13.09.2008

TCHAD, Déby se débarrasse de la Banque mondiale

http://www.lepays.bf/quotidien/lumieres2.php?codeart=1700...

La Banque mondiale se retire du projet pétrolier de Doba au Tchad. Après avoir exigé du gouvernement tchadien le remboursement total de ce qu'il lui devait (66 millions de dollars),l'institution financière a choisi de tirer sa révérence, mettant un terme à son implication dans une réalisation qu'elle avait cautionnée et financée depuis sa création en 2001, et qui permettait au Tchad de tirer 1 milliard et demi de dollars annuellement, grâce aux revenus du pétrole. Du gâchis, du beau gâchis sans doute, mais la sagesse conseille de savoir quitter la table lorsque l'honneur est desservi.
 
A l'origine du désaccord, le non-respect par le Tchad d'accords conclus avec l'institution de Bretton Woods auquel s'ajoutent d'autres griefs : surfacturation, détournements de fonds, utilisation de l'argent du pétrole à des fins militaires. Les accords signés avaient stipulé la création d'un fonds pour les générations futures. Des soucis plus urgents auront sans doute été décelés à leur place. Refusant d'être la caution morale de cette gestion indélicate de la chose publique, la Banque mondiale claque la porte car c'est sa crédibilité qu'elle est en train de jouer.
 
On ne peut que déplorer ce départ de l'institution de Bretton Woods, l'une des seules encore en mesure d'exercer des pressions sur des gestions d'Etats en vue de les conduire sur de saines voies. Car désormais, bonjour la gestion gabégique, familiale et fantaisiste à souhait, de ces revenus générés par l'or noir. La guerre est-elle une raison sérieuse qui justifie tout ? Que nenni. Elle est au yeux de nombreux observateurs, au regard de ce qui se passe dans ce pays, un mauvais prétexte mal servi et qui ne convainc personne. Il est fort à parier que même en temps de paix, Déby n'aurait nullement agi autrement . Générations futures, connaît pas . Le militaire qu'il est, arrivé au pouvoir de la manière qu'on sait, a besoin d'assurer ses arrières. Si vis pacem para bellum (1). Les moralisateurs n'ont qu'a repasser.
 
Le Tchad serait-il, à l'instar de beaucoup d'autres pays, victime à son tour de la "malédiction de l'or noir" ? Curieux, tout de même que toutes les victimes de cette malédiction se recrutent sur le continent... noir. Preuve qu'il font tous montre d'une malgouvernance financière grave. Il existe bien d'autres pays pétroliers qui font utilisation judicieuse du pétrole que recèle leur sous-sol, et cela sans aucun contrôle, ni de la Banque mondiale ni d'aucune autre institution financière. Pauvre Afrique!
Mais il existe aussi comme une caution morale qui parraine l'attitude de Déby dans cette affaire. La responsabilité de la France y est sans doute engagée, négativement, en dépit de la gravité de l'enjeu en présence. Elle qui a toujours su se montrer l'inconditionnel bouclier protecteur d'un filleul pour le moins "peu sage". Pourquoi, et dans quel but ?
 
Que retenir de cette rupture Tchad-Banque mondiale ? Que traduit un nouvel échec pour le gouvernement tchadien qui, une fois de plus, brouille son image sur la scène internationale ? Assurément. Qu'elle représente aussi comme une insatisfaction frustrante pour la Banque mondiale qui avait souhaité faire de ce projet un exemple pour le reste du continent ? Sans doute. Mais le plus à plaindre demeure aujourd'hui le Tchad, classé par le Pnud, pauvre parmi les plus pauvres d'Afrique. La Banque mondiale s'en est allée. Les compagnies pétrolières peuvent désormais s'incruster. De nouvelles autres se bousculeront sans doute aux portes. De nouveaux accords seront signés avec les autorités en place. Et on peut se convaincre d'une chose : l'argent perdu ne le sera pas pour tout le monde. L'establishment politique tchadien peut continuer à s'armer et à faire la bamboula.
(1) Vieil adage latin reprise par César: si tu veux la paix, prépare la guerre.
 
