30.01.2009

Les 44 présidents des Etats-Unis au pouvoir depuis 1789

1. Georges Washington. (1789-1797). C’est un indépendantiste et un fédéraliste. Il est le général vainqueur des Britanniques et héros de l’Indépendance. Sous son mandat, des droits individuels sont garantis. Alors qu’il ne souhaitait pas se représenter, il effectue un second mandat pour éviter un éclatement de la nation. Il refuse de se représenter pour un troisième mandat.


2. John Adams. (1797-1801). Il est fédéraliste. Vice-président de Washington, il est élu par 71 voix contre 68 face à Thomas Jefferson qui devient son vice-président[]. Sa présidence est notamment marquée par l’opposition entre les fédéralistes (Adams) et les démocrates républicains (Jefferson).


3. Thomas Jefferson. (1801-1809). Démocrate républicain, c’est l’un des pères de l’indépendance et le principal rédacteur de la Constitution. Vice-président de John Adams, il est élu et réalise la première alternance de l’histoire des États-Unis.


4. James Madison. (1809-1817). C’est un démocrate républicain. Sous sa présidence, la Guerre avec le Royaume-Uni de 1812 à 1815 est gagnée par les États-Unis.


5.James Monroe. (1817-1825). Démocrate républicains, il est réélu à l’unanimité moins une voix en 1820. Il est le concepteur de la Doctrine Monroe, à l’origine de l’isolationnisme américain.


6. John Q. Adams. (1825-1829). Républicain national, il est le fils du 2e président. Il est élu par le congrès face à Andrew Jackson, puis échouera face à celui-ci en 1828.


7. Andrew Jackson. (1829-1837). Il est le premier président démocrate. Il obtient la majorité des voix en 1824. En 1828, il affronte de nouveau celui-ci et le bat à une large majorité.


8. Martin Van Buren. (1837-1841). Démocrate, il est Partisan d’un rôle minimal de l’État dans l’économie. Il évite un conflit avec l’empire britannique.


9. William H. Harrison. (1841-1841). Il est du parti appelé Whig ; un parti de la droite libérale créé durant l’hiver 1833-1834. C’est le premier président issu des rangs du parti Whig. Il meurt d’une pneumonie à peine un mois après le début de son mandat.


10. John Tyler. (1841-1845). Il est issu du parti Whig. Ancien démocrate, il s’oppose au programme de son prédécesseur et sera la cause de la défaite des Whigs en 1844. Il est le premier vice-président a succéder à un président défunt.


11. James K. Polk. (1845-1849). Il est du parti démocrate. Sous lui, la guerre américano-mexicaine et le partage du territoire de l’Oregon avec l’empire britannique donne aux États-Unis son territoire actuel.


12. Zachary Taylor. (1849-1850). Il appartient au parti Whig. L’admission de nouveaux États non esclavagistes modifie l’équilibre alors que Taylor propose au Nouveau-Mexique et à la Californie d’intégrer l’Union sans passer par la transition de Territoires. Il meurt prématurément après 16 mois de mandat.


13. Millard Fillmore. (1850-1853), il est du parti Whig. Vice-président de Zachary Taylor, il lui succède à la mort de ce dernier. Il signe le «Fugitive Slave Act» en 1850. Avec lui, se déclenche le conflit entre le nord et le sud sur le sort des esclaves.


14. Franklin Pierce. (1853-1857). C’est un démocrate. Sous son mandat, on note la création du Parti Républicain en 1854, suite à une coalition de membres du parti Whig, Free Soil, et Know Nothing.


15. James Buchanan. (1857-1861). Démocrate, Il n’a pas su faire face aux dégradations du débat sur l’esclavage au point de provoquer la sécession de plusieurs États.


16. Abraham Lincoln. (1861-1865). Républicain, il est le premier président de ce parti. Son élection déclenche la sécession des états esclavagistes et débouche sur la guerre de Sécession et la proclamation de l’abolition de l’esclavage (1863). Réélu en 1864, il est assassiné quelques jours après la victoire des nordistes.


