« 2008-04 | Page d'accueil | 2008-06 »

28.05.2008

Arrestation de Jean-Pierre Bemba en Belgique

La Cour pénale internationale a obtenu l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC), suspecté de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, pour viols, tortures et pillages commis en République centrafricaine en 2002 et 2003. Le MLC est le principal mouvement d’opposition au président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. La Belgique a confirmé dimanche l'arrestation de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo et son intention de le transférer d'ici « un à deux mois » à la Cour pénale internationale (CPI) qui a lancé un mandat d'arrêt contre lui.
De notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas
Arrêté dans une banlieue de Bruxelles aux alentours de 22h00 (heure locale), Jean-Pierre Bemba, chef du principal mouvement d’opposition au président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, était depuis plusieurs semaines dans le viseur de la Cour pénale internationale (CPI). Suspecté de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, pour viols, tortures et pillages commis en République centrafricaine en 2002 et 2003, Jean-Pierre Bemba s’était réfugié au Portugal en juin 2007. Candidat malheureux à l’élection présidentielle d’octobre 2006, au terme de laquelle il avait cependant raflé 42% des voix au second tour, Jean-Pierre Bemba avait été inculpé pour haute trahison par le pouvoir et avait fui le pays pour l’Europe.
Dans le viseur de la CPI depuis mai 2007
Jean-Pierre Bemba n’est pas poursuivi pour les crimes qui auraient été perpétrés en République démocratique du Congo mais pour ceux commis en République centrafricaine. Du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003, les mercenaires du chef de guerre avaient soutenu le pouvoir de l’ancien président Ange Félix Patassé contre les rebelles de François Bozizé, qui s’emparait alors du pouvoir. Selon le mandat d’arrêt émis par la Cour, les hommes de Jean-Pierre Bemba « ont mené une attaque systématique ou généralisée contre la population civile et ont commis des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne et des pillages, notamment dans la localité dénommée PK12 et dans les villes de Bossangoa et Mongoumba ».
Jean-Pierre Bemba est accusé en qualité de supérieur hiérarchique et était « investi d’une autorité de jure et de facto (…) pour prendre toutes les décisions tant sur le plan politique que militaire ». Dans un communiqué, le procureur Luis Moreno Ocampo a rappelé avoir rencontré les victimes, « celles qui ont survécu à la violence, celles qui ont survécu au sida. Nous ne pouvons effacer leurs blessures. Mais nous pouvons leur rendre justice. Les témoignages des victimes seront autant de preuves. Les victimes viendront raconter leur histoire à la Cour. Elles auront ce pouvoir ».
Un destin politique contrarié
Alerté par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) au printemps 2003, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, avait été saisi par Brazzaville en décembre 2004, mais n’avait ouvert son enquête qu’en mai 2007. Des poursuites initialement entamées par la République centrafricaine s’étaient soldées par un renvoi vers la juridiction internationale. Elles visaient non seulement Jean-Pierre Bemba, mais aussi le Français Paul Barril, ancien n°2 du GIGN, (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) qui était intervenu au Congo-Brazzaville à la tête d’une compagnie privée de sécurité.
Devant la Cour pénale internationale, le président du Mouvement de libération du Congo ne bénéficie pas de son immunité en qualité de sénateur. Un titre que Kinshasa contestait, depuis son départ du Congo, en juin 2007. L’homme d’affaires, licencié d’une école de commerce de Belgique, avait évolué dans le commerce comme son père, un proche de l’ancien président Mobutu Sese Seko.
En 2003, Jean-Pierre Bemba avait été accusé par les Nations unies d’avoir incité ses troupes au cannibalisme, mais les faits n’avaient jamais été étayés et en juin 2003, il devenait le vice-président du gouvernement de transition. A 45 ans, Jean-Pierre Bemba conservait son potentiel politique. Son arrestation dans une banlieue de Bruxelles intervient alors qu’une crise diplomatique a éclaté entre la Belgique et la République démocratique du Congo