Jean-Claude KONGO
 

10.09.2008

Idriss Déby, un “client” pour la Cpi

Journal N° 2693 du 09-09-2008

http://www.lemessager.net/details_articles..php?code=119&code_art=24838

Il est désormais établi que l’opposant Ibni Oumar Saleh est décédé. Il est aussi établi qu’il a été enlevé comme Lol Mahamat Choa et Ngarlejy Yorongar par des éléments de l’armée fidèles au chef de l’Etat tchadien.

Comme il l’a fait pour Omar-el-Béchir, le chef de l’Etat du Soudan, le procureur de la Cour pénale internationale devrait ouvrir un dossier pour M. Idriss Déby Itno, le président du Tchad. Il n’est pas encore prouvé de manière formelle que M. Déby mène un génocide dans son pays. Mais les conditions dans lesquelles trois opposants ont été enlevés le 3 février dernier à la suite d’une attaque perpétrée par des rebelles venus du Soudan et la “disparition” déjà certaine de Ibni Oumar Saleh suffisent à indexer Idriss Déby Itno.


On observe curieusement la timidité avec laquelle l’Union africaine et la France gèrent les conclusions de l’enquête rendues publiques le 5 septembre dernier. Dans un voyage-éclair à Ndjamena le 27 février – soit 24 jours après le kidnapping des trois opposants et le brouillard épais qui cachait la mort de Ibni Oumar Saleh – Nicolas Sarkozy s’était engagé à aider le Tchad à faire la lumière sur la disparition du président du Parti pour les libertés et le développement (Pld).

Déby n’est ni Béchir ni Mugabe
Rusé comme il l’est, détenteur du rapport de la commission depuis le début du mois d’août, Idriss Déby Itno, a attendu un moment propice pour le publier enfin. L’occasion fait le larron, dit-on. Il publie ce rapport au moment où les Européens sont concentrés sur la crise de la Géorgie et où à travers le Proche-Orient, Nicolas Sarkozy fait des pieds et des mains pour s’inscrire comme arbitre incontournable dans cet autre théâtre conflictuel. Il ne reste plus que l’Union africaine pour prendre ce dossier à bras le corps et le ramener au-dessus de la pile. On est en droit de se demander où est passé M. Jean Ping, le président de la Commission.


On a vu Mme Condoleeza Rice passer dans la région ce week-end, elle était tour à tour en Libye, en Tunisie, en Algérie et au Maroc : presque aux confins du Tchad. A Benghazi, chez Kadhafi, elle a évoqué le sort d’un prisonnier politique libyen dont le frère vit à Boston, mais a pudiquement ignoré qu’un autre opposant a été enlevé et porté disparu il y a seulement sept mois, tout à côté.


C’est vrai que les Etat n’ont que des intérêts. Kadhafi n’est plus “le chien fou du Proche-Orient” du temps de Reagan. De nos jours, il peut dîner avec le chef de la diplomatie américaine. Au moment où la tête de Omar-el-Béchir est mise à prix et que Mugabe est vomi par les Occidentaux. Tous les deux parce qu’ils sont en contravention avec les volontés de l’Occident qui est le premier destinataire du pétrole tchadien. Ainsi, Idriss Déby Itno peut falsifier à volonté la constitution tchadienne pour s’éterniser au pouvoir, faire disparaître tous ses opposants. En Occident on ne hausse pas le ton. Intérêts étatiques obligent.


Pourtant publié le 3 septembre dernier le rapport attribue l’arrestation d’Ibni Oumar Mahamat Saleh à des éléments des “ forces de défense de sécurité portant des uniformes avec taches de camouflage ”. Le rapport conclut qu’“aucune information ou élément de preuve n’ont pu être obtenus sur le lieu ou les lieux de sa détention et les conditions dans lesquelles elle s’est déroulée”.