17. Andrew Johnson. (1865-1869). Démocrate, il est élu comme vice-président sur le ticket républicain en 1864. Il devient président après l’assassinat de Lincoln.


18. Ulysses S. Grant. (1869-1877). Il est républicain. Au cours de son mandat, débute la période de la Reconstruction. Des droits politiques sont accordés aux anciens esclaves noirs, mais la ségrégation raciale dans le sud sera de fait rétablie et durera jusqu’aux années 1960.


19. Rutherford B. Hayes. (1877-1881). Républicain, il est élu grâce aux fraudes électorales face à son rival démocrate Samuel J. Tilden. Il s’appliquera cependant à moraliser son gouvernement et mettra fin à l’occupation militaire des États du sud.


20. James A. Garfield. (1881-1881). Républicain, il tente d’organiser une conférence internationale des États d’Amérique mais, au bout de ses 6 premiers mois de mandat, il est assassiné par Charles J.Guiteau.


21. Chester A. Arthur. (1881-1885). C’est un républicain également. Juriste, ancien collecteur de taxes douanières au port de New York et vice-président de Garfield, il devient président à la mort de ce dernier. Son mandat est marqué par la mise en œuvre d’une réforme de la fonction publique.


22. S. Grover Cleveland. (1885-1889). Issu du parti démocrate, il est ancien maire de Buffalo et ancien gouverneur de New York. Son mandat est marqué notamment par son intransigeance dans les conflits sociaux.


23. Benjamin Harrison. (1889-1893). Républicain, Il est le deuxième candidat à l’élection présidentielle à entrer à la Maison-Blanche en étant minoritaire en voix. Il organise la première conférence des États du continent américain. Il soutient le passage d’une loi garantissant le droit de vote des Noirs.


24. S. Grover Cleveland de nouveau. (1893-1897). Il est démocrate et est le seul président à avoir effectué deux mandats non consécutifs. Son second mandat est marqué par la crise économique de 1893-1897, l’abolition de la loi sur les droits civils dans le Sud.


25. William McKinley. (1897-1901). C’est un républicain. Ancien gouverneur de l’Ohio, il est le président des premières manifestations de ce qu’on appellera l’impérialisme américain avec la victoire sur les Espagnols aux Philippines et à Cuba. Lors de l’exposition panaméricaine de Buffalo en septembre 1901, McKinley est assassiné par l’anarchiste, Leon Czolgosz..


26. Theodore Roosevelt. (1901-1909). Il est du parti républicain. Ancien chef de la police de New-York, vice-président de McKinley, il succède à ce dernier après son assassinat, devenant à 42 ans le plus jeune président américain. Il applique une politique progressiste et sociale, étend les prérogatives présidentielles et fédérales et révise la doctrine Monroe. Il refuse de se représenter en 1908 mais se présentera en 1912.


27. William H. Taft. (1909-1913). Républicain, il est conservateur et partisan de la « diplomatie du dollar ». Son mandat est marqué par le retrait des troupes américaines de Cuba et par la détérioration du climat social.


28. T. Woodrow Wilson. (1913-1921). C’est un démocrate. Ancien président de l’université de Princeton, il est élu avec 41%. Malgré son pacifisme, il fait intervenir les États-Unis dans la Première Guerre mondiale. Il est le père de la SDN.


29. Warren G. Harding. (1921 à 1923). Il est issu du parti républicain. Ancien sénateur de l’Ohio, son mandat est marqué par une politique économique de laisser-faire et par une politique isolationniste. Il meurt d’apoplexie lors de la 3e année de son mandat.


30. Calvin Coolidge. (1923-1929). C’est un républicain. Vice-président de Warren Harding, il accède à la présidence à la mort de ce dernier. Il est très critiqué après la Crue du Mississippi de 1927 qui avait provoqué 246 morts et plus de 400 millions de dollars de dégâts.


31. Herbert C. Hoover. (1929-1933). Républicain, il est ancien secrétaire d’état au commerce et partisan du moins d’état et du laisser-faire économique. Son mandat est associé au Krach de la Bourse de New York de 1929. Candidat à un second mandat, il est largement battu par Franklin D. Roosevelt.


