François Mitterrand reçoit ce nouvel ami si raisonnable. A Paris, on lui chante le grand air de la démocratie, Idriss promet de mettre en route « une conférence nationale et un processus électoral ». Mais il n’en fait rien et le vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme, Joseph Behidi, est assassiné. Certains journalistes effrontés sont plus souvent en prison qu’à leur bureau. En 92, le Nigeria extrade vers N’Djamena 278 opposants à Déby, on ne les reverra pas tous vivants. Peu importe, Paris veut aider ce jeune pays et des fonctionnaires français sont installés au Tchad avec pouvoir de décision. Il faut les retirer en hâte, incapables qu’ils sont de stopper des malversations qu’ils doivent même avaliser. Dans ces affaires, Déby n’est pas le moins gourmand.
Un démocrate ne tue pas, il punit
Dans un Wikipedia du crime, on peut aligner, pendant ces années de braise, la liste des villages rasés, des hommes égorgés. Amnesty International affirme : « La terreur règne toujours. On continue de repêcher des cadavres dans les eaux du Chari… Plus de 800 personnes ont été exécutées de façon extrajudiciaire. Les assassins, les tortionnaires, les ravisseurs qui sévissent au Tchad appartiennent aux forces de sécurité de Idriss Déby. »
Pendant les crimes, la démocratie continue. En 1996, la France, cette fois celle de Chirac, repeint en blanc le rouge Déby. Sous la bonne gouvernance de l’expert Jérôme Grand d’Esnon, homme de Chichi, on organise des élections présidentielles. Le 3 juillet, Déby est élu au second tour avec 69,09 % des voix. Selon des associations de grincheux, comme « Survie » et « Agir Ici », la France « aurait aidé au truquage du scrutin ». Incroyable. Enfin, le nouveau Déby est arrivé : légitime. Et les crimes qu’il continue de commettre ne sont plus très graves : un démocrate ne tue pas, il punit.
Et ce business as usual continue jusqu’à aujourd’hui. Ponctué d’un nouveau succès à la présidentielle en 2001. Puis d’un autre en 2006, après avoir fait modifier la constitution pour pouvoir se représenter. Un homme élu trois fois devient-il un démocrate au cube ? Même si, de temps à autre, ses cousins devenus Rebelles, viennent lui piquer les fesses, Déby ne risque rien, la France veille. Et un peu plus depuis que le pétrole coule au Tchad et les dollars dans les couloirs des Palais.
20 millions de dollars par jour grâce au pétrole
Il faut imaginer Idriss heureux. Et riche. Et comblé en amour. Multi récidiviste du mariage, il épouse même la fiancée de son fils Brahim, celui que l’on va retrouver assassiné dans un parking de Courbevoie. Son neveu Yaya est surtout amoureux des putes. Romantique, il laisse le prénom de la créature sur le talon du chèque ayant honoré la prestation : « Juliette, 10 000 francs »…
Tel Amin Dada chassant les colons, Déby vire en 2006, Petronas et Chevron, deux boîtes de pétrole exploitant les puits du Tchad. Il faut dire que le président s’est fait rouler, « mal conseillé lors du contrat », et que les compagnies empochent 80% des revenus alors que la norme à la Chavez est de 60%. Il embrasse la Chine. Mais pas trop. Comme une fille rendue malicieuse par sa beauté, il fait tourner en bourriques ceux qui naviguent autour de lui. En accord avec la Banque Mondiale, qui a payé 3,5 milliards de dollars un pipe line du Tchad au port de Kribi, au Cameroun, il doit placer 90% des revenus du pétrole sur un compte bloqué de la City Bank, à Londres. Argent qui ne peut être, « pour développer la pays », qu’ utilisé que sous contrôle de la Banque. Et Déby, bien sûr, ne respecte pas son engagement. La Banque Mondiale se fâche. Les Américains, pas du tout concernés par les affaires de pétrole, jouent les arbitres et Idriss sort vainqueur du conflit.