Crime de guerre
Si les membres de la commission d’enquête disent ne pas disposer de preuves, ils font état d’un “faisceau de présomptions graves” mettant en cause les militaires de Déby qui avaient déjà en main le contrôle de Ndjamena. Avec le concours de l’armée française. Le député Ngarlejy Yorongar se souvient clairement qu’il a été enlevé par huit militaires de l’Agence nationale pour la sécurité, dirigée par Mahamat Ismaël Chaibo. Il a même témoigné sur les ondes de Rfi le branle-bas qui a suivi la mort de Ibni Oumar Saleh qui était son voisin de cellule.


Il faut dire que les tripatouillages que ce rapport a subi n’ont pas réussi à blanchir le shérif du Tchad. L’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) et l’Union européenne (Ue) regrettent curieusement que “ la manifestation de la vérité ” n’ait pu être établie sur “ le cas emblématique de la disparition de l’opposant politique Ibni Oumar Mahamat Saleh, en dépit du travail rigoureux et minutieux qui a été mené ”. Un communiqué conjoint des observateurs internationaux de l’Oif et de l’Ue au sein de cette commission, estime que “ les travaux de la commission d’enquête ne doivent constituer qu’une première étape de cette recherche de la vérité et de la justice ” et appelle “ les autorités tchadiennes à engager de nouveaux efforts dans ce sens ”.


Il ne reste plus à Déby qu’à livrer quelques tondus et pelés de sa soldatesque. Ce qui ne le dédouanerait pas pour autant de la Cour pénale internationale pour crime de guerre. N’a-t-on pas claironné dans les médias que les tortionnaires n’y échapperont désormais plus. Quels que soient leurs fonctions ou grades.



Par Jacques Doo Bell
Le 09-09-2008

08.09.2008

Lettre à Idriss Déby.

Et maintenant que tu l’as tué, que vas-tu faire ?

 

IBNI OUMAR MAHAMAT SALEH est mort, il n’y a plus de doute. Tu l’as assassiné, froidement sans regret comme tu l’as fait avec Me Behidi, Moïse Ketté, Hissène Koty, Laokein Bardé, Ibrahim Elias, Mahamat Guetti, Mamadou Bisso, Youssouf Togoïmi, Brahim Selgué, Bichara Digui, Mbaïlao Mianbé…La liste est interminable.

 

Confortablement assis dans ton fauteuil, tu te  frottes les mains, heureux de cette énième forfaiture et élaborant déjà, d’autres assassinats, manigançant des plans chaque fois plus diaboliques.

 

Du sang, encore du sang, toujours du sang, sans cesse du sang des Tchadiens. Toujours en manque de sang, tu te délectes tel un vampire imaginant tout ce sang qui déferle de nos corps,  vide nos veines, emporte nos vies, ce flot de sang tchadien qui depuis dix huit ans de dictature et de terreur, va  remplir le lit du Logone, gonfler les eaux du Chari. Et toi qui nages, te saoules de bonheur dans ce bain écarlate, ta cure de jouvence.

 

Et maintenant dis-nous comment as-tu tué IBNI ? L’as-tu déshabillé et passé sur tout son corps des décharges électriques jusqu’à ce que mort s’en suive ? Où, lui as-tu assené des coups de matraque juste là où il faut pour lui ôter la moindre chance de survie ? Lui as-tu bandé les yeux ? Oui sans doute, les bourreaux ne regardent jamais leurs victimes dans les yeux, c’est un signe de lâcheté bien connu chez eux. As-tu savouré chaque cri de douleur ? Mais il ne t’a pas offert cet ultime plaisir. Les hommes de cette trempe ne crient pas, ça aussi c’est connu. Alors, frustré, tu as frappé, cogné, battu, roué de coups. Tu as frappé de toutes tes forces, avec  toute la violence de la haine qui t’étreint, tu t’es surpassé, tu as frappé encore et encore  jusqu’à t’épuiser,  jusqu’à  son dernier souffle.

