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23.03.2008

Interview de Lol Mahamat Choua à RFI

Interview accordée à Radio France Internationale par Lol Mahamat Choua l’un des leaders d’opposition Tchadiens arrêté à son domicile au lendemain de l’assaut des rebelles à N’Djamena. Propos recueillis pas Cyril Ben Simon, Journaliste à RFI.

Cyril Ben Simon (RFI) : Mr le Président, Bonjour

Lol Mahamat Choua : Bonjour Cyril Ben Simon

Cyril Ben Simon (RFI) : Vous êtes en France depuis le 9  mars. Tout d’abord comment allez- vous et quelle est la raison de votre séjour en France?

Lol Mahamat Choua : Écoutez, je vais relativement bien. Je suis venu en France pour faire un bilan de santé, tout va bien. Dès que j’aurai fini mes soins médicaux, je me préparerai à rentrer au pays. Je retourne en Avril.

Quand on est isolé, quand on est enfermé, eh bien je crois que s’il y a quelque chose d’un peu moral, mais dans mon cas  du point de vue physique, je n’ai pas du tout connu des tortures. Évidemment, les gens pensent que je cache quelque chose. Je n’ai dit que ce que j’ai vécu, mais ce qui est vrai, c’est que j’ai été humilié. On vient vous prendre comme ça chez vous devant vos enfants comme un malfrat et c’est ça l’humiliation.

Cyril Ben Simon (RFI) : Savez- vous qui vous a arrêté?

Lol Mahamat Choua : C’est des gendarmes, je pense en tout cas c’est des officiers qui ont dû avoir certainement des instructions du sommet, sinon personne ne peut venir chez moi et me prendre comme ça.

Cyril Ben Simon (RFI) : Et où avez- vous été amené?

Lol Mahamat Choua : J’ai été amené dans une maison de détention que j’ai jamais vue d’ailleurs, située entre l’Ambassade de Russie et la résidence de l’Ambassadeur d’Arabie Saoudite. 

Cyril Ben Simon (RFI) : Ngarledji dit que vous aviez été détenu à Farcha, que vous étiez ensemble avec Ibni Oumar Mahamat Saleh détenu au même endroit dans trois cellules contigües.

Lol Mahamat Choua : Je n’ai vu ni l’un, ni l’autre. Si on était dans des cellules contigües, on se serait parlés, ce n’est pas le cas. Moi, je n’ai pas été à Farcha, peut être qu’il se trompe parce que d’abord les chambres sont individuelles et on ne permet pas aux uns et les autres de communiquer. On ne sort que le matin pour aller aux toilettes et puis après on est coupé du monde.

Cyril Ben Simon (RFI): Vous avez été relâché le 27 Février. Il y en a un qui a pris contact avec vous, en revanche dix jours plus tard, je crois le 6 mars, c’est Idriss Deby. Que vous a t- il dit?

Lol Mahamat Choua : Il  m’a dit pourquoi j’ai été arrêté, parce qu’il dit que je tenais des réunions avec les Nouri dans mon salon. Nouri est à 5 mètres de moi, tout comme Abakar Tollé

Cyril Ben Simon (RFI): Leurs maisons sont juste à côté de la vôtre?

Lol Mahamat Choua : Oui, je suis au milieu. C’est des frères et des amis. Nous nous estimons mais eux ils ont choisi la rébellion et moi, j’ai choisi la démocratie.

Cyril Ben Simon (RFI): Et aucun chef rebelle ne vous a jamais contacté?

Lol Mahamat Choua : Une fois le Général Nouri m’a téléphoné il y a deux ans et plus, d’ailleurs j'ai même dit à Deby, mais nous ne sommes pas dans la même trajectoire.

Cyril Ben Simon (RFI): Mais que vous a dit clairement Idriss Deby quand il vous a contacté le 6 mars?

Lol Mahamat Choua : Non mais il m’a dit tout simplement que les Nouri tenaient des réunions chez  moi, j’ai dis que non et il m’a dit aussi que j’ai fait  ébruiter un bruit selon lequel il serait en fuite. Moi je n’ai jamais parlé de ça.