Président, pourquoi pas à vie, d’un pays pétrolier (20 millions de dollars par jour), Déby règne sur un peuple pauvre qui a appris à dire : « Si tu trouves du pétrole dans ton champ, surtout rebouche très vite le trou. C’est le malheur qui arrive ». Au Tchad, le pétrole accompagne les déplacements de populations, les injures faites à l’écologie, les crimes commis au nom de cet or doublement noir.
La France a même réussi à convaincre le Conseil de Sécurité que Déby est un type sympa. Il y a certainement du vrai quelque part.
Mardi 12 février : dernier geste de cet Idriss, infatigable défenseur des libertés, l’arrestation de ses opposants de pointe. Lol Mahammar Choua, ancien président de la République, Ibni Oumar Mahamar Saleh, responsable de la Coordination pour le Respect de la Constitution et Ngarlejy Yorongar, vieil homme libre ont disparu de chez eux. Ce qui, au Tchad comme en Corée du Nord, n’est pas vraiment bon signe. Dans le passé, Déby a déjà fait passer à l’ombre du trépas des dizaines d’hommes à ses yeux pas convenables. On le sait tous. Mais la presse française bien disante n’a rien dit, rien écrit. D’abord pour sauver le destin de l’opération militaire européenne au Darfour si chère à Kouchner, BHL and Co, puis aussi pour que le dictateur libère les sombres crétins de l’Arche de Zoë. Grande cause nationale des journaux de 20 heures. A ce prix là, celui du sang des autres, Déby est un type formidable. Il faut donc attendre l’enlèvement de ces trois opposants pour que quelques plumes et quelques élus européens s’énervent. Comme si les morts d’avant comptaient pour du beurre.
Tchad | dimanche, 10 février 2008 | par Jacques-Marie Bourget
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15.02.2008
Tchad-Soudan : « Idriss Déby a contribué au déclenchement du conflit au Darfour »
Isolda Agazzi
http://www.infosud.org/spip/spip.php?article1217

9 février 2008 - La rébellion semble matée à N’djamena, mais les problèmes du Tchad sont-ils résolus pour autant ? Nous l’avons demandé à Maurice Hel Bongo, un des chefs historiques de l’opposition démocratique.
La Conférence Nationale Souveraine de 1993 a été la tentative la plus significative de démocratiser le Tchad depuis l’indépendance. Mais l’éléphant a accouché d’une souris et Maurice Hel Bongo n’a pas été autorisé à se présenter aux élections présidentielles de 1996, qui ont été « remportées » par Idriss Déby, encore au pouvoir. Depuis lors, cet ancien fonctionnaire international réside en Suisse, d’où il garde un contact étroit avec le pays. Connaissant personnellement certains des rebelles, il nous confie ses craintes de voir le pays démembré entre de puissants voisins et accuse en tout cas Idriss Déby d’être directement responsable de l’aggravation de la situation au Darfour.
Qui sont les rebelles qui ont pris d’assaut N’djamena et que veulent-ils ?
Il s’agit de Mahmat Nouri, de Timan Erdimi et d’un certain Abdelwahid que je ne connais pas personnellement. Mahmat Nouri a été ministre de l’ancien président Hissène Habré et d’Idriss Déby et il est très connu au pays, car lors de la guerre civile de 1979 il n’hésitait pas à tirer sur les cadres sudistes qu’il rencontrait. C’est un Goran - la même ethnie que Hissène Habré – et il est en même temps le beau-frère de Idriss Déby. Quant à Erdimi, c’est le neveu de Déby. Il a été longtemps son directeur de cabinet et a inspiré sa politique pendant des années. Je doute qu’avec ce passé ils puissent devenir subitement des démocrates. Ce qu’ils veulent surtout, c’est le pouvoir et l’argent. Et depuis que le Tchad est devenu un pays pétrolier, il y beaucoup d’argent. Déby n’a aucun souci de promouvoir une politique de développement, il veut juste se remplir les poches et celles de son clan. Et il n’a jamais respecté aucun accord de paix.
La transition démocratique est-elle impossible au Tchad ?