Belgique-Rdc, l’escalade : Kinshasa rappelle son ambassadeur


Elle est loin de se terminer la crise entre la Rdc et la Belgique, crise provoquée par le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht. En séjour en Chine, Karel De Gucht, on s’en doutait, a mis le dossier Rdc dans son agenda. Le ministre belge qui ne cache pas sa désapprobation sur la coopération entre la Rdc et la Chine, est allé dire à Pékin que son pays la Belgique avait un pouvoir moral sur la Rdc. Cela, a-t-il poursuivi, lui donnait le droit de regard sur ce qui se fait dans ce pays. Une façon pour lui de dire à la Chine qu’au nom de ce pouvoir moral que la Belgique aurait sur la Rdc, il pouvait dire non aux contrats chinois en dépit de l’engagement de l’autorité congolaise.
Ces déclarations sont inacceptables, juge le gouvernement congolais. Si après les déclarations de Karel De Gucht à Kinshasa, le gouvernement a joué à l’apaisement, cette fois, le bol est trop plein. C’est pourquoi, le gouvernement congolais a décidé de rappeler pour consultation, son ambassadeur en Belgique. En même temps, Kinshasa ferme sa représentation consulaire d’Anvers en Belgique. Par la même occasion, le gouvernement congolais proteste avec la dernière énergie aux propos récidivistes du ministre belge des Affaires étrangères. Kinshasa réaffirme qu’il y a plus de quatre décennies que ce pays n’est plus une colonie belge à la suite de la lutte héroïque du peuple congolais. La Rdc est un Etat souverain qui traite avec la Belgique d’égal à égal dans le cadre des relations que deux pays souverains peuvent entretenir.
La Belgique n’a aucun pouvoir sur la Rdc
Le gouvernement congolais ne reconnaît à la Belgique aucun pouvoir, fut-il moral sur la République Démocratique du Congo. Cela veut clairement dire que personne n’arrêtera l’élan de la reconstruction de la Rdc avec les contrats chinois dans le cadre des cinq chantiers de la République. Les premières mesures que le gouvernement congolais vient de prendre peuvent, si en Belgique on ne se ressaisit pas, conduire à la rupture. Car, on ne voit pas la perspective d’un quelconque apaisement d’autant plus que Karel De Gucht n’est pas à son premier forfait. Malgré le tollé qu’avaient provoqué ses propos que rien ne justifiait de la part d’un chef de la diplomatie, le ministre belge avait bénéficié du soutien de son gouvernement. Le Premier ministre belge, Yves Leterne avait déclaré, pince-sans-rire, que ce qu’avait dit De Gucht, reflétait la position de tout le gouvernement. Ce que le même ministre est allé déclarer en Chine s’inscrit dans la ligne des déclarations de Kinshasa.
En effet, en Chine, Karel de Gucht a donné les raisons de son comportement à Kinshasa. Il aurait agi au nom du pouvoir que la Belgique aurait sur la République Démocratique du Congo. En termes clairs, le gouvernement belge ne peut pas endosser les déclarations de Kinshasa et réfuter les raisons qui les fondent telles qu’annoncées par son ministre des Affaires étrangères en Chine. A travers ce que Karel De Gucht a déclaré en Chine, c’est tout le gouvernement belge qui reconnaît solidairement avoir un certain pouvoir sur la Rdc au point d’avoir le droit de regard sur tout ce qui se fait dans ce pays.
Une déclaration de guerre
La Belgique, par ces déclarations, déclare ouvertement la guerre à la Rdc. Et pour cause ? Hier, le gouvernement belge voulait faire croire que l’intention de Karel De Gucht était d’aider la Rdc à se regarder et combattre certaines antivaleurs dénoncées dont la corruption et la mal gouvernance. Dans une certaine opinion tant nationale qu’internationale, on se disait que le meilleur ami est celui qui sait dire la vérité.
