« 2008-03 | Page d'accueil | 2008-05 »

29.04.2008

Crise en Afrique La nouvelle mode des gouvernements d’union nationale ,

 
N° 7121 DU LUNDI 28 AVRIL 2008

http://www.lobservateur.bf/spip.php?article8100
 
Kenya. A l’issue de l’élection présidentielle du 27 décembre 2007, ce pays, naguère cité comme un exemple de démocratie et de stabilité en Afrique de l’Est, sombre dans une violence inouïe vite muée en conflit interethnique qui opposait les partisans du président sortant, Mwaï Kabaki, à ceux de son challenger, Raila Odinga. Le bilan fut forcément macabre : plus de 500 morts et des milliers de déplacés.

Il a fallu la dextérité et les talents de négociateur de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, pour amener les deux parties à des négociations, qui ont abouti à la formation d’un gouvernement d’union nationale avec un poste de Premier ministre, occupé par l’opposant Raila Odinga. Tchad. 1990. Idriss Deby, chef d’une rébellion, chasse le président Hissène Habré et occupe son fauteuil. Mais depuis lors, il est lui-même confronté à une coalition de rebelles lourdement armés qui menacent constamment de le destituer. La récente menace date de février 2008 et n’eût été le secours de la France, Deby serait soit mort soit chef d’Etat en exil.
 
Deux mois après le séisme, l’homme fort de N’Djamena limoge son Premier ministre pour le remplacer par Youssef Saleh Abbas. Celui-ci forme un nouveau gouvernement, dans lequel des ministères de souveraineté sont confiés à des opposants. Zimbabwe. Depuis les élections générales, dont la présidentielle du 28 mars 2008, le monde entier suit et attend avec inquiétude la proclamation officielle des résultats, pris en otage par le président Robert Mugabe. On craint une crise semblable à celle du Kenya. Ira-t-on finalement vers un compromis avec la formation d’un gouvernement d’union nationale à l’instar des pays sus-cités ?
 
Car la composition des gouvernements d’union ou d’unité nationale semble être une nouvelle mode dans la gestion et la résolution des crises politiques en Afrique. Il suffit que le pouvoir accepte de céder des strapontins à des opposants pour ceux-ci renoncent à leur combat, même s’ils ont marché sur des cadavres de leurs partisans qui se sont faits martyrs pour eux. On peut dans une certaine mesure comprendre leur attitude parce que dans beaucoup de nos pays, les contestataires du régime sont impécunieux. Et c’est l’occasion pour eux de constituer un trésor de guerre pour les futures batailles. Il arrive souvent que cette opposition conviée au repas du seigneur se transforme en mouvance présidentielle et finisse de convaincre qu’elle faisait tout ce bruit pour des postes politiques.
 
En réalité, la formation d’un gouvernement d’union nationale, même si elle a pu mettre fin aux violences notamment au Kenya, ne résoud par les problèmes qui constituent le fondement même de la crise sociopolitique. Et dans son fonctionnement, les couacs ne manqueront pas. On ne sera pas étonné d’assister à un blocage dans la conduite des affaires avec une telle cohabitation, qui est difficile même dans les démocraties avancées.
 
La solution à tous ces malheurs que vit l’Afrique réside dans l’instauration d’une vraie démocratie avec des élections claires et transparentes. A ce moment, le président élu serait légitime et gouvernerait tranquillement. Et l’opposition s’opposerait dans le respect des règles républicaines.
 

26.04.2008

Bienvenu à bord général Kamougué


Par Krimau Djido
      Le ton vient d’être donné par le General Kamougue nouvellement nommé ministre de la défense. «   Je suis nommé à la tête d’un ministère qui doit faire face aux défis de l’agression extérieure et de son organisation interne. Je ne serai pas seul, la solidarité gouvernementale va jouer. Le Président de la République qui est de même nature et de même origine que moi, va beaucoup m’aider par ses conseils et ses orientations pour me faciliter la tâche ».

A peine nommé, il entonne la chanson de son patron. Ah le ventre quand tu nous tiens… voila oublier la tentative manquée de son arrestation en février dernier. Certaines presses l’avaient même annoncé pour être détenu. Et que dire au sujet de Ibni Oumar Mahamat Saleh qui est introuvable jusqu'à présent? 

Revenons à cette déclaration. De quelle agression extérieur Kamougue parle t-il ? Certes le Soudan soutient l’opposition armée tchadienne mais c’est de bonne guerre car le Tchad en fait de même avec la rébellion soudanaise. D’ailleurs ne sèment – ils pas leur loi à l’est du Tchad ? Non mon Général, le véritable problème est interne et il se trouve au niveau de votre nouveau patron.