Elle est possible, mais pas avec Déby ! Pendant la Conférence Nationale en 1993, qui a duré trois mois, nous avons fait un excellent travail, mais comme nous voulions la démocratie, Déby a tenté d’y mettre fin. Car il se rendait bien compte du fait patent que tous les Tchadiens - du Sud et du Nord - se passionnaient pour nos délibérations. Même les nomades, sur leurs chameaux, étaient collés à leurs postes de radio ! On a parlé de « trois mois de fête démocratique. » Comme Déby n’a pas pu bloquer les travaux, pour se venger il a déclenché une guerre atroce au Sud. Malgré cela, je garde espoir qu’on pourra appliquer nos recommandations tôt ou tard, même si tous les principaux leaders de l’opposition démocratique – qui ont toujours refusé de prendre le pouvoir par les armes - ont été arrêtés.
Quel rôle joue le Soudan ?
Comme au Soudan, le Nord du Tchad est musulman et le Sud chrétien et animiste. Or, depuis l’indépendance du Tchad, nos frères nordistes ont déformé les problèmes politiques en les présentant comme des clivages ethniques et religieux. J’ai toujours dit que c’était un faux problème, mais les cadres du Nord sont allés au Soudan et dans les autres pays arabes pour dire que les problèmes du Tchad étaient d’ordre religieux. Le Soudan a une forte influence sur le Tchad et c’est encore pire aujourd’hui, avec le régime raciste au pouvoir à Khartoum.
Le conflit du Darfour risque-t-il de s’étendre à toute la région ?
Dès que Khartoum a fait la paix avec les rebelles du Sud, il s’est empressé de se tourner vers le Darfour – dont les habitants sont aussi musulmans, mais noirs. Idriss Déby a contribué à attiser le conflit au Darfour. Il est de l’ethnie Zagawa, qui vit à la frontière entre le Tchad et le Soudan et au Darfour. Cette ethnie a toujours été négligée par Khartoum. Avant de prendre le pouvoir à N’djamena, Déby a promis d’aider les Zagawa du Darfour, s’il devenait président et des rumeurs insistantes - mais que je ne peux pas vérifier - affirment même qu’il leur aurait promis de bâtir un royaume Zagawa au Darfour. C’est lui qui monte ces gens contre Khartoum.
Voulez-vous dire que tout se passerait bien entre Khartoum et les Zagawa du Soudan sans Idriss Déby ?
Non, pas du tout, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Une chose est certaine, c’est que cette région du Darfour a toujours été négligée par Karthoum avant l’arrivée d’Idriss Déby au pouvoir. Ceci suppose que tôt ou tard il y aurait eu des problèmes, même sans Déby.
Quel rôle joue – ou devrait jouer – la France ?
Le rôle de la France a toujours été très négatif. Je parle du gouvernement et non du peuple français et même le parlement ne sait pas bien ce qui se passe. A l’Elysée il y a une cellule qui gère les affaires africaines de façon très opaque. La France ne veut pas de gouvernements démocratiques en Afrique, elle préfère des dirigeants corrompus.
Même aujourd’hui ?
Bien sûr, sinon pourquoi le gouvernement français soutiendrait-il Déby ? Voyez le cas de deux pays voisins : quand Patasse (ndlr. Président centrafricain de 1993 à 2003, ancien ministre de Jean-Bedel Bokassa) a été élu démocratiquement en République Centrafricaine, la France a imposé François Bozizé, pour pouvoir continuer à sortir librement les diamants du pays. Quand le Congo Brazzaville a élu un président démocrate, le professeur Lissouba, qui voulait partager les revenus pétroliers, la France a tout fait pour déclencher une guerre civile atroce et imposer Sassou Nguesso. Et elle soutient à bras le corps Déby, un despote bien connu.
N’est-ce pas prêter à la France un pouvoir, une influence qu’elle n’a plus ?
En tout cas elle reste encore très influente, trop influente même en Afrique francophone, qui ressemble fort à une zone encore colonisée.
Comment voyez-vous l’avenir de votre pays ?