Aujourd’hui, Karel De Gucht a fait tomber le coin de voile au point de confondre cette opinion qui croyait à une critique entre amis. Si on comprend bien les propos du chef de la diplomatie belge en Chine, les relations entre la Belgique et la Rdc ne sont pas les relations entre amis, mais bien celles de maître à son sujet. Qui pouvait comprendre que la Belgique par Karel De Gucht aille jusqu’en Chine pour essayer d’imposer sa volonté dans ce que deux pays souverains avaient convenu ? Cela change tout. Si les Congolais, quelles que soient leurs tendances politiques, sont jaloux de leur indépendance, personne ne peut tolérer ces déclarations. Malheureusement, la Belgique n’a jamais agi en Rdc qu’à travers des valets locaux. Ceux-ci se frottent les mains à l’idée que cette fois, le gouvernement belge utilisera son pouvoir de contrôle en Rdc pour installer comme en 1960, les dirigeants de son goût. Hier, « bana mboka », pas étonnant que la soif du pouvoir aidant, certains politiques congolais soient preneurs et acquis à la recolonisation de ce pays.
Le chemin de non retour
On ne voit donc pas le gouvernement belge s’investir dans le sens de se désolidariser de Karel De Gucht qui, en fait, présente l’image de la Belgique à l’extérieur. Kinshasa, faute d’une volonté clairement exprimée de la part de Bruxelles d’oeuvrer dans le respect de la souveraineté du Congo, va-t-il se contenter de la situation de ni paix ni guerre avec possibilité de rebondissement du chef de la diplomatie belge dont les sautes d’humeurs ne s’accommodent nullement des règles diplomatiques ? Aujourd’hui, la Belgique n’a pas une politique qui ne tienne pas compte de la politique européenne. Sauf s’il s’agit de la Rdc. Sans doute parce que le gouvernement belge n’a pas conscience de la souveraineté congolaise.
La Belgique ne peut pas envisager des actions envers les Usa, la Chine, l’Iran, l’Afrique du Sud, sans tenir compte de la politique européenne. Au Congo, même si la Belgique pense que ce pays serait une province, mieux une colonie qui n’avait droit aux égards dus aux pays souverains, elle ne peut convaincre l’Europe entière de rompre avec Kinshasa. Bien au contraire, de l’Europe pourra venir la pression pouvant ramener Bruxelles dans les rangs. Car, en effet, personne de bonne foi ne peut comprendre qu’un pays, en ce début du troisième millénaire, déclare avoir un droit de regard sur un autre pays souverain en dehors des mécanismes internationaux consignés dans des chartes internationales ratifiées par tous. Après ses déclarations de Kinshasa, le ministre belge des Affaires Etrangères avait estimé que son pays mettait au Congo 150 à 200 millions de dollars. Ce serait ces millions qui lui donneraient le droit de regard sur le Congo.
La meilleure façon pour Kinshasa d’enlever à Bruxelles ces prétentions, c’est de refuser ces millions belges. Nous estimons que c’est le sens de la décision du gouvernement congolais d’évaluer la coopération belge et d’en juger la nécessité. Dans le cas contraire, parce que depuis 1960, la Belgique ne change pas de conception sur le Congo et refuse d’adapter son comportement vis-à-vis de ce pays, on ne voit pas ce qui pourrait changer aujourd’hui. Il est temps de cesser de bâtir des relations sur de l’hypocrisie. Comme on dit, le vin est tiré, il faut le boire, même jusqu’à la lie.
Joachim Diana G.