32. Franklin D. Roosevelt. (1933-1945). Démocrate, il est ancien gouverneur de l’Etat de New-York. Atteint de la poliomyélite, il est élu à la suite de l’incapacité du président Hoover à gérer la crise économique et sociale de 1929. Sa politique est basée sur une intervention massive de l’État dans l’économie. Son second mandat est marqué notamment par l’interdiction de travail des enfants[]. Après l’attaque japonaise de Pearl Harbor, les États-Unis entrent dans la Seconde guerre mondiale. Réélu une quatrième fois en 1944, il meurt le 12 avril 1945.


33. Harris Truman. (1945-1953). Démocrate, il est originaire du Missouri et vice-président de Franklin D. Roosevelt. Il prend la décision d’utiliser la bombe atomique contre le Japon pour terminer la Seconde guerre mondiale. Son mandat est marqué par le début de la guerre froide. Il devient l’un des présidents les plus impopulaires à la fin de son mandat en 1953.


34. Dwight D. Eisenhower. (1953-1961). Républicain, il supervise le cessez-le-feu en Corée, lance la course à l’espace, crée la NASA, et fait du développement de l’armement nucléaire une priorité dans le cadre de la guerre froide. Son mandat est marqué notamment par l’arrêt de la Cour Suprême déclarant la ségrégation scolaire illégale dans le sud des Etats-Unis.


35. John F. Kennedy. (1961-1963). Il est démocrate. Ancien représentant et sénateur du Massachusetts, il est le plus jeune président élu des États-Unis. Son mandat est marqué sur le plan international par le débarquement de la baie des Cochons, la crise des missiles de Cuba,… Sur le plan intérieur, il lance le programme Apollo et entame le processus d’abolition législative de la ségrégation raciale dans les états du Sud. Il a été assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas, à l’âge de 46 ans.


36. Lyndon B. Johnson. (1963-1969). Il est démocrate. Vice-président de Kennedy, son mandat est aussi marqué par son discours sur la «grande société» promettant l’effacement des clivages sociaux, raciaux et culturels devant l’intérêt collectif. Il renonce alors à se représenter en 1968.


37. Richard M. Nixon. (1969-1974). Il est issu du parti démocrate. Ancien vice-président de Dwight Eisenhower, il retire les troupes américaines du Viet-Nam et reconnaît la République populaire de Chine. En 1974, il démissionne suite à l’affaire du Watergate.


38. Gerald R. Ford. (1974-1977). C’est un républicain. Ancien représentant du Michigan et chef de la minorité républicaine à la Chambre, son mandat est marqué par la Chute de Saigon et la continuation de la politique de détente avec l’URSS. En 1976, il est battu par le démocrate Jimmy Carter et devient le seul président à n’avoir jamais été élu.


39. James E. (dit Jimmy) Carter. (1977-1981). Il est du parti Démocrate. Ancien gouverneur de Géorgie, il privilégie les relations avec les pays du tiers monde. En 1980, l’inflation galopante tout comme la hausse le prix du carburant à la pompe et le chômage contribuent à le priver d’un second mandat.


40. Ronald W. Reagan. (1981-1989). Il est issu du parti républicain. Ancien acteur de cinéma et gouverneur de Californie, sa présidence marque le début de la Révolution conservatrice. Ses deux mandats sont marqués par une tentative d’attentat dont il est l’objet, la crise des euromissiles, la course aux armements et la continuation de la croissance économique et l’accélération de la décomposition de l’URSS.
41. George H. W. Bush. (1989-1993). C’est un républicain. Vice-président de Ronald Reagan, élu en 1988, George Bush est rapidement témoin de la chute du mur de Berlin et de ses conséquences. Sous son mandat, les États-Unis assument leur rôle de gendarme du monde avec la première guerre du Golfe.