Cyril Ben Simon (RFI): Lol Mahamat Choua, que pensez- vous de la commission d’enquête qui a été mise en place par le Président Deby et qui est contestée par l’opposition et par un certain nombre d’organisations non gouvernementales?

Lol Mahamat Choua : Moi, je ne sais comment est composée cette commission d’enquête. Mais moi je souhaite que s’il y a une commission d’enquête, qu’elle soit d’abord totalement indépendante. Il faut que le gouvernement accepte et donne tout le pouvoir à une commission d’enquête internationale, qu’elle ait le pouvoir d’accéder à tous les services de sécurité pour faire éclater la vérité.

Cyril Ben Simon (RFI): Aujourd’hui, quelles sont, selon vous les conditions pour reprendre le dialogue avec les autorités Tchadiennes?

Lol Mahamat Choua : D’abord l’accord du 13 Aout a été mis en sonnet, mais il faut qu’il ait un dialogue inclusif, qu’il n y ait pas de perdants, mais que le Tchad gagne.

Cyril Ben Simon (RFI): Selon certains, la Présidence Tchadienne vous aurait préposé un poste de Premier Ministre à votre retour.

Lol Mahamat Choua : Moi, le poste de Premier Ministre, d’abord ça ne me tente pas, mais si on me demande mon avis, très certainement, on va s’entendre pour designer quelqu’un d’autre. Mais moi, s’il me propose cela, il aura la réponse tout de suite.

Cyril Ben Simon (RFI): Et cette réponse sera non?

Lol Mahamat Choua : Je ne suis pas sûr puisque j’ai un Parti, J’ai  une coordination, je ne peux pas tout le temps être indépendant. Tout dépend des instances dont je dépends, ça ne m’attire pas, mais je ne sais pas.

Cyril Ben Simon (RFI): Lol Mahamat Choua, merci.

21.03.2008

Collectif "Campagne pour le Désarmement Nucléaire"

Collectif "Campagne pour le Désarmement Nucléaire"
Coordination : Le Mouvement de la Paix - Maison de la Paix - 9 rue Dulcie September - 93400 Saint Ouen




Chers amis,

La France s'apprête à effectuer un nouvel essai du futur missile M51, d'ici la fin de la semaine. Et ce, en totale violation du Traité de non Prolifération que notre pays a signé qu'en 1992. Cette violation de la loi internationale est grave; elle se fait en catimini.
Il y a pourtant un Livre blanc en préparation mais une chape de plomb pèse sur l'information et sur les choix à faire en matière de défense. Nous devons briser ce mur du silence.
Pour cela nous avons besoin de votre mobilisation.
Nous vous invitons à envoyer le message ci-dessous au Président de la République, au Premier ministre.
Nous nous chargeons de transmettre vos messages aux différents groupes parlementaires (pour les informer de la démarche).
Nous vous demandons de faire suivre ce message d'action à tous les contacts que vous jugerez utile.
Merci de votre indispensable participation.

Pierre Villard
co-coordinateur de la Campagne pour le Désarmement Nucléaire
co-président du Mouvement de la Paix

14.03.2008

Le Tchad et le Soudan s'engagent de nouveau à ne plus s'agresser

1868068291.jpgDAKAR (AFP) - Les présidents tchadien Idriss Deby Itno et soudanais Omar el-Béchir ont signé jeudi soir à Dakar, sous la pression internationale, un accord de non agression pour tenter de mettre fin aux conflits les opposant depuis cinq ans.

"Nous nous engageons solennellement à interdire toutes activités de groupes armés et à empêcher l'utilisation de nos territoires respectifs pour la déstabilisation de l'un et l'autre de nos Etats", stipule le texte.

Il a été signé sous l'égide des présidents sénégalais Abdoulaye Wade, gabonais Omar Bongo, et en présence du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Cet "Accord de Dakar", initialement présenté comme un nouvel accord de paix "définitif", n'apporte pas de nouveauté particulière aux précédents textes à l'exception de la mise en place d'un "groupe de contact chargé du suivi, de la mise en oeuvre de bonne foi du présent accord et du monitoring de ses violations éventuelles".