20.05.2008

Afrique du Sud: des milliers d'étrangers fuient les attaques racistes

189133588.jpgJOHANNESBURG (AFP) - Des milliers d'immigrés, en particulier des Zimbabwéens, fuient leurs maisons dans les townships de Johannesburg après des attaques xénophobes qui ont gagné les quartiers pauvres du centre-ville, faisant au moins 22 morts depuis une semaine.Des bandes de Sud-Africains écument les anciens ghettos noirs et zones défavorisées de la capitale économique du pays. Munis de machettes et d'armes à feu, ils ont tué et blessé des étrangers, les forçant à fuir leurs masures en flammes et en immolant même certains par le feu.Cette violence xénophobe a débuté le 11 mai dans le bidonville d'Alexandra, où deux personnes ont été tuées, et s'est étendue à d'autres ce week-end."Une actualisation du bilan montre que 22 personnes ont été tuées depuis le début des violences la semaine dernière et 217 ont été arrêtées", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police, Govindsamy Mariemuthoo."La nuit dernière (dimanche à lundi) a été relativement calme comparée aux précédentes. Nous avons eu quelques incidents et un meurtre a été signalé à Alexandra", a ajouté M. Mariemuthoo.A Reiger Park, dans la banlieue d'East Rand, la violence a cependant repris lundi, avec des habitants forcés de quitter leur maisons incendiées. Près d'une cabane, un homme gisait, en sang, marqué de brûlures.Une épaisse fumée a recouvert la zone toute la journée et les hélicoptères de la police scrutaient les rues à la recherche de nouveaux corps.Un autre corps a été découvert. "Il a été tailladé et brûlé", a dit un policier montant la garde auprès du cadavre, ajoutant qu'il s'agissait sans doute d'un Malawite.Dimanche, un immigré est aussi mort brûlé: ses assaillants l'ont ficelé dans sa couverture avant d'y mettre le feu. L'image de cette torche humaine faisait la "Une" des journaux."Tout ça, c'est la faute des Zimbabwéens. Ils faut qu'ils s'en aillent", a lancé une Sud-Africaine déclarant s'appeler Noxolo.Les violences ont déplacé des milliers d'étrangers, accusés par beaucoup de Sud-Africains de prendre des emplois et d'être responsables de la criminalité.Des centaines de personnes se sont réfugiées dans les centres sociaux et les postes de police des zones touchées, principalement la partie mal famée du centre-ville et les bidonvilles de l'est."La nuit dernière, nous avons accueilli plus de 2.000 personnes", a dit Mxolisi Koom, bénévole au centre civique de Germiston, proche d'un bidonville dans l'East Rand, à environ 40 kilomètres (25 miles) du centre.Dans le quartier central de Cleveland, où six victimes ont été comptabilisées dimanche matin, "c'est très tendu, il n'y a vraiment rien d'ouvert", a déclaré à l'AFP la porte-parole de la police Cheryl Engelbrecht, précisant qu'au moins 300 personnes s'étaient réfugiées au commissariat.La majorité des immigrants arrivés en Afrique du Sud ces dernières années sont des Zimbabwéens qui fuient la crise politico-économique de leur pays. Leur nombre est estimé à trois millions.Le président sud-africain Thabo Mbeki et le chef du parti du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) Jacob Zuma ont condamné ces attaques.Le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) a pour sa part accusé lundi le gouvernement de "ne pas avoir pris convenablement en compte" la question de la xénophobie.Le prix Nobel de la Paix Desmond Tutu a plaidé pour l'arrêt des violences."Je vous en prie arrêtez tout de suite ces violences", a déclaré l'ancien archevêque anglican du Cap. "Ce n'est pas une façon d'agir. Ce sont nos frères et nos soeurs. S'il vous plaît, s'il vous plaît, arrêtez."

Mgr Tutu a rappelé que pendant qu'ils luttaient contre le régime d'apartheid, des combattants sud-africains avaient été accueillis dans les pays voisins: "Nous ne pouvons les remercier en tuant leurs enfants. Nous ne pouvons déshonorer notre lutte par ces actes de violence".

  Par Fran BLANDY AFP -

DECLARATION DES HUMANISTES DU GANZOURGOU A L’OCCASION DE LA GREVE DES 13,14 ET 15 MAI 2008

 

Depuis plusieurs mois l’inflation des prix des produits alimentaires et de premières nécessités affecte notre vie quotidienne.

Ce phénomène fait des ravages au Burkina et dans tous les pays d’Afrique. Mais il est aussi mondial. Il touche aussi bien l’Asie que l’Europe ou l’Amérique même si les conséquences ne sont pas partout aussi dramatiques.