42. William J. (dit Bill) Clinton. (1993-2001). C’est un démocrate. Ancien gouverneur de l’Arkansas. Élu en 1992 il est réélu en 1996 malgré ses échecs. Au cours de son 2e mandat, des scandales politiques sont révélés dont l’affaire Lewinsky. Son mandat est également marqué par la guerre du Kosovo et le premier attentat contre le World Trade Center à New York.


43. George W. Bush. (2001-2009). Républicain, il est le fils du 41e président et ancien gouverneur du Texas. Ses deux mandats sont marqués par les attentats du 11 septembre 2001, la guerre contre le terrorisme et la crise financière.


44. Barack H. Obama. Elu en 2008, il débute son mandat en 2009. Démocrate, il est le premier président afro-américain. Il est le président élu avec le moins d’expérience au Congrès depuis Abraham Lincoln.

20.01.2009

Dream comes true

 

C-est-le-Jour-J_photo_du_jour_grand.jpg Le jour se lève aujourd’hui à peine sur les USA, sous un ciel gris, par une température voisine de 0° C, et tout le pays, tout un peuple, des centaines de milliers de militants, d’Américains et d’autres peuples se sont déversés sur le Capitole, l’immense esplanade (bâtie par les esclaves noirs à coups de fouet, il y a quelques décennies) qui marque le cœur de la capitale fédérale, Washington, dans une ambiance festive pour assister à l'investiture du 44e président américain et fêter une victoire à laquelle ils estiment avoir beaucoup contribué, quoi que certains commencent à « réécrire l'Histoire » . La foule s’est agglutinée au pied du majestueux mausolée de Lincoln, et s’est étendue jusqu’au monument de Washington, sur plus d’un kilomètre, pour écouter une pléiade d’artistes, d’acteurs et de célébrités, tous venus apporter leur contribution au thème de la journée : « Un seul peuple », uni pour « la renaissance de l’Amérique » sous la présidence de Barack Obama. Celui qui déclarait  le 27 juillet 2004 à Boston qu’« Il n’y a pas une Amérique noire, une Amérique blanche, une Amérique latino et une Amérique  asiatique, il n’y a que les Etats-Unis d’Amérique » et  le 5 décembre 2007 à Wartburg collège (IOWA) que « Le rêve américain n’est pas une chose du passé, il est devant nous... Je veux quelque chose de neuf, j’imagine une nouvelle Amérique ».

 Le moment tant attendu est arrivé et l’histoire se fait doucement mais irréversiblement.

Les festivités marquant l’investiture de Barack  Obama ont pris un tour plus grave hier lundi, jour férié annuel placé sous le signe du bénévolat dans les organisations caritatives en hommage au dirigeant noir Martin Luther King. À 24 heures de devenir le premier président noir des États-Unis, Barack Obama a rendu visite à des blessés à l’hôpital militaire Walter Reed, dans la banlieue de Washington, qui avait défrayé la chronique pour les conditions de logement déplorables des malades. Il a ensuite retroussé ses manches, pour repeindre un mur en bleu dans Sasha Bruce House, un foyer pour sans-abri et adolescents à problèmes près du Capitole, où il s’est rendu en fin de matinée, suivi par une nuée de journalistes et de badauds prenant des photos avec leurs téléphones portables. En jean et bras de chemise, Barack Obama est monté sur une échelle pour accrocher des rideaux et a peint un mur au rouleau...

  « Un moment historique »
Tous les présents, dont de très nombreux jeunes, étaient venus bien sûr écouter chanter Bruce Springsteen, Bono et U2, Stevie Wonder, Beyonce, Shakira, Mary J. Blige, Will.I.Am, Pete Seeger, Garth Brooks, Sheryl Crowe et bien d’autres artistes. Ou pour voir et entendre Tom Hanks, Tiger Woods, Denzel Washington, Forrest Whitaker, Samuel L. Jackson et autres stars d’Hollywood ou du sport. Mais ils étaient surtout là pour Barack Obama, dont chacune des apparitions avec son épouse Michelle et ses deux petites filles sur les écrans géants installés tout le long du Mall provoquait des hurlements de groupies, d’ordinaire réservés aux stars de la scène ou de l’écran. Il régnait en cet après-midi froid de janvier sur le Mall un impressionnant sentiment d’unité nationale, de « moment historique », mais aussi de joie et de soulagement d’être sur le point de sortir enfin de l’ère Bush, que tous les présents considéraient comme un long cauchemar.