 

Et maintenant ? Qu’as-tu fait de son corps ? L’as-tu accroché à ton tableau de chasse ?  Où l’as-tu exposé dans la crypte secrète de ton Palais Rose avec tes autres macabres médailles de chasse ? Et que pensent tes amis Sarkozy et Kouchner de cet autre exploit ? Entre chasseurs on aime à commenter une fructueuse chasse dit-on. En quel terme leur as-tu conté cette battue à l’homme ? Ils auraient aimé, dis-tu, cette corrida d’un autre genre, la proie était de taille. Un Lion. Oui sans doute qu’ils sont impressionnés. Ils ne tarissent pas d’éloges à ton sujet. Toi gardien du temple et des traditions,  si soucieux des intérêts de la fratrie. Toi qui assures si bien la descendance de cette race de prédateurs sans foi ni loi en perpétuelle guerre contre l’humanité.

 

Et maintenant ? Qui est ta prochaine victime sur ta longue liste noire ? Ce paisible citoyen Tchadien dont le chemin,  malencontreusement croise le tien ? Ce journaliste qui écrit la vérité sur ton régime ? Cette jeune fille Tchadienne qui refuse tes avances ? Le Ouaddaïen, le Ngambaye, le Lakka, l’Arabe, le Mbaï, le Tama, le Gor, le Gorane, le Moudang, le kabalaye, le Massa, le Hadjarraï… tous  coupables d’être Tchadiens ? Ou cet intellectuel dont tu ne supportes l’esprit éclairé ? Cet autre leader politique qui a le malheur d’être de l’opposition ? Son frère ? Sa femme ? Ses enfants ? Ses partisans ? Ce défenseur des droits de l’Homme qui ose dénoncer les atteintes aux droits fondamentaux dans un pays où les évoquer  est passible de mort ? L’exilé tchadien qui crie au monde sa douleur ? Moi ? Lui ? Elle ? Nous ? Eux ? Sara ? Ronel ? Kalthouma ? Mahamat ? Laobara ? Moussa ? Djim ? Issa ? L’HOMME ?

 

Tu tues, tu corromps, tu terrorises, tu piétines, tu mens, tu voles, tu violes, tu saccages tout sur ton passage et bien souvent avec la bénédiction de cette nébuleuse communauté internationale qui,  selon que vous êtes Noirs ou Blancs, pauvres ou riches, Africains ou Européens, au gré de ses intérêts,  fait de la démocratie et des droits de l’homme une valeur sacrée ou au contraire la vide de son sens et de sa valeur intrinsèque.

 

Mais, en attendant que tu nous tues tous,  je tiens à te dire que nous n’avons pas peur. Que tout ce rabattage de gibier ne nous fait pas peur. Que cette battue à l’homme ne nous effraie pas le moindre du monde. Nous sommes là. Debout. Prêts à t’affronter.

 

IBNI n’est plus, c’est vrai ! Un HOMME est tombé, c’est vrai ! Le Tchad une fois encore est orphelin, c’est vrai ! Le Tchad est de nouveau privé d’une voix éclairée, c’est vrai ! La démocratie au Tchad vient encore d’être décapitée, c’est vrai ! Tout ceci est vrai et nous en souffrons au plus profond de notre être. Comment pourrait t-il en être autrement ?

 

IBNI va nous manquer, certainement. Il nous manque déjà terriblement. Sa grande et élégante silhouette manquera au paysage politique tchadien. Sa présence apaisante et forte tout à la fois manquera à  ses camarades du Parti pour les Libertés et à la Démocratie (PLD). Il manquera encore plus cruellement à sa famille, sa femme, ses enfants, ses proches.

 

Aujourd’hui, en ces heures sombres, nous sommes tous de la famille de IBNI et tous membres du PLD. Aujourd’hui chaque Tchadien épris de paix et de justice porte fièrement le nom IBNI. Parce que le combat de cet homme que j’ai eu l’immense honneur de connaître c’était justement cela, LA PAIX ET LA JUSTICE POUR SON PAYS.