 

Ce phénomène est dû pour une large part à la spéculation sur les prix du pétrole (essentiel pour le transport des produits importés par bateau et camion) et sur celui des céréales.

 

Dans l’économie mondiale actuelle, on prétend assurer la satisfaction des besoins primordiaux de tous par la libre concurrence. Or cette dernière ne profite qu’à ceux qui détiennent les moyens de production et les capitaux : banques, sociétés transnationales (notamment pétrolières et agro-alimentaires). Ceux-ci sont en situation de monopole et spéculent sur les nécessités de base des populations avec un seul objectif : le plus grand profit possible et le plus rapidement possible.

 

De plus, prétextant répondre à un souci écologique, les grandes firmes de l’agrobusiness promeuvent maintenant la culture des agro carburants (ou biocarburants). Ces derniers n’ont d’écologique que le nom compte tenu des pesticides qui entrent dans leur production.

 A cette escroquerie s’ajoute le fait qu’on remplace des cultures vivrières par ces cultures commerciales. La production d’agro carburants se fait donc au détriment de l’alimentation des populations. Après le Mali, notre pays vient d’accorder de vastes surfaces à cette culture. Etant donné la conjecture alimentaire actuelle, cette décision  démontre une fois de plus le manque de réalisme politique et la quasi démission des décideurs de notre pays. Elle trahi du même coup leur souci premier qui n’est autre que leur enrichissement personnel quelles qu’en soient les conséquences pour les populations.

Dans ce contexte, la proposition des grandes firmes agroalimentaires, celles-là même qui spéculent sur le prix des céréales, de promouvoir les cultures OGM ne va plus tarder à ressurgir en force.

 

En tant qu’humanistes nous défendons depuis toujours l’accès à la santé et à l’éducation gratuite et de qualité pour tous. Le droit à une alimentation suffisante, régulière et saine est un droit humain fondamental et imprescriptible. Le droit à une information transparente sur ces questions est également fondamental.

 

Citadins et cultivateurs, salariés et chômeurs, femmes et jeunes, nous avons les mêmes intérêts. Ne nous laissons pas diviser par ceux qui profitent de la situation en manipulant l’information et en désignant des boucs émissaires.

 

Organisons-nous sur nos lieux de travail et de vie, organisons-nous par village, par quartier, par ville, et reprenons le pouvoir qui nous est volé. Organisons-nous de manière non –violente comme le firent Gandhi et Martin Luther King. Rejetons la violence qui est l’arme des tenants de ce système.

Cherchons ensemble, construisons ensemble les alternatives humanistes à ce système basé sur l’argent et pour lequel la vie humaine n’a aucune valeur.

Que toutes les organisations qui se reconnaissent dans la non-violence, la solidarité véritable, le refus de toutes les formes de discrimination et les droits absolus à l’alimentation, à la santé, à  l’éducation et à la véritable démocratie convergent vers la création d’une société humaniste.

 

 

 

14.05.2008

Tchad: Une attaque rebelle "très peu probable"


Une attaque de la rébellion tchadienne, après l'attaque de rebelles soudanais sur Khartoum dimanche, est "très peu probable avant la saison des pluies", a affirmé à l'AFP une source militaire française de haut niveau stationnée à Abéché dans l'est du Tchad.
 
"Une attaque est très peu probable. La rébellion aurait peu de chances de succès avant la saison des pluies, qui commence réellement le 1er juillet", a estimé cette source, alors que des observateurs craignent que les rebelles tchadiens soutenus par le Soudan soient incités par Khartoum à attaquer le Tchad en réponse à l'offensive ratée sur la capitale soudanaise.
 
La France a des soldats dans l'est tchadien dans le cadre du dispositif Epervier au Tchad et dans la Force européenne (Eufor) déployée depuis mars dans l'est de ce pays.
 
D'autre part, l'armée tchadienne a dépêché sur l'aéroport d'Abéché deux hélicoptères russes d'attaque MI-35 et un hélicoptère MI-17 également armé, a constaté l'AFP. C'est la moitié de la capacité tchadienne en hélicoptères, les trois autres appareils restant probablement à N'Djamena.
 