La musique a donc été entrecoupée de vidéos d’archives montrant ceux dont Obama se présente comme le successeur et l’héritier. Franklin D. Roosevelt (« La seule chose dont nous ayons à avoir peur, c’est la peur elle-même »), John F. Kennedy (« Ne demandez pas à votre patrie ce qu’elle peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour elle »), Theodore Roosevelt (père de la protection de l’environnement) et bien évidemment Abraham Lincoln, protecteur de l’Union et émancipateur des esclaves, dont la statue géante et pensive paraissait veiller sur la foule comme un génie tutélaire, tandis que Tom Hanks récitait dans un silence impressionnant le très beau poème du Portrait de Lincoln mis en musique par le compositeur classique Aaron Copeland.

Un pas de géant […]
Inévitablement, la longue marche des Noirs pour la conquête de leurs droits civiques apportait une émotion et une solennité particulières à ce grand rassemblement sur le lieu même où en 1963, le révérend Martin Luther King avait évoqué son « rêve » d’une Amérique guérie du racisme devant une foule presque aussi nombreuse. Les marches du mausolée de Lincoln avaient aussi été le lieu d’un autre concert historique, celui donné à Pâques 1939 (avec la protection de la première dame, Eleanore Roosevelt) devant une foule multiraciale par la contralto noire Marian Anderson, interdite de représentation dans les salles de la capitale en vertu de la ségrégation qui régnait encore à l’époque dans la capitale comme dans une grande partie du pays.


Un des épisodes les plus intenses du concert a été celui où Bono et U2 ont entonné « In the Name of Love », hymne à Martin Luther King, en manière d’introduction à Barack Obama (qui en avait fait une des musiques de sa campagne présidentielle). Celui-ci a aussitôt évoqué « ce bassin directement sous nos yeux qui continue de refléter le rêve d’un King, et la gloire de ceux qui ont manifesté et versé leur sang pour que leurs descendants puissent un jour être jugés sur la force de leur caractère », plutôt que sur la couleur de leur peau. Le hasard veut que Barack Obama entre à la Maison-Blanche aujourd’hui, au lendemain du Jour de Martin Luther King, jour férié instauré en hommage à la mémoire du dirigeant du Mouvement pour les droits civiques assassiné en 1968.

 

 L’investiture : le plus grand jour de Barack Obama

Barack Obama  prêtera serment à midi, heure des Etats-Unis, sur les marches du Capitole, avant de prononcer un discours attendu, axé sur la crise économique et les objectifs de son administration. Dans la tradition américaine, le discours d’investiture est le plus important : « les mots sont des actes et les discours sont des armes » a lancé un analyste politique.  L’espoir fait partie des cartes principales dont il dispose : les sondages d’opinions  lui donnent plus de 80%  de  capital confiance  du peuple américain. C’est vraiment énorme. Barack Obama doit convaincre et Bonne chance Bary..

Tabo Augustin

 

11.01.2009

La France examine ses rapports avec l’Afrique

sarko-afrique-m.jpgIl y a beaucoup de non dit dans les relations entre la France et l’Afrique. L’Assemblée nationale française a essayé de tout dire dans un rapport de 80 pages rendu public ce mercredi. Mais rien n’étant simple dans ce domaine, même la rédaction de ce rapport a été problématique.

L’idée de tout coucher sur le papier est née en juillet 2006. Un an plus tard, une première mouture était enfin prête. Mais une querelle a éclaté au sein de la mission parlementaire. Querelle de fond, sur la prééminence de l’économie dans la relation franco-africaine, le rapport privilégiant une approche réaliste, débarrassée des bonnes intentions du passé. La meilleure façon de parler avec l’Afrique, c’est de parler business ! Le député Jean-Louis Christ, du parti de Nicolas Sarkozy (UMP), a vivement critiqué cette approche économiste, et soutenu par les députés de gauche, il a obtenu que le rapport soit remanié. Ce qui explique sa publication seulement aujourd’hui, six mois plus tard.