Ce groupe est constitué des ministres des Affaires étrangères de la Libye, de la République du Congo, du Sénégal, du Gabon, et de l'Erythrée et devra se réunir une fois par mois, indique le document.

Cet accord "est complémentaire aux précédents accords (qui) n'ont pas de mécanisme de contrôle", a expliqué à la presse le ministre soudanais des Affaires étrangères Deng Alor Kuol.

"Celui-ci contient un mécanisme de contrôle. Il (le groupe de contact) se réunit tous les mois et si un des pays, le Tchad ou le Soudan, a des griefs, ils peuvent convoquer une rencontre extraordinaire", a-t-il ajouté.

Pour le reste, les deux chefs d'Etat ont "réitéré le respect de (leurs) engagements pris antérieurement" en vue de "mettre définitivement fin aux différents entre (leurs) deux pays (et) rétablir la paix et la sécurité dans la sous-région".

Le président soudanais avait émis mardi, depuis Dubaï, des doutes sur l'opportunité de signer un nouvel accord de paix, relevant à cette occasion que les cinq précédents n'ayant pas été respectés.

La partie tchadienne se disait quant à elle optimiste, tout en affichant ses réserves sur la bonne volonté de son voisin soudanais.

L'"accord de Dakar" intervient quelques heures seulement après des accusations du gouvernement de N'Djamena selon lesquelles des colonnes de rebelles parties du Soudan auraient pénétré dans l'est du Tchad.

Cette accusation n'a pas été confirmée par l'armée française, très présente au Tchad, ni par la force européenne déployée dans l'est du pays (Eufor).

Le chef de la principale alliance rebelle tchadienne, Mahamat Nouri et le secrétaire d'Etat soudanais aux Affaires étrangères Al Sammani Al-Sheikh Al-Wassila ont formellement démenti jeudi ces allégations.

La rencontre s'est ouverte jeudi dans un climat tendu, assombri par les accusations tchadiennes et un premier report des négociations intervenu mercredi soir après que le président soudanais Omar el-Béchir eut prétexté des "maux de tête".

Ces nouveaux engagements surviennent un mois et demi après après une tentative de renversement du régime du président tchadien début février par des rebelles venus de bases arrière au Soudan, pays accusé par N'Djamena de continuer à leur fournir armes et renforts.

12.03.2008

Le récit d’un opposant en exil

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Ngarlejy Yorongar est arrivé jeudi en France et devrait probablement demander un asile politique. Lors d’une conférence de presse, il a évoqué de nombreux sujets et ironisé sur la commission mise en place par les autorités tchadiennes pour "faire la lumière" sur le sort des opposants.

"C’était la 14e fois que je me voyais embastillé, torturé, battu, humilié". Ainsi, entre autres commentaires, Ngarlejy Yorongar décrit-il son arrestation au début du mois de février. Député, coordinateur exécutif du Parti fédéraliste, cet opposant au président Idriss Déby a rencontré les journalistes français aujourd’hui à Paris.

Arrêté pendant les combats ayant opposé le pouvoir et les rebelles, début février, il est longuement revenu sur sa détention, son départ secret vers la France via le Cameroun. Détenu, enchaîné, couché "à même le sol" pendant dix-huit jours, Ngarlejy Yorongar a ensuite fait l’objet d’une exécution "ratée", entre deux tombes d’un cimetière du sud de N’Djamena, la capitale tchadienne.

Selon lui, plusieurs chefs d’Etat seraient "intervenus" pendant sa détention, et fait pression sur Déby. Le Gabonais Omar Bongo, le Sénégalais Abdulaye Wade qui aurait envoyé un émissaire, Blaise Compaoré du Burkina, et Nicolas Sarkozy.

Aujourd’hui, le député n’a pas encore fait sa demande d’asile à la France. Il a seulement évoqué des contacts avec les autorités pour une "demande d’audience", mais "(sa) fiche n’aurait pas encore été transmise".