Ces hélicoptères donnent "un avantage considérable" à l'armée si les rebelles sont dans leur rayon d'action, selon cette source.
 
En février, les rebelles tchadiens avaient réussi à traverser à bord de quelque 300 pick-up tout le Tchad pour tenter de renverser le président Idriss Deby Itno. Ils avaient même pénétré dans N'Djamena, encerclant le palais présidentiel.
 
La saison des pluies commence mi-juin et habituellement, à partir du 1er juillet, il devient très difficile de se déplacer dans le pays.
 
Le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus puissant des groupes rebelles du Darfour, a lancé samedi une attaque sans précédent contre la ville jumelle de Khartoum, Omdurman, qui a échoué.
 
Khartoum accuse N'Djamena de soutenir les rebelles du JEM.
 
"La disposition mise en place par le gouvernement tchadien est aujourd'hui bien différente de celle de janvier", a précisé cette source, expliquant que l'armée tchadienne avait placé trois "lignes" de défense à la frontière soudanaise. Une au Nord-Est du Tchad près de Guéréda-Bahaim, une à l'Est autour d'Adré et une autre au Sud d'Adré.
 
"C'est trois fois 3.000 hommes soit la moitié de l'armée tchadienne", a ajouté cette source.
En mars, des accrochages entre rébellion et l'armée nationale tchadienne (ANT) ont largement tourné à l'avantage de cette dernière. "En février, les rebelles avaient évité l'armée tchadienne dans une belle manoeuvre tactique. Ensuite, une fois qu'ils avaient percé, ils avaient de la place pour manoeuvrer et ont pu éviter le rayon d'action des hélicoptères. Lancés, ils sont arrivés à N'Djamena.
En mars, ils ont été bloqués au bout de 10 km en raison du nouveau dispositif", selon cette source militaire.
 
"Maintenant, il est difficile de percer et s'ils percent, il y a encore N'Djamena avec sa nouvelle tranchée et encore des hélicos", a-t-elle encore précisé.
 
"En volume, ils pourraient récupérer les moyens (matériels) de janvier mais il y a un problème de recrutement", souligne également ce militaire alors que le gouvernement tchadien se targue depuis plusieurs jours de nombreux ralliements.
 
Environ 300 rebelles auraient ainsi rallié l'armée tchadienne à Abéché, selon les autorités qui en ont font grande publicité.
 
"Ils pourraient tout de même tenter un coup de baroud pour dire qu'ils existent encore, mais sans vraiment se lancer sur N'Djamena", nuance toutefois cet officier, reconnaissant également que la réussite initiale de l'offensive de février avait "surpris tout le monde". 
 

07.05.2008

Dieu, nos Gouvernants et Nous


Ce qui ne cesse de m’interpeller depuis que j’observe nos sociétés, ce sont les relations que d’aucuns établissent en politique, entre les divinités, les gouvernants et les gouvernés. Ce qui me révolte c’est le sort fait aux peuples.


Révolté, je le suis davantage, lorsque je vois ces peuples qui se laissent convaincre que ce sort procède de la volonté de Dieu. Je ne suis pas dans le secret de Dieu, mais la faculté de discernement qu’il m’a accordé m’autorise à dire que ce sort ne vient ni de « Ikon Allah » ni de « Ir Koye wadou ».

Est-ce la volonté de Dieu que les richesses mises par ses soins sur nos terres, pour le profit de tous, soient accaparées par quelques-uns?

Est-ce la volonté de Dieu que l’injustice s’enracine, croisse et fleurisse sur nos terres?
Est-ce la volonté de Dieu que la corruption se loge dans nos institutions et les gangrène?
Est-ce la volonté de Dieu d’affamer le peuple, de le priver des lumières de l’éducation et des soins de santé?