Une genèse incertaine liée aux hésitations de l''Élysée

Les tribulations du rapport sont à rapprocher des hésitations de la politique africaine de Nicolas Sarkozy au début de son mandat. Le ministre Bockel, prônant la fin des troubles pratiques de la Françafrique, a été sèchement remercié et remplacé par le ministre Joyandet et son approche plus classique.

Après une gestation aussi agitée, il ne fallait pas s’attendre à des miracles. Après avoir lu le rapport, on n’a pas forcément des idées plus claires qu’avant. Dans leurs conclusions, les députés ont légèrement corrigé le tir : il est moins question d’économie. Il est donc écrit : "La France doit continuer d’incarner et de défendre sur un plan politique les principes démocratiques d’égalité des chances, de respect des droits et libertés individuels et de solidarité."


Un rapport qui mise sur la dimension culturelle et éducative 


Il n’a pas échappé aux députés que "d’autres acteurs", la Chine et les Etats-Unis, sont de plus en plus présents en Afrique, et que la France "doit enrayer le repli de ses entreprises sur le continent." Mais le rapport conclut que c’est la "dimension culturelle et éducative qui donne à la présence française sa spécificité." L’économie d’accord, mais la culture d’abord.Le rapport insiste enfin sur le rôle accru que devrait jouer le Parlement français dans ce dossier, pour plus de démocratie et plus de transparence.C’est une critique très prudente du rôle toujours majeur joué par l’Elysée dans ce dossier. Critique de forme plus que de fond car, sur les questions comme la nature des relations entre certains chefs d’Etats africains et l’Elysée, le rôle des intermédiaires et plus encore la question centrale de l’immigration, le rapport reste globalement silencieux. Pour la grande clarification France-Afrique, il faudra sans doute encore attendre.

France24
 

06.01.2009

A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé avec les bombes "GBU-39" fournies par les Etats-Unis

L’armée israélienne (Tsahal) a lancé hier soir son offensive terrestre contre Gaza - contre le Hamas et son "jihad", selon le gouvernement israélien. La presse, les médias internationaux se focalisent sur l’événement, qui suscite l’indignation ou l’inquiétude de l’opinion mondiale. Celles-ci seront encore plus grandes lorsque se révélera le drame qui a commencé le 27 décembre dernier avec les premiers bombardements israéliens sur Gaza et qui se poursuit de façon invisible, avec l’emploi par l’aviation israélienne de bombes "GBU-39" - une "arme intelligente" issue du "génie militaire" américain, mais aussi une arme génocidaire.

Les caractéristiques de l’engin

Contrairement à une bombe "gravitationnelle" qui tombe par son propre poids, ce qui exige une estimation précise de l’altitude, la distance et la position de l’avion par rapport à la cible, la "bombe intelligente GBU-39" est un missile autopropulsé capable d’atteindre par ses propres moyens et avec une incroyable précision une cible située jusqu’à 60 miles nautiques (110 km) en avant et 40 miles (75 km) à droite ou à gauche de l’avion au moment du largage. Apte à voler par tous les temps, le missile peut même décrire un cercle et frapper une cible fixe située derrière l’avion. Il est guidé vers sa cible par un système embarqué de positionnement par GPS et de calcul de trajectoire. Ce système est préprogrammé mais peut être reprogrammé à tout moment et à distance, à partir des installations au sol.

Répondant à un appel d’offres lancé deux ans plus tôt, la firme Boeing a été retenue en août 2003, après une sévère compétition avec Rayteon, pour développer cette "bombe de faible diamètre" (SDB-Small Diameter Bomb).