Il me semble que malgré votre âge, vous n’avez tiré aucune leçon des malheurs qui ne cessent de frapper les tchadiens. Dire que vous comptez sur les conseils et les orientations de votre patron IDI pour organiser l’armée, je crois rêver… Dites-moi pourquoi la réorganisation de l’arme tchadienne n’a jamais réussi ? Pourtant des projets n’ont jamais manqué dans ce sens. D’ailleurs plusieurs milliards y ont été dépensés pour aucun résultat. Certains fonctionnaires et militaires ont perdu la vie simplement parce qu’ils voulaient mettre de l’ordre.

Non le problème, c’est votre patron qui ne le veut pas. Il préfère le désordre parce qu’il y tire un intérêt. N’est-ce pas Tchadactuel nous annonçait que les familles proches du pouvoir ont reçu chacun 10 000 000 CFA en compensation de leur parents morts au combat. Vous me direz vous n’en savez rien et que vous venez d’arriver à ce poste. Alors bienvenu mon Général. Mais ne l’oubliez pas, vous êtes aussi un leader politique. Alors quelle est cette discrimination ? étaient - ils les seuls a mourir ?

Je vois bien que vous et vos autres camarades avez déjà troqué Ibni Oumar Mahamat Saleh. Mais sachez que ce qui est arrivé à Ibni, peut vous arriver aussi, si ce n’est déjà fait. Gardez cette mémoire courte et ne venez surtout pas nous dire après 6 mois lorsque vous serez évincé de ce poste, que vous n’êtes pas coresponsable de la gestion catastrophique de ce régime. Nous le petit peuple délaissé, vous attendons au tournant lors des élections. Certes nous savons comment se passent les élections dans cette contrée depuis 1990, mais sachez qu’il y’a toujours une fin à tout.

Allez bonne bouffe mon Général !

Krimau Djido
 

25.04.2008

Opposants dans l’équipe de YSA : l’inévitable discrédit !


Comme nous l'annoncions dans notre précédent papier (ce mercredi après-midi, sur le blog non ouvert de Manalo, ndlr), quelques figures de la principale coalition de l'opposition tchadienne sont entrées dans le gouvernement du nouveau Premier ministre Youssouf Saleh Abbas.

Le général Wadal Abdelkader Kamougué, l'une des principales figures de cette coalition, est nommé ministre de la Défense pendant que la Justice revient au modéré Jean Bawoyeu Alingué, ancien PM de Déby et autre membre de la CPDC (Coordination des partis politiques pour la Défense de la Constitution). Le porte-parole adjoint de ladite coalition, Hamit Mht Dahalob, hérite du ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat, et le département de l'Agriculture échoit à un quatrième opposant, Naïmbaye Lossimian, ancien ministre et ambassadeur à Bonn.

Ces entrées matérialisent la promesse du nouveau PM d'ouvrir son gouvernement à l'opposition. Mais que peuvent ces nouveaux venus dans un gouvernement dont la manette restera malgré tout entre les mains d'Idriss Déby Itno, véritable maître à bord dans un navire en détresse? La nomination de Kamougué à la Défense peut être interprétée comme un signal à l'endroit des politico-militaires en guise de pseudo volonté (un miroir aux alouettes en somme!) de céder l'essentiel du pouvoir à l'opposition si cela peut être un des préalables au dialogue et à la réconciliation. Ou encore comme signe de durcissement des faucons et va-t-en guerre, le nouveau titulaire, ancien officier aux qualités incontestées, étant ainsi appelé à redorer le blason de la grande muette pour la remettre en ordre de bataille. Mais Kamougué semble n'avoir pas toutes les cartes en main pour réaliser un tel miracle. Encore qu'au soir de sa carrière militaire, il est illusoire qu'il retrouve tous ses réflexes d'officier et puisse disposer aussi facilement de ses anciens réseaux et pions. L'homme qui, un jour des années 1980, sauva héroïquement la mise aux populations mayo-kebiennes de Kim devant des combattants de Habré amenés par un certain Idriss Déby, a désormais ses hauts faits d'arme derrière lui. Le "lion du Sud" ne rugit plus et ne saurait rugir dans une steppe curieusement pleine de loups affamés de chairs et assoiffés de sang.