Dieu nous a fait tous hommes pour que nous vivions ensemble, c’est la politique qui nous a fait différents. C’est elle qui a mis les uns au dessus des autres. La politique est la gestion des affaires de l’homme par l’homme. C’est une activité humaine, trop humaine. Elle se déroule ici-bas. N’attendons donc pas de Dieu, le si Haut, qu’il descende dans l’arène de nos luttes. Ceux qui, en ce domaine entièrement livré aux hommes, évoquent le non de Dieu ou pour mener leurs actions ou pour les justifier, ne sont que des contempteurs. La politique ne connaît et n’admet d’autre acteur que l’homme.

Trop souvent, à la hardiesse de nos gouvernants, nous répondons par l’incurie.
Les gouvernants ne tiennent pas promesse, nous disons : « Saye Hankouri »
Ils abusent du pouvoir que nous leur avons confié, nous nous écrions : « Kala Sourou »
Voilà que ces hommes nous leurrent, nous dépouillent, nous clamons : « Saye Hankouri »
Ils nous privent de nos droits et de nos libertés, nous répétons : « Kala Sourou »

La politique est action. Sourou et Hankouri (patience) sont insouciance. Pendant que les gouvernants continuent de nous duper, de nous opprimer, de nous exploiter, ils nous astreignent à l’inaction. Nous les invoquons sans cesse, nous les invoquons en vain, ils ne sont point aptes à nous tirer d’affaires. En nous remettant entièrement à eux, nous renonçons à nos droits et à nos libertés, nous abdiquons, nous abandonnons le champ politique à la seule volonté des gouvernants. Sourou et Hankouri, en dépit des apparences, ne sont pas nos alliés. Ce sont des ennemis à abattre.

Ici, dans l’arène politique où l’homme est seul avec l’homme, on ne saurait rendre Dieu responsable de ce qui advient, de ce qui nous arrive. La volonté de Dieu écartée de nos affaires humaines, il est aisé de constater que nous sommes, nos gouvernants et nous, coresponsables des règles, des conventions et des lois que nous nous donnons et acceptons pour conduire notre vivre-ensemble.

En politique, tout bien comme tout mal viennent de l’homme et de l’homme seulement. Ici il est plus question de maux que de biens, de ces maux que les gouvernants nous infligent et que notre incurie nous fait endurer. Mais fort heureusement, « l’homme est le remède de l’homme ».

Je me suis donc mis à chercher le remède de nos maux en l’homme. J’ai passé l’homme en revue, j’ai examiné ses catégories. Il m’est apparu que ce remède ne pouvait venir de ceux qui hantent de leur présence interminable les lieux du pouvoir. D’aucuns les appellent : la vieille garde. Ailleurs on les nomme ceux d’en haut, les grands ou encore les grand-frères.


Mais qu’ont-ils fait de grand jusqu’à présent?
Je ne vois que petitesse et médiocrité dans leurs réalisations.

Chez nous, le terme de grand-frère n’est pas seulement une catégorie de la filiation, c’est aussi une catégorie sociale, c’est un statut qui se mérite. Entre les aînés et les cadets, sont instituées des relations en vertu desquelles le grand-frère a l’obligation de prendre soin des petits-frères, de les protéger, de subvenir à leurs besoins. En retour, les petits-frères sont tenus d’accorder respect et honneurs au grand-frère.

Où en sommes-nous, après que ces grands-frères qui nous dirigent se soient occupés de la gestion de nos affaires? Sont-ils encore dignes de notre respect? Devons-nous leur accorder des honneurs?

Ils ont œuvré à la satisfaction de leurs besoins au détriment des nôtres. Ils ont accumulé des richesses qu’ils protègent. Ils se sont constitués en une caste de privilégiés qui nous nargue. À côté d’eux, nous vivons dans la précarité, dans la pauvreté. La satisfaction de nos besoins les plus élémentaires occupent notre quotidien, le désœuvrement nous démunit et diminue le pays. Ce pays qui est le leur, ce pays qui ne nous donne plus rien - même plus de l’espoir - ils nous contraignent à le quitter pour des pays qui ne sont pas les nôtres, à la recherche d’un bonheur illusoire. Nous sommes las de traverser les océans et les déserts, de leur payer un tribut en vies humaines