La SDB-1 ou GBU-39 a reçu sa certification en septembre 2005, sa production en série a débuté en avril 2006, et les premiers exemplaires ont été livrés à l’US Air Force début septembre 2006, en avance sur le calendrier et à un coût moins élevé que prévu (avec un amortissement des recherches sur une commande finale espérée de 24 000 unités). A cette occasion, le Maj. Gen. Jeffrey Riemer, responsable de la coordination du programme entre les différents laboratoires et fournisseurs civils et militaires, déclarait :

"Nous sommes enthousiasmés (excited) par le déploiement de cette arme, la SDB-1, qui vient s’ajouter aux diverses options léthales du F-15E (Strike Eagle) dans la guerre contre le terrorisme."

D’après lui, sa marge d’erreur à l’arrivée ne dépassait pas 1,20 m.

La SDB-1 ou GBU-39/B est un tube long de 1,80 m environ et de 19 cm de diamètre. Une fois lancé, il déploie des ailerons arrière et latéraux qui stabilisent sa trajectoire. Il pèse 130 kg, dont 93 kg pour la tête explosive.

Le F-15E peut en emporter 4 sous son fuselage, avec un attelage BRU-61 d’un poids total en charge de 664 kg, au lieu d’un seul missile ordinairement beaucoup plus lourd. Le lancement de chaque missile est pneumatique et non par mise à feu d’une cartouche explosive, ce qui supprime l’entretien courant, facilite la manutention, et accélère le rechargement de l’avion au retour d’une mission. Celui-ci peut donc effectuer des frappes multiples et des rotations accélérées.

La précision, la fiabilité et la charge explosive limitée de la GBU-39, donc aussi sa moindre "léthalité" (ou capacité meurtrière), réduisent fortement les risques de "dommages collatéraux". Ce qui permet des emplois interdits jusque-là : contre des combattants ennemis situés à proximité immédiate de "troupes amies"... ou au milieu d’une population civile amie, neutre ou ennemie, que l’on est censé épargner d’après les "lois de la guerre" et le droit international. L’idéal, en somme, pour la guerre "anti-guérilla" ou "anti-terroriste"...

Dès le 5 octobre 2006, un mois après leur livraison aux Etats-Unis, deux avions F-15E "Strike Eagles" appartenant à la 494e Escadrille de Combat déployée en Asie du Sud-Est, en utilisaient des exemplaires pour la première fois contre des cibles réelles, en soutien aux troupes terrestres agissant en Irak. Le général North célébrait l’événement dans les termes suivants :

"Grâce à sa taille réduite, nos avions peuvent en emporter sur le champ de bataille un nombre accru, apportant ainsi aux combattants au sol davantage de possibilités de défendre leurs positions, en détruisant avec précision des cibles qui pourraient menacer les vies de soldats américains, de la coalition ou irakiens."

"La SDB est exceptionnellement qualifiée pour des cibles urbaines exigeant une grande précision et des dommages collatéraux réduits, et pour des missions de soutien aérien rapproché auxquelles nos équipages se trouvent confrontés dans le cadre des opérations "Iraqi Freedom" et "Enduring Freedom". Nous sommes maintenant en mesure d’intervenir en des endroits où les dommages collatéraux pourraient être un souci."

La SDB-1 présente une autre caractéristique que la fiche technique de Boeing et la presse israélienne se gardent de préciser. En effet, sur les 93 kg attribués par Boeing à la tête (warhead), 23 sont dus à l’explosif proprement dit, de haute performance. Le reste, soit une cinquantaine de kilos, n’est autre que de l’Uranium Appauvri. Celui-ci présente un avantage supplémentaire : sa haute capacité de pénétration. Il permet à la GBU-39 de percer au moins 90 cm de béton armé (ou plusieurs mètres de terre) avant d’exploser.

Une version capable de frapper des cibles mobiles (SDB2) a été commandée à Boeing, associé cette fois à Lockheed. Il était prévu que son développement en cours aboutisse fin 2009. Certaines de ses caractéristiques annoncées correspondent à celles données par le Jerusalem Post du 28 décembre 2008. Cependant, rien n’autorise à penser que l’armée de l’air israélienne dispose déjà de tels engins - à moins que l’offensive contre Gaza ne leur serve de banc d’essai.