Le discours de Ngarlejy Yorongar n’est pas tendre à l’encontre du président Déby. Selon lui, ce dernier opère un "nettoyage politique, pour éliminer ses opposants crédibles, et s’assurer le renouvellement de l’Assemblée nationale pour être réélu". L’an prochain, les Tchadiens éliront leurs députés, avant une présidentielle en 2010.

Concernant les autres opposants, il s’est redit "très inquiet" quant au sort d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont on est sans nouvelles. "Soit il est dans un hôpital tenu secret, ce dont je doute, soit il est mort à moins d’un miracle". Pour lui, la commission mise en place pour enquêter sur le sort des rebelles ne serait qu’un "machin", puisque "sept membres sur onze représentent le gouvernement".

Au sujet de la rébellion, Ngarlejy Yorongar préfère selon ses mots le combat "politique, démocratique" à Idriss Déby. Ses seuls contacts avec les rebelles tchadiens auraient été pour les "ramener à la raison". Il a promis de rentrer au Tchad pour "marquer Déby à la culotte".

Enfin, interrogé sur sa possible demande d’asile auprès d’un pays aux relations ambigues avec le Tchad, M. Yorongar a affirmé "ne pas avoir d’élément" sur le rôle joué par l’armée française début février, qui aurait appuyé logistiquement les forces gouvernementales. Il s’est prononcé pour une présence militaire "propre" de la France en Afrique, qui ne serait pas utilisée par exemple comme "un parapluie" par Déby pour se protéger de tout changement.

Matteu Maestracci
France Info

10.03.2008

Tchad: la tentative de double diversion de Déby et de son ami Français



Après l'arrivée en France pour se faire soigner de Ngarlejy Yorongar l'un des opposants tchadiens enlevés par les forces armées tchadiennes, Déby fait "une déclaration" que toute la "grande" presse s'est empressée de reprendre; il déclare qu'il est prêt à gracier les six de l'Arche de Zoé à condition que les 6,3 millions d'euros de dommages qui assortissaient le jugement tchadien soient versés aux familles; il ajoute toutefois que si d'aventure les membres de Zoé ne pouvaient pas payer la condamnation, l'Etat tchadien serait obligé d'indemniser les victimes.

Par cette déclaration du 6 mars 2008, Déby tente le coup d'une double diversion pour faire oublier le fond de la situation dramatique dans laquelle lui et le soutien appuyé des pouvoirs français ont plongé le pays.

Diversion par rapport à la réalité des intimidations, des arrestations et exécutions sommaires qui continuent de sévir au Tchad, réalité de la privation de liberté de la presse, de la mise au silence de l'opposition. Mise au silence cautionnée par la France quand elle propose l'asile politique à Yorongar au lieu d'exiger de son ami Déby Itno le rétablissement de la démocratie et le retour au dialogue.

Diversion par rapport à l'affaire Arche de Zoé en tentant de déplacer le débat sur le terrain financier pour en évacuer tant le fond criminel que le fond symbolique.

Car qui peut se permettre de croire que Déby n'a pas consulté la France, son seul soutien, avant cette déclaration reprise en cœur par les médias français ?

Pour preuve, c'est d'abord le porte-parole de l'Elysée qui répond que ce n'est pas à l'Etat français de payer pour les Arche de Zoé [que l'ont tient tout de même à libérer!].  Puis l'hypothèse a été émise que les dommages et intérêts pourraient se transformer en "aide au développement des villages des familles des 103".
Le mot est lâché: "aide au développement".
Autrement dit la France s'arroge non seulement le droit de ne pas respecter le jugement tchadien, mais elle en "profite" en plus pour "investir" via une soi-disant "aide au développement".
En outre, se substituer aux condamnés de l'Arche de Zoé en payant à leur place, c'est les dédouaner de tout et les encourager à recommencer, comme certains d'entre eux l'ont promis dans l'enceinte même du tribunal de Créteil en banlieue parisienne.