Le problème n’est pas résolu. Les rebelles sont toujours là et ce n’est pas impossible qu’ils reviennent. Et je crains que le désordre ne s’installe au Tchad. Le Sud est complètement marginalisé, il est en proie à une misère noire qui est en train de s’étendre aussi au Nord. Et tous les Tchadiens pourraient être perdants. A terme, le pays pourrait être partagé entre ses puissants voisins : le Cameroun, le Nigéria, la Libye et le Soudan. Je crains que, si cela continue, le Tchad ne perde un jour sa souveraineté.
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14.02.2008
Obscénité franco-tchadienne.
Idriss Déby a pris le pouvoir par les armes en décembre 1990. Il venait de Libye et du Darfour et avait bénéficié de l'aide militaire française pour chasser Hissène Habré, devenu embarrassant. Il a persisté dans son être présidentiel jusqu'à aujourd'hui à grand renfort de combats, de répression, de fraudes électorales, de manipulations constitutionnelles.
Pillant sans ambages les ressources de l'économie nationale, bafouant les accords signés avec la Banque mondiale quant à l'utilisation de la rente pétrolière, impliqué dans la contrebande avec l'Arabie saoudite, spéculant contre sa propre monnaie à l'approche de la dévaluation du franc CFA, en janvier 1994, grâce aux informations dont il bénéficiait en sa qualité de chef d'Etat, éclaboussé par un trafic de faux dinars de Bahreïn, il a néanmoins joui du "soutien sans faille" de la part de la France. Les rebelles qui veulent maintenant le renverser sont eux-mêmes issus de son entourage et ont donc longtemps bénéficié des sollicitudes de Paris avant de trahir un maître désormais moins partageux.
Nicolas Sarkozy a doublé la mise. Au risque de finir de s'aliéner ses partenaires européens qui déjà redoutaient le dévoiement de la force européenne (Eufor), il a engagé dans les combats des officiers d'état-major, le 1er février, et des éléments du commandement des opérations spéciales (COS), le 2. Il a ensuite livré des armes le 4 février via la Libye, dont le dirigeant avait été reçu en décembre 2007 à Paris avec les égards que l'on sait. Le 6 février, le ministre de la défense, Hervé Morin, s'est rendu à N'Djamena pour réitérer le "soutien sans faille" de la France au président Déby, et, pour que chacun comprenne le message, il s'est fait photographier l'oeil dans le viseur d'une arme automatique.
A quelques mois de la présidence française de l'UE, le coût diplomatique de ce choix sera élevé. Politiquement, et sans doute militairement, il sera payé en pure perte puisque le régime tchadien est exsangue et n'est plus qu'un miraculé du COS. Tôt ou tard, il sera remplacé par l'un de ses clones, avec ou sans l'aide du Soudan. Les livraisons d'armes nourriront la reprise de la guerre dans l'est du Tchad et au Darfour, voire en Centrafrique. Jusque-là, cette politique absurde reste dans la continuité des années 1990-2000. L'habillage onusien ex-poste de l'intervention française ne constitue pas non plus une rupture, quoi qu'en dise l'Elysée. Jacques Chirac et Dominique de Villepin étaient déjà parvenus à vêtir de la sorte l'opération "Licorne" en Côte d'Ivoire, quelques semaines après son déclenchement.
Non, la vraie rupture est ailleurs : dans la pornographie de la mise en scène, inédite dans une "Françafrique" qui pourtant n'a jamais été bégueule en la matière. Pour tenir sa promesse vantarde d'arracher aux griffes de la justice nègre L'Arche de Zoé, Nicolas Sarkozy a, dans les faits, troqué la grâce de six criminels humanitaires français contre l'arrestation musclée des quatre principaux leaders de l'opposition légale tchadienne, signataires de l'"accord politique global visant à renforcer le processus démocratique", paraphé le 14 août sous les auspices de l'Union européenne.