A la justice on se demande ce que pourra bien Alingué dans un pays où les intouchables du clan au pouvoir semblent loin de lâcher prise sur une population tchadienne désabusée et résignée devant les injustices de tout ordre qu'elle subit depuis l'arrivée un certain 1er décembre 90 d'Idriss Déby aux affaires. Le modéré opposant, par ailleurs fidèle croyant, ferait mieux de s'agenouiller pour demander, au Bon Dieu, justice pour ses compatriotes que de faire justice au bon vouloir du prince qui ne connaît que la loi du talion.


Quant à l'Agriculture et l'aménagement du territoire, certes deux départements non négligeables dans un pays qui a faim, malgré ses potentialités, mal logé et qui demeure un chantier non ouvert,  ils semblent loin des véritables enjeux du pouvoir que se disputent le clan et ses différentes oppositions.

On en est alors à se demander pourquoi ces opposants ont accepté d'entrer dans ce gouvernement même si on peut supposer et comprendre qu'ils y soient entrés pour contribuer à apaiser le climat trop délétère que vit le pays et à œuvrer de l'intérieur dans le sens souhaité par la majorité des Tchadiens. Leur marge de manœuvre semble très réduite que l'entreprise servira plus à les décrédibiliser qu'à les grandir auprès de l'opinion publique tchadienne.

Ils sacrifient ainsi, faut-il le noter, les préalables posés unanimement par leur coalition avant toute reprise de dialogue avec le pouvoir. Faire la lumière sur la disparition des opposants en février et notamment sur le cas de leur porte-parole, Ibni Oumar Mahamat Saleh, toujours porté disparu après avoir été enlevé par la garde présidentielle, sonner le retour des libertés par l'abrogation d'une liberticide loi sur la presse promulguée dans la foulée de l'état d'urgence décrétée en février dernier, sont les points essentiels de ces préalables à la reprise du dialogue dans le cadre de l'accord du 13 août 2007 entre le pouvoir et l'opposition.

Laquelle abrogation ne semble pas à l'ordre du jour avec la nomination d'un des plus acharnés partisans du musellement de la presse indépendante au portefeuille de la Communication, Mahamat Hissein. Idéologue en son temps du parti présidentiel, l'ancien patron du seul quotidien privé pro-gouvernemental, Le Progrès, est connu, même dans l'ombre, pour ses penchants liberticides pour faire taire ses confrères non inféodés au pouvoir. On le cite d'ailleurs au nombre des initiateurs de la présente loi liberticide en vigueur depuis février dernier. Laquelle loi avait été rejetée, en temps normal déjà, par l'assemblée nationale pourtant aux ordres du pouvoir.


Signé sous le parrainage de l'UE, l'accord du 13 août 2007 était censé résoudre les incohérences de la loi électorale et conduire à des élections législatives transparentes en 2009 et aux présidentielles de 2011.

Ces entrées permettront-elles de relancer le dossier? Pas très sûr d'autant plus que la coalition est désormais divisée entre ceux favorables au nouveau gouvernement et ceux qui ont refusé d'y entrer. Pour sûr, en attendant d'épiloguer sur les chances d'un consensus sur le sujet, ce qui occupera les conversations au sein de l'opinion tchadienne, ce sera la "trahison" des "judas" de la CPDC qui risquent fort de se décrédibiliser ainsi pour de bon. Le prix de la trahison coûte bien cher. C'est toutefois le seul laurier auquel ils peuvent, pour l'heure, aspirer et ils l'auront entièrement mérité!

  

 Manalo/ Genève (Suisse)