. Des hauteurs où le pouvoir, les privilèges, les passe-droits et les rapines les ont placés, ils mesurent la profondeur du gouffre qui les sépare du peuple qui trime, qui peine, qui agonise mille pieds au-dessous d’eux. Vouloir qu’ils rejoignent le peuple, c’est leur demander de se jeter dans le précipice. Ils s’y refuseront. Rester au sommet, endiguer tout mouvement descendant, empêcher tout mouvement ascendant, tel est leur salut. Ils sont réfractaires au changement, le statu quo les satisfait, ils s’ingénieront à le maintenir. Ils n’ont aucun remède à proposer à nos maux.

Naïfs, ceux qui continuent de croire que ces dirigeants nous aideront à combattre ces maux. Une fois que nous aurons compris que nos gouvernants et nous sommes collectivement responsables de ce sort, mais que celui-ci est plus préjudiciable pour nous qu’il ne l’est pour eux; dès que nous aurons compris que nos gouvernants se soucient peu de ces maux qui nous affectent, il ne nous restera plus qu’à nous tourner vers nous-mêmes, à nous en remettre à notre volonté propre de triompher.

Nous, entendons par là l’ensemble des forces progressistes du peuple, celles qui savent que le statu quo les condamne à la régression, puis à la mort, celles qui, par conséquent, veulent le changement et le portent en elles. Si ce changement intéresse toutes les forces progressistes, il concerne plus particulièrement la jeunesse qui est avenir. Je crois donc que le remède est dans la jeunesse et que la jeunesse est le remède.

Je vois cette jeunesse qui lève enfin la tête et ose dire non aux grands qui enfantent la petitesse, aux grands-frères qui manquent de vertus, aux gouvernants qui ne répondent pas à leurs attentes. Je crois en une jeunesse instruite par les erreurs et les errements des aînés, une jeunesse consciente des enjeux présents et à venir, et capables de relever les défis.

Je place mes espoirs dans une jeunesse qui n’est ni de droite ni de gauche, parce que ses repères ne se situent plus dans une géométrie politique qui n’est pas de chez elle; dans une jeunesse qui aborde les problèmes d’un point de vue africain, qui pense son pays en Afrique et l’Afrique dans le monde.

Je vois émerger une nouvelle génération d’Africains qui piétine les tares de la tradition, détruit les archaïsmes et les servitudes, s’émancipe des entraves coloniales et néocoloniales; une nouvelle génération d’Africains qui ne souffre ni de complexe d’infériorité ni de complexe de supériorité, parce qu’elle aura traqué jusqu’au plus profond de sa conscience et a expulsé tous les réflexes de subordination, toutes les structures aliénantes que l’éducation y a placés.

Je vois cet Africain nouveau qui est l’égal de l’homme où qu’il se trouve, qui n’a besoin de l’homme d’ailleurs qu’autant que celui-ci a besoin de lui; qui n’a besoin d’aucune autorité que la sienne pour justifier et légitimer ce qu’il est, ce qu’il pense, ce qu’il fait, ce qu’il dit.

Je vois ces Africains qui auront retrouvé confiance en eux-mêmes, qui se seront réconciliés avec leur continent; ces Africains qui auront enfin compris tout le parti qu’ils peuvent tirer de cette unique et exceptionnelle occasion que l’Afrique leur donne en étant au début et à la fin de l’humanité. Être premier et dernier à la fois, quel autre continent jouit de ce privilège? Je dis premier, parce que c’est en Afrique que commença l’aventure humaine. Je dis dernier, parce que l’Afrique, estime-t-on, est le continent le moins développé. Mais nous situons aux deux extrémités à l’intérieur desquelles toute l’expérience humaine s’est déroulée. Nous sommes les bénéficiaires privilégiés de cette expérience dans son intégralité. Elle est à notre portée, nous pouvons y puiser, nous pouvons faire en sorte que l’Afrique en bénéficie pleinement.

Farmo M.

Toutes les notes