Sur le fond de l'histoire, la France continue de soutenir Déby, les tchadiens sont arrêtés jetés en prison, torturés, éliminés, les opposants n'ont pas le droit à la parole au Tchad; ils sont expulsés avec la complicité et l'accord de la France,

Sur le fond de l'histoire, on n'a toujours pas de nouvelles précises de Ibn Oumar Mahamat Saleh, cet autre chef de l'opposition tchadienne enlevé avec le député Yorongar et l'ancien président Lol Mahamat Choua.

Sur le fond de l'histoire, au Tchad, au Cameroun, au Gabon, au Congo et ailleurs sur le continent africain, l'influence des pouvoirs français barre la route à l'émancipation des peuples.
 
Sur le fond de l'histoire, avec l'affaire Arche de Zoé, la France se dit prête à accepter que la liberté soit rendue à des individus qui ont enlevé frauduleusement  et collectivement des enfants Africains en bonne santé pour les déporter frauduleusement hors d'Afrique et qui n'ont eu de cesse de répéter qu'ils recommenceront.
Cela alors même que son président Nicolas Sarkozy s'apprête à faire modifier la Constitution pour enfermer à vie les auteurs de crimes contre les enfants;
Cette modification de la Constitution ne sera peut-être pas applicable quand les victimes sont Africaines et les criminels Blancs!

Sur le fond de l'histoire, la France montre qu'elle ne renie pas son passé colonial.
Pis, elle le renforce et renoue avec les habitudes les plus symptomatiques de l'esclavage et de la colonisation:
 - en installant et/ou en maintenant au pouvoir et contre l'avis du peuple et des autres dignitaires un "chef local"  qui ne sert plus son peuple, mais son intérêt personnel et celui de ses puissances alliées.
 - en encourageant, comme lors des razzias esclavagistes, les enlèvements frauduleux des enfants Africains en bonne santé par ses ressortissants qui accusent ensuite les parents Africains d'avoir vendu ou abandonné leurs enfants
- en expulsant manu militari ceux en âge de travailler qui veulent aider ceux restés au pays, pays pillé par les "chefs locaux" pour les intérêts des "pays amis"

Un Président n'est pas digne d'être président quand il accepte de gracier des étrangers qui ont tenté frauduleusement d'enlever des enfants à leurs parents pour les déporter dans un pays qui lui-même expulse manu militari leurs grandes sœurs et leurs grands frères qui essaient de les aider.

Les enfants de l'Afrique sont l'avenir de l'Afrique.
L'Afrique a le droit et le devoir de protéger ses enfants,
partout, en tout lieu et en tout temps, au-delà des querelles partisanes.

Une Afrique Unie, Forte et Respectée ne courbera pas l'échine.
L'Afrique a le droit et le devoir de se défendre.

Gilbert Léonard

Un des avocats de l'Arche de Zoé attend du Tchad qu'il règle les réparations aux familles

AP | 07.03.2008 | 16:16

La France ayant affirmé vendredi qu'elle ne paiera pas les indemnisations des familles des enfants que l'Arche de Zoé avait tenté d'extraire du Tchad, Me Gilbert Collard, avocat de plusieurs membres du groupe, a déclaré qu'il attendait des autorités tchadiennes qu'elles s'acquittent de ces réparations, s'élevant à plusieurs millions d'euros, au titre des accords liant N'Djamena et Paris.

"Dans la mesure où la France assiste le Tchad, c'est le travail de la diplomatie (française) de faire comprendre que la contrepartie, c'est la libération de nos compatriotes", a déclaré Me Collard vendredi, soulignant que "le contribuable français n'a pas à payer".

Les six membres de l'Arche de Zoé, condamnés au Tchad à huit ans de travaux forcés et rapatriés en France, où leur peine a été commuée en huit ans de prison simple, ne sont pas en état de payer les indemnisations exigées par le jugement, soit quatre milliards de francs CFA (six millions d'euros), a répété Me Collard, joint par l'Associated Press.

Jeudi, le président tchadien Idriss Déby avait déclaré dans un entretien avec France-24 que la procédure de grâce des membres de l'association était en cours et prendrait "moins d'un mois". Il avait en revanche ajouté qu'il fallait encore régler "un problème qui n'a pas encore été évoqué", soit les réparations d'un montant de "quatre milliards de francs CFA" (six millions d'euros).