21.04.2008

HOMMAGE A AIME CESAIRE

1029546798.jpgAimé Césaire, poète et homme politique, né en 1913 à la Martinique.
Parmi ses oeuvres : Cahier d’un retour au pays natal (1939), La tragédie du roi Christophe (1963).
Ci-dessous, des extraits de son Discours sur le colonialisme (1950).
« Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de 1’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. [...]
J’ai relevé dans l’histoire des expéditions coloniales quelques traits que j’ai cités ailleurs tout à loisir.
Cela n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde. Il paraît que c’est tirer de vieux squelettes du placard. Voire !
Etait-il inutile de citer le colonel de Montagnac, un des conquérants de l’Algérie :
" Pour chasser les idées qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes. "
Convenait-il de refuser la parole au comte d’Herisson :
"Il est vrai que nous rapportons un plein barils d’oreilles récoltées, paire à paire, sur les prisonniers, amis ou ennemis. "
Fallait-il refuser à Saint-Arnaud le droit de faire sa profession de foi barbare :
"On ravage, on brûle, on pille, on détruit les maisons et les arbres."
Fallait-il empêcher le maréchal Bugeaud de systématiser tout cela dans une théorie audacieuse et de se revendiquer des grands ancêtres :
"Il faut une grande invasion en Afrique qui ressemble à ce que faisaient les Francs, à ce que faisaient les Goths."
Fallait-il enfin rejeter dans les ténèbres de l’oubli le fait d’armes mémorable du com­mandant Gérard et se taire sur la prise d’Ambike, une ville qui, à vrai dire, n’avait jamais songé à se défendre :
"Les tirailleurs n’avaient ordre de tuer que les hommes, mais on ne les retint pas ; enivrés de l’odeur du sang, ils n’épargnèrent pas une femme, pas un enfant... A la fin de l’après-midi, sous l’action de la chaleur, un petit brouillard s’éleva : c’était le sang des cinq mille victimes, l’ombre de la ville, qui s’évaporait au soleil couchant."
Oui ou non, ces faits sont-ils vrais ? Et les voluptés sadiques, les innommables jouissan­ces qui vous friselisent la carcasse de Loti quand il tient au bout de sa lorgnette d’officier un bon massacre d’Annamites ? Vrai ou pas vrai ? [2]
Et si ces faits sont vrais, comme il n’est au pouvoir de personne de le nier, dira-­t-on, pour les minimiser, que ces cadavres ne prouvent rien ?
Pour ma part, si j’ai rappelé quelques détails de ces hideuses boucheries, ce n’est point par délectation morose, c’est parce que je pense que ces têtes d’hommes, ces récoltes d’oreilles, ces maisons brûlées. ces invasions gothiques, ce sang qui fume, ces villes qui s’évaporent au tranchant du glaive, on ne s’en débarrassera pas à si bon compte. Ils prouvent que la colonisation, je le répète, déshumanise l’homme même le plus civilisé ; que l’action coloniale, l’entreprise coloniale, la conquête coloniale, fondée sur le mépris de l’homme indigène et justifiée par ce mé­pris, tend inévitablement à modifier celui qui l’entreprend ; que le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-­même en bête. C’est cette action, ce choc en retour de la colonisation qu’il importait de signaler. »

14.04.2008

Menacé au Tchad, un dessinateur trouve finalement refuge à Paris

http://rue89.com/2008/04/10/menace-au-tchad-un-dessinateur-trouve-finalement-refuge-a-paris

1770969911.jpgTentative de coup d'état des rebelles, affaire de l'Arche de Zoé, soutien de Sarkozy au régime d'Idriss Déby: alors que les relations entre la France et le Tchad font débat, la Maison des journalistes présente une exposition de dessins d’Adjim Danngar, caricaturiste venu en France pour échapper à la répression dans son pays.

Adjim Danngar est un jeune dessinateur de presse et auteur de BD de 24 ans, qui a dû s’exiler du Tchad en 2004 sous peine d’y être exécuté pour avoir osé s’attaquer au clan du président tchadien:

"Dans un trait d’ironie, je faisais le lien entre le monopole du commerce frauduleux détenu par le clan zagawa au Tchad et la guerre faisant rage au Soudan. Au Darfour, la rébellion MJE (Mouvement pour la justice et l’égalité), composée en grande partie de Zagawas, est en effet soutenue par le président Déby, au nom de la solidarité ethnique."

Dans ses oeuvres intitulées "Qui tue par l’épée périra par l’épée", il tournait en dérision le fait que les Zagawas payaient au Soudan le fruit de leurs actes commis au Tchad.

2038576185.jpgLes diverses agressions physiques qu’il a subies ne l’ont pas empêché de continuer à travailler, mais après quelques passages à tabac, plusieurs menaces de mort et une tentative d’enlèvement, le journaliste a pris la décision, en novembre 2004, de quitter définitivement son pays pour rejoindre la France, où il était attendu à l’occasion du Salon du livre de Montreuil.

Dès son arrivée, le jeune Tchadien a pris contact avec l’association France Terre d’Asile mais, le statut de réfugié lui ayant été refusé par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et la Commission de recours pour les réfugiés (CRR), la préfecture l’a invité à quitter le territoire en prenant à son encontre un arrêté d’expulsion. C’est alors que le dessinateur s’est tourné vers la Maison des journalistes et Reporters sans frontières (RSF).

La Maison des journalistes accueille et accompagne les journalistes réfugiés

Fondée par Philippe Spinau et Danièle Ohayon il y a six ans, la Maison des journalistes (MDJ) a pour vocation d’héberger des journalistes réfugiés, ayant pris des risques personnels dans leur pays, entre le moment de leur arrivée en France et l’octroi de leur statut de réfugiés politiques.