 

Mais si IBNI n’est plus là physiquement parmi nous, son Esprit, lui, est là bien vivant. Sans doute plus fort et plus réel que jamais. Son amour pour le Tchad, son engagement politique en faveur de la liberté, son intégrité, sa probité, ses convictions démocratiques, son combat pour la justice, son respect  pour tous les Tchadiens, quelque soit leur origine ethnique, régionale, leur croyance, leur choix politique, leur statut social.  Toutes ces valeurs qui ont façonné sa vie et rempli son âme de grandeur lui conférant sa stature d’homme d’Etat, sont vivantes.  

 

Chers compatriotes, c’est cela l’HÉRITAGE que nous lègue IBNI. Un Patrimoine national hors du commun que ne peut détruire Déby et ce, malgré  son impressionnant arsenal de guerre bâti au détriment du bien-être collectif et ses implacables escadrons de la mort.

 

Nous devons tous nous attacher à ancrer profondément dans nos consciences, cette conviction qui portait IBNI : le Tchad, le peuple tchadien a droit à la liberté, à la justice, au développement, à la démocratie, à la paix. Il a payé de sa vie ce rêve d’un avenir meilleur pour nous tous. Nous devons être prêts à payer le même prix, s’il le faut.

 

Frantz Fanon écrivait « En tant qu’homme, je m’engage à affronter le risque de l’anéantissement pour que deux ou trois vérités jettent sur le monde leur essentielle clarté ». IBNI a fait sienne cette parole.

 

Sa première vérité, est que nous, peuple du Tchad, avons pleinement droit à la liberté, à la justice et à la paix. Sa deuxième vérité est que toi Idriss Deby tu écrases sous tes bottes ce droit fondamental. Voilà pourquoi il te combattait avec la seule arme qui à ses yeux comptait : la lutte démocratique. Pour nous, peuple du Tchad, cette essentielle clarté est de nous battre à notre tour de toutes nos forces, pour nous réapproprier nos pleins droits.

 

INBI était un patriote dans le sens le plus noble du terme. Il aimait profondément son pays et les Tchadiens. Son parti, le PLD, d’envergure nationale, rassemble les Tchadiens de toutes les régions. C’est là aussi une leçon et un legs que nous laisse IBNI.

 

Chers compatriotes, en hommage à ce camarade, taisons ces querelles nauséabondes  qui resurgissent avec violence ces jours ci sur les sites nous plongeant dans les moments les plus sombres de notre histoire.

 

L’Unité Nationale, la Cohésion Sociale, l’Egalité pour tous, c’est à cette bataille qu’il faut nous atteler pour construire La NATION tchadienne. Il en va de notre avenir à tous. Sinon, j’ose à peine imaginer les années à venir. Quel héritage laisserons nous à nos enfants ? Je vous le demande ? Ne nous trompons donc pas de cible.

 

Repose en paix Dr IBNI Oumar Mahamat Saleh ! Que la terre de nos ancêtres te soit légère ! Nous avons saisi à pleines mains le relais que tu nous as tendu. Nous continuerons ton combat jusqu’à ce que victoire s’en suive. Nous traquerons tes assassins jusqu’aux tréfonds de la Terre ! Et nous crierons JUSTICE.

 

Merci de nous avoir éclairé de cette essentielle clarté.

 

Et toi Idriss Déby, que vas-tu faire maintenant de nous tous ? Nous qui refusons de nous soumettre à ta volonté ? Nous qui continuons le combat  mener courageusement par  IBNI ? Que vas tu faire de ces près de neuf millions de Tchadiens qui refusent l’embastillement ? Qui rêvent d’un avenir meilleur ? Qui aiment leur pays ?   Nous tuer tous ?

 

 

LAOKOLÉ Yoram Annette.

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