Le porte-parole de l'Elysée David Martinon a affirmé vendredi que "ce n'est pas l'Etat français qui a été condamné. Ce n'est donc pas à lui de payer, pas à lui de se substituer".

Au cours d'un point de presse à Paris, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a estimé que "ce n'est pas au gouvernement que ça s'adresse", tout en ajoutant: "il va falloir qu'on trouve une solution".

M. Déby avait déclaré jeudi que "si d'aventure les membres de l'Arche de Zoé n'ont pas de possibilités, l'Etat tchadien serait dans l'obligation d'indemniser les parents de ces enfants et ces enfants, ces 103 enfants". "Nous ne refusons pas non plus une contribution qui nous viendrait de la France ou d'autres partenaires", avait-il cependant glissé, affirmant: le président Nicolas Sarkozy "m'a dit qu'il allait nous assister". AP

03.03.2008

Echo de la Marche à Paris

Marche à Paris contre le soutien de la France au président Déby

 
Paris, France (PANA) - Une marche pacifique a été organisée samedi après-midi à Paris pour dénoncer le soutien de la France au président tchadien Idriss Déby Itno et exiger "toute la vérité" sur le sort de Ibni Oumar Mahamat Saleh et N'Garledjy Yorongar, deux opposants disparus depuis le 3 février dernier, a constaté sur place la PANA.

Partis de l'ambassade du Tchad dans la capitale française, les manifestants ont rallié le Parvis des droits de l'Homme en scandant des slogans hostiles au président Déby, à son homologue français Nicolas Sarkozy, au ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, ainsi qu'à l'armée française.

"Sarkozy-Déby, nos vies valent mieux que vos intérêts"; "Libérez les opposants tchadiens vivants, sinon donnez des signes de vie"; "Non à la Françafrique", indiquaient des banderoles brandies par les manifestants.

"Déby assassin, Sarko complice"; "L'armée française hors du Tchad", "Kouchner, cauchemar", ont lancé plusieurs fois les manifestants à l'aide de mégaphones.

Profitant de la neutralisation de la circulation sur le trajet, ils ont distribué des tracts aux automobilistes et aux passants avant d'entonner l'hymne national du Tchad juste en arrivant sur la place du Trocadéro.

"Nous avons organisé cette marche pour exprimer notre ras-le-bol de la politique de la France au Tchad. M. Sarkozy a donné un coup de poignard au peuple tchadien avant de se rendre en Afrique du Sud promettre la mort de la Françafrique. Nous sommes venus dénoncer cette posture", a déclaré à la PANA Alasra Naorgue, un des organisateurs de la marche.

Selon lui, l'escale de quelques heures effectuée mercredi à N'Djamena par le président Sarkoy n'a servi qu'à conforter "la dictature sanguinaire" de M.Déby.

"M. Sarkozy se prévaut d'avoir obtenu du président Déby une commission d'enquête sur les deux opposants disparus. Pour nous, cette enquête est un leurre. On n'attend rien d'une commission d'enquête confiée au MPS, le parti de Déby", a souligné M. Naorgue au nom des Tchadiens de l'étranger.

"Nous en sommes à notre 4ème manifestation à Paris; nous comptons continuer la mobilisation jusqu'à ce que toute la lumière soit faite sur le sort des opposants disparus", a-t-il assuré.

Des personnalités politiques et des représentants de la Société civile sont venus apporter leur soutien aux manifestants qui comptaient dans leur rang Hicham Ibni Oumar Mahamat Saleh, fils de l'opposant Mahamat Saleh et Rokoulmian Yorongar, fils du député fédéraliste Yorongar.

Figures connues de l'opposition tchadienne, Mahamat Saleh et Yorongar n'ont plus réapparu depuis leur arrestation le 3 février par des membres présumés de la Garde présidentielle.

Des informations non encore confirmées de source officielle ont circulé pendant la manifestation faisant état de la présence du député Yorongar au Cameroun et de la mort de M. Ibni Oumar Mahamat Saleh.
 
Paris - 02/03/2008

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