Le cas d’Adjim diffère quelque peu des cas habituellement rencontrés à la MDJ, puisqu’il s’est présenté plus tard. "Une fois qu’il est arrivé ici, on a récupéré le dossier", raconte Philippe Spinau. "On l’a repris complètement à zéro et, en trois mois, il a pu obtenir le statut."

Mais ces difficultés à obtenir le statut de réfugié, alors qu'il a subi des menaces directes, ont laissé des traces: "Je ne suis pas encore remis de cette situation qui m’a placé dans une incompréhension totale", précise le dessinateur tchadien.

643547646.pngMême lorsqu’ils sont passés par la MDJ, la plupart des journalistes ne retrouvent pas de travail dans leur branche. Principalement parce que la plupart des résidents ne sont pas francophones ou ont du mal à s’adapter. Mais pas seulement, explique Philippe Spinau:

"Et puis, il faut être réaliste, il y a aussi des gens qui ne sont pas au niveau. Mais c’est normal. Imaginez-vous demander pour une raison quelconque l’asile politique en Chine. Ou même en Egypte. C’est pas la même langue, les mêmes moeurs, la même culture, il faut tout réapprendre. Et c’est beaucoup plus facile de tout réapprendre dans un autre métier."

La MDJ tente donc de "créer des niches dans lesquelles nos amis peuvent travailler et se présenter". Pour Adjim Danngar, dessinateur de presse et de BD, c’est donc une exposition.

"L’intégration des immigrés n'est pas encore une réussite en France… sauf pour les boulots non qualifiants, salissants, que les Français de souche n’aiment pas", regrette Adjim Danngar. Actuellement, il cherche un "un boulot décent à temps partiel", tout en continuant à croquer l’actualité:

"J’espère pouvoir vivre du dessin de presse en France. A force de travail, pas celui de travailler plus pour gagner plus, mais celui de ne jamais baisser les bras et d’être toujours présent."

D’ailleurs, il a rencontré l’équipe de Charlie Hebdo, qui lui a laissé la possibilité de présenter un projet en dessins sur son parcours. Mais c’est surtout sur Internet que le dessinateur trouve son espace, et où il peut "continuer à emmerder les voleurs et acheteurs de consciences". "Ce monde est géré par des politiques", ajoute-t-il. "Il faut du contre-pouvoir pour que les citoyens, dans ce monde pourri qu’ils ont créé, se sentent libres."

Adjim Danngar exposition à la Maison des journalistes, 35, rue Cauchy, Paris XVe - jusqu'au 18 avril - du lun. au ven. de 10h30 à 19 h - entrée libre - plan

11.04.2008

Photos des Chefs d'Etat de l'Afrique subsaharienne


African Development Information Services
AfDevInfo
Sub-Saharan Africa Heads of State
Home        Help

03.04.2008

COLLECTIF « AUTOUR DES 103 ENFANTS DU TCHAD »

« Illégale et inacceptable » ainsi a été qualifiée par le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, l’opération d’évacuation clandestine menée par l’association « Arche de Zoé ». Qui aurait cru qu’il y aurait, après cette déclaration sentencieuse mais juste, autant de détermination de la part des autorités françaises pour la libération de ces personnes qu’il convient d’appeler des « délinquants » ?

Le Collectif « Autour des 103 enfants du Tchad » exprime sa peine et regrette que le Président Idriss DEBY ITNO ait accepté de les gracier dans ces conditions et que le Conseil Supérieur de la Magistrature du Tchad n’ait pas fait du versement effectif des dommages et intérêts un préalable à la signature du Décret de grâce.

Aujourd’hui, avec cet élargissement sous pression française, nous sommes arrivés à la consécration des Droits de l’Homme à géométrie variable. Pour la France et  son président Sarkozy certains Hommes auraient plus de DROITS que d’autres. L’Histoire retiendra cette INJUSTICE et la responsabilité morale, voire politique, des autorités françaises, en sera indissociable.

Depuis leur libération, sans aucune compassion, sans aucun regret et sans présenter la moindre excuse aux familles des enfants, les membres de l’Arche de Zoé, « persuadés » d’avoir fait du bien, sont prêts à recommencer. Méritaient-ils cette grâce présidentielle ?  NON !  

Par ailleurs, Le Collectif est surpris que l’Etat français se dédise, alors qu’il avait apporté sa garantie au paiement des 6 millions d’euros afin de faciliter le transfèrement des « zozos ». S’il refuse de payer ou d’intervenir pour faire pression sur l’Association, il est  aussi « hors de question » que l’Etat tchadien mette à contribution le contribuable tchadien pour le paiement de cette somme.