Certes, Hervé Morin a dit vouloir se préoccuper de ceux-ci dès que la situation le permettrait. Mais deux, quatre, huit jours à 220 volts, sous le fouet ou en balançoire, c'est long, monsieur le ministre. Si tant est que ces hommes soient toujours vivants. Et sans parler de leurs militants, raflés dans les quartiers de N'Djamena, emprisonnés, torturés, voire exécutés, dans les heures et les jours qui ont suivi le miracle du COS. Paris n'a pas su, ou pas voulu, monnayer son intervention contre le respect du pluralisme et des droits de l'homme. Le ton martial du président Déby indique que la chasse aux démocrates (et non seulement aux rebelles) est ouverte. Son cynisme laisse présager le pire : "Je ne m'occupe pas du tout de ces détails que nous verrons plus tard", a-t-il déclaré à propos des quatre disparus.
Tout comme Juvénal Habyarimana après l'offensive du Front patriotique rwandais en octobre 1990, il a utilisé et continuera d'instrumentaliser l'attaque militaire dont il a été l'objet pour se retourner contre l'opposition légale avec la caution de la France et pour mettre hors d'état de nuire les mouvements qui auraient pu contribuer à une sortie politique du conflit armé. Sur le terrain, les troupes françaises collaboreront avec des homologues tchadiens coupables d'assassinats politiques, comme au Rwanda quinze ans auparavant, même si les deux situations ne sont en rien comparables. A l'Europe, il est signifié ce que valent ses auspices, et celle-ci, au demeurant, se couche.
Le plus sordide reste à venir sur nos écrans de télévision. La grande joie de la nation saluant la libération de ses humanitaires égarés, mais trop injustement punis par la justice nègre, occultera définitivement le sauvetage militaire d'un pouvoir prédateur et meurtrier au prix de l'annihilation de son opposition légale. Le discours de Nicolas Sarkozy sur l'Afrique, depuis son élection, nous a préparés à cette arithmétique : six coupables blancs valent quatre innocents noirs, et le sort de centaines de victimes anonymes envoyées ad patres par des munitions françaises est un non-événement puisque les médias l'ont tu et que ces morts n'appartiennent pas à l'histoire. Obscène.
Néanmoins, cette obscénité n'est pas qu'une faute de goût de la part d'un président qui décidément n'en a guère. Annoncée par le discours de Dakar et par le mépris affiché à l'endroit de la justice tchadienne, elle entachera définitivement son action au sud du Sahara pour le restant de sa carrière politique. Elle souille la compétence et le dévouement des serviteurs de l'Etat qui vaille que vaille oeuvrent aux relations franco-africaines dans un contexte difficile. Elle compromet le travail et la sécurité des entreprises et des ONG de notre pays, qui sont actives sur le continent. Elle plonge dans la honte et la colère les Français et les Africains qui se font une autre idée de la République et hésitent désormais à se regarder dans les yeux.
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Jean-François Bayart est directeur de recherche au CNRS.
20:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le cancer tchadien
| TCHAD - 10 février 2008 - par FRANÇOIS SOUDAN |
Entre Idriss Déby Itno et ses frères ennemis, c’est une lutte à mort pour le pouvoir. Jusqu’à quand un clan continuera-t-il de prendre en otage tout un peuple ? Deux phrases et tout est dit. Mercredi 6 février, en battle dress, rangers aux pieds, chèche brun noué autour du cou, le président Idriss Déby Itno, 55 ans, reçoit la presse en son palais de N’Djamena comme Napoléon après la bataille : triomphant et revanchard. Dehors, les stigmates calcinés d’un siège de quarante-huit heures au cours duquel il a bien failli laisser sa peau de chef de guerre. Dedans, le choc des mots et le poids des menaces. « J’ai été un soldat et je le suis encore. J’ai ça dans le sang », martèle-t-il, avant d’ajouter : « Oui, il y a eu des trahisons au sein de la République. Le monde est fait de trahisons. Pas seulement dans l’armée, mais aussi dans la classe politique et la population. On va bien savoir qui a flirté avec l’ennemi, avec les Soudanais. » Le regard se glace, les mains se crispent sur le pommeau de la canne qui ne le quitte plus. En deux phrases donc, Idriss Déby Itno vient de résumer l’état exact de son régime : militairement vivace et politiquement moribond. |