Assurément, il n’appartient pas à l’Etat français, ni moins encore à l’Etat tchadien, de payer ou de d’éteindre cette dette par compensation de l’aide matérielle, militaire ou administrative apportée au Tchad, mais de respecter sa part d’engagement, notamment en tant que GARANT du paiement des intérêts civils.

Le Collectif  exige donc le paiement de cette somme, accompagné d’excuses adressées aux familles des enfants,  pour définitivement LIBERER les condamnés de l’Arche de Zoé. Car, cette grâce obtenue dans des conditions « douteuses », et qui n’est pas une amnistie, n’a rien d’honorable. Elle est sans effet sur la décision  de condamnation qui sera retranscrite dans les casiers judiciaires.

Quoi qu’il en soit,  le Collectif estime que la pseudo-opération humanitaire restera INDELIBILE dans la conscience de l’Humanité toute entière.

Le Collectif a une pensée particulière pour la population tchadienne, ployée sous des lois d’exception et qui ne peut pas exprimer son point de vue dans cette affaire qui la concerne en premier chef.

Fait à Paris, le 02 avril 2008

Associations et Organisations membres du Collectif :   Sao Culture, ACTRA, Les Verts, Mouvement des Indigènes de la République, Mouvement pour une Nouvelle Humanité, Réseau Louverture, Debout l’Afrique, Collectif des Filles et Fils d’Africains Déportés, Alliance Panafricaine, Union Culturelle des Jeunes du Monde, Zone d’Ecologie Populaire, Zanodoan, Organisation contre les violations des Droits Humains en Mauritanie (OCVIDH), Coordination des Anciens Militaires Mauritaniens en Exil (CAMME), Coordination Europe de l’Alliance Populaire Progressiste, Initiatives et Actions Citoyennes pour la Démocratie et le Développement (IACD), Agir pour les Réparations Maintenant pour les Africains et Descendants d’Africains (ARMADA), Organisation Unifiée des Peuples Negro-Africains (OUPNA), MAAT-Force Forum de Défense des Droits civiques, Philippe VOIRON, Centre Marocain des Droits de l’Homme, Coalition contre les Abus Sexuels sur les Enfants (COCASSE).

Si vous souhaitez contacter le Collectif : collectif103dutchad@yahoo.fr

Arche de Zoé: Fillon aurait menti


Selon «Le Figaro», la France s'est engagée à payer les 6,3 millions d’euros de dommages et intérêts dus par les six Français de l’Arche de Zoé. Contrairement aux affirmations de François Fillon, hier.
Liberation.fr (avec source AFP)
LIBERATION.FR : mercredi 2 avril 2008


http://www.liberation.fr/actualite/societe/318933.FR.php<...
 
François Fillon, hier matin, sur France Inter: «Bien sûr, la France n'a rien payé.» Ce matin, affirmation contraire du Figaro: «La France devrait payer les 6,3 millions d'euros dus solidairement par les six Français de l'Arche de Zoé pour indemniser les familles des 103 enfants», révèle le journal, qui publie un fac-similé d'un courrier du gouvernement tchadien, en date du 28 décembre 2007.

Le ministre tchadien de la Justice a adressé, hier, une nouvelle lettre à la garde des Sceaux, Rachida Dati, par l'intermédiaire de l'ambassade de France à N'Djamena, pour rappeler les engagements du gouvernement français, croit savoir le quotidien.
 
Dans ce courrier, selon Le Figaro, il est précisé que «la compétence d'exécution de la décision de justice tchadienne a été transférée à la France, qui, seule, garantit l'effectivité du paiement des intérêts».
 
Le 28 décembre 2007, Albert Pahimi Padacké, ministre tchadien de la Justice, écrivait: «nous marquons notre accord pour leur transfèrement vers la France en vue d'y purger leur peine.» «Ce transfèrement n'éteignant pas le paiement des dommages et intérêts, il est entendu que l'Etat requerrant garantit l'effectivité du paiement des dits intérêts civils», poursuivait le ministre dans la lettre que s'est procurée Le Figaro.
 
Hier, le Premier ministre, François Fillon, a pourtant fermement exclu que la France s'en charge: «Il est hors de question que le contribuable français paie 6 millions d'euros pour des erreurs que la France n'a pas commises.» Joint au téléphone par Le Figaro, Albert Pahimi Padacké a réitéré sa demande. Le ministre tchadien de la Justice explique que «les autorités françaises qui ont participé au transfèrement sans jamais contester aucun des termes de cette lettre se sont engagées à respecter cette obligation».
 
Les six Français de l'Arche de Zoé, graciés par le président tchadien trois mois après leur condamnation, ont été libérés lundi soir des différents établissements pénitentiaires français où ils étaient incarcérés.

02.04.2008

"La France n'a rien payé" au Tchad, assure François Fillon

ARCHE DE ZOE

"La France n'a rien payé" au Tchad, assure François Fillon


NOUVELOBS.COM | 01.04.2008 | 14:00

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/a...

 
"Il est hors de question que le contribuable français paie six millions d'euros pour des erreurs que la France n'a pas commises", déclare le Premier ministre, au lendemain de la libération d'Eric Breteau et de cinq autres membres de l'association, condamnés en décembre dernier à N'Djamena à huit ans de travaux forcés pour tentative d'enlèvement de 103 enfants.
 
De gauche à droite: Alain Péligat, Philippe Van Winkelberg, Emilie Lelouch et Eric Breteau (Reuters)

La France n'a rien payé" des six millions de dommages et intérêts imposés aux six Français de l'Arche de Zoé graciés lundi, a affirmé mardi 1er avril le Premier ministre François Fillon, pour qui "il est hors de question que le contribuable français paie" cette somme.

"Bien sûr que la France n'a rien payé", a assuré le Premier ministre sur France-Inter. Selon lui, la question des dommages et intérêts qui doivent être versés aux familles des enfants tchadiens, "est un problème qui sera (réglé, NDLR) entre les membres de l'Arche de Zoé et la justice tchadienne".

"Il est hors de question que le contribuable français paie six millions d'euros pour des erreurs que la France n'a pas commises", a écarté François Fillon.

Me Olivier Dezandre-Navarre, avocat du pompier Dominique Aubry, a noté lundi que la question des six millions d'euros de dommages et intérêt qui doivent être versés aux familles des enfants tchadiens "reste en suspens" et que les membres de l'Arche de Zoé "n'ont pas les moyens de payer quoi que ce soit".
 
Sortie de prison
 
Les six Français de l'Arche de Zoé sont sortis de prison dans la soirée de lundi. Le président tchadien Idriss Déby a en effet gracié lundi les membres de l'ONG condamnés en décembre dernier à N'Djamena à huit ans de travaux forcés pour tentative d'enlèvement de 103 enfants.
En début de soirée, trois des six membres de l'association avaient retrouvé la liberté. Il s'agit des deux logisticiens de l'ONG, Dominique Aubry et Alain Péligat, ainsi que du médecin Philippe van Winkelberg.


Quant au meneur du groupe, Eric Breteau, ainsi que sa compagne Emilie Lelouch, ils ont quitté en toute discrétion la prison de Fresnes vers 21h30, a-t-on appris auprès du ministère de la Justice.

Le porte-parole de la ministre de Rachida Dati, Guillaume Didier, a ajouté que l'infirmière Nadia Mérimi, détenue jusqu'à présent à l'hôpital de Villejuif, a également "bénéficié d'une levée d'écrou".
 
Libération "sous un ciel étoilé"
 
Pour ce qui est d'Alain Péligat, sa libération de la prison de Villenauxe-la- Grande (Aube) a été confirmée à l'Associated Press par son épouse Christine. "Il est avec moi, il est dehors sous un ciel étoilé", a déclaré Christine Péligat dans une interview téléphonique. "Il a l'intention de retrouver sa famille, de reprendre ses marques, retrouver un rythme de vie normal."

Le décret de grâce a été transmis à la France, a annoncé l'Elysée. "Cet avis a été transmis aux établissements pénitentiaires" dans lesquels les six membres de l'organisation sont incarcérés, a précisé à l'Associated Press le porte-parole de Rachida Dati.

Les six Français avaient été arrêtés le 25 octobre dernier à Abéché, dans l'est du Tchad, alors qu'ils s'apprêtaient à faire embarquer dans un avion pour la France 103 enfants âgés de un à dix ans, présentés à tort comme des orphelins du Darfour.

Le 7 février dernier, Idriss Déby s'était dit "prêt à pardonner" les condamnés de l'Arche de Zoé si la France en faisait la demande. Dès le lendemain, des demandes de grâce avaient été transmises à l'ambassade de France à N'Djamena. Quelques jours plus tôt, l'armée française avait apporté un soutien au gouvernement tchadien face à l'offensive rebelle.
 
Rapatriement en France
 
Les six condamnés ont été rapatriés en France fin décembre dernier pour y purger leur peine, transposée dans le droit français à huit ans de prison.

"C'est une nouvelle que je viens d'apprendre avec plaisir et soulagement. Je dirais que la sagesse a prévalu", a déclaré à l'AP Me Mario Stasi, avocat de Nadia Mérini. Selon l'avocat, sa cliente "sera heureuse de recommencer son métier d'infirmière" et aura "une pensée pour les enfants" que l'association avait voulu ramener en France. De source judiciaire, on précisait cependant lundi soir qu'elle devrait rester hospitalisée au-delà de sa libération officielle.

"Ils ont fait six mois de détention, c'est six mois de trop", a estimé Me Céline Lorenzon, avocate d'Eric Breteau qui considère cependant que cette décision était déjà écrite. Ce décret de grâce arrive à point nommé, selon elle, car Eric Breteau était "au bout de ses forces. Pour lui seul, il aurait trouvé les forces mais pour les autres, il n'en pouvait plus", a-t-elle ajouté.
Mise en examen en France
 
Quatre des six membres de l'Arche de Zoé -Eric Breteau, Emilie Lelouch, Philippe Van Winkelberg, Alain Péligat- ont été mis en examen en France dans le cadre de l'enquête française ouverte en octobre par le parquet de Paris pour "exercice illicite d'intermédiaire en vue de l'adoption ou d'un placement d'un enfant" puis élargie à des faits d'"escroquerie" et d'"aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France". Nadia Mérimi et Dominique Aubry ont été entendus comme témoins assistés.

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a dit "comprendre" dans un communiqué "le soulagement qui doit être le leur et celui de leurs proches", tout en rappelant que "cette triste aventure ne doit pas ternir l'image de l'action humanitaire et de tous ceux qui y consacrent une partie de leur vie". (avec AP

01.04.2008

Les six membres de l'Arche de Zoé graciés par le président tchadien

1097663604.jpgN'DJAMENA (AFP) - Les six Français de l'Arche de Zoé ont été grâciés lundi par le président tchadien, trois mois après leur condamnation pour avoir tenté d'exfiltrer 103 enfants vers la France, et cinq d'entre eux ont été libérés dans la soirée, même s'ils restent visés par une information judiciaire à Paris.Le président de l'Arche de Zoé, Eric Breteau, et sa compagne, Emilie Lelouch ont été libérés lundi soir de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), a-t-on appris de source judiciaire.

Peu avant, trois autres membres de l'association avaient été libérés des établissements pénitentiaires où ils étaient détenus en province: les logisticiens Dominique Aubry et Alain Péligat ainsi que le médecin Philippe van Winkelberg.

1485702142.jpgOn ignorait peu avant 22H30 le sort de l'infirmière Nadia Merimi, détenue à l'hôpital de Villejuif où elle avait été hospitalisée à son retour en France, mais qui devait également être remise en liberté comme les autres membres de l'association.

"Il est accordé une grâce présidentielle au six Français membres de L'Arche de Zoé", selon un décret du président tchadien Idriss Deby Itno, qui cite nommément le meneur de l'association française Eric Breteau, sa compagne et assistante Emilie Lelouch, le médecin Philippe van Winkelberg, l'infirmière Nadia Merimi et les logisticiens Alain Péligat et Dominique Aubry.

La grâce concerne aussi l'intermédiaire tchadien Mahamat Dagot, condamné à quatre ans de prison pour "complicité", mais pas l'autre intermédiaire condamné à cette même peine, le Soudanais Souleïmane Ibrahim Adam, qui n'aurait pas formulé de demande de grâce.

Condamnés le 26 décembre 2007 par la Cour criminelle de N'Djamena à huit ans de travaux forcés pour "tentative d'enlèvement d'enfants", les six membres de l'association ont été transférés deux jours plus tard en France pour y purger leur peine commuée en huit ans de prison ferme par un tribunal.

Après le feu vert donné par le président Deby, qui a échappé, grâce au soutien militaire apporté par la France, à une attaque rebelle menée les 2 et 3 février,

Les proches et avocats des six condamnés ont tous salué cette mesure de grâce, l'avocat de Breteau et Lelouch, Me Gilbert Collard, soulignant qu'ils allaient "mettre à profit" leur liberté "pour faire entendre (leur) vérité".

L'avocat de Nadia Merimi, Me Mario Stasi, s'est "réjoui de cette mesure", regrettant toutefois qu'elle "arrive peut-être un peu tard".

Ces avocats avaient fait appel du jugement du tribunal de Créteil près de Paris, convertissant la peine tchadienne dans le droit français.

La grâce "n'est qu'une dispense d'exécution de peine" mais n'annule en rien cette peine qui, en cas de désistement de l'appel, restera inscrite au casier