Outre son prix "réduit" (de l’ordre de 100 000 dollars pièce - tout est relatif...), l’ensemble de ses caractéristiques faisaient de la GBU-39, version SDB1, l’arme idéale pour l’offensive israélienne contre Gaza. Sa précision permettait d’atteindre des cibles fixes prédéfinies, tout en réduisant les "dommages collatéraux" dans la population civile (de surcroît avertie par tracts ou par téléphone mobile d’évacuer au plus vite les cibles, c’est-à-dire les maisons ou les sites liés au Hamas, à la fabrication, au stockage ou au lancement de roquettes Qassam contre le sud d’Israël). Ce qui limite aussi les risques, politique et diplomatique, d’être accusé de perpétrer des massacres et des crimes de guerre. Par ailleurs, la capacité de pénétration de la GBU-39 permettait de détruire aussi bien les sites enterrés de lancement de roquettes que les 40 boyaux souterrains sous la frontière entre l’Egypte et Gaza, qui rendent poreux le blocus israélien et qui ont été frappés dès le premier jour de l’offensive aérienne.

En septembre 2008, le Congrès américain a autorisé la vente de 1000 exemplaires à Israël, qui lui ont été livrés dans les premiers jours de décembre. La trève de 6 mois acceptée par le Hamas en juin expirait le 19 décembre. Le 27 décembre, l’offensive israélienne commençait.

Le problème, c’est que la GBU-39, si elle limite les risques de crimes de guerre, entraîne avec certitude le crime contre l’humanité.

Le génocide de Gaza a commencé.

Gaza est une étroite bande de terre hébergeant sur 360 Km2 près d’un million et demi d’habitants, avec une densité de 3823 habitants au Km2.

Le dard des bombes GBU-39 est à l’Uranium Appauvri, disions-nous. Mais appauvri en U235 et enrichi en U238, dont la demi-vie radioactive est de 4,5 milliards d’années.

L’UA est un redoutable poison chimique et radiologique qui brûle aisément à l’impact et se transforme en particules radioactives extrêmement petites (particules nanométriques de l’ordre du millionième de millimètre) qui échappent à toute barrière et tout type de masque à gaz. Les produits de ces combustions répétées d’uranium voyagent avec les mouvements d’air, contaminent l’atmosphère et pénètrent dans les organismes via la respiration, l’ingestion ou les moindres blessures. Ainsi, la majeure partie de l’uranium se retrouve sous forme d’oxyde d’uranium radioactif invisible dans l’atmosphère que les populations respirent, tandis qu’une autre partie contamine les sols, les sous-sols et les nappes phréatiques.

Les conséquences de l’utilisation de bombes à l’UA en Afghanistan et en Irak sont parfaitement connues, démontrées et dénoncées par de nombreux scientifiques - sinon tous, excepté ceux dont le salaire émarge aux budgets des armées américaine, française, israélienne... et autres. Elles ont été rendues dramatiquement visibles par les photos insoutenables de nouveaux nés malformés.

On imagine sans peine les conséquences catastrophiques que de tels bombardements auront sur la population de Gaza : cancers, malformations congénitales, maladies du système immunitaire... et ce d’autant plus qu’elle souffre de malnutrition chronique et de manque de soins, en raison notamment du blocus israélien.

Lorsqu’il a décidé de larguer des bombes GBU-39 à l’UA sur des zones densément peuplées de Gaza, le gouvernement israélien ne pouvait pas ne pas en connaître les effets. Mais la population israélienne, dont on peut comprendre la lassitude et l’exaspération sous les tirs de Qassam et d’obus de mortiers, les connaît-elle, aujourd’hui encore ? Se doute-t-elle que son gouvernement, tout en déclarant viser les dirigeants, les militants et les installations du Hamas, procède, délibérément ou non, à un « nettoyage ethnique » lent de la population palestinienne, qui sera inéluctablement contaminée, et à une destruction de son environnement ? Mesure-t-elle le risque qu’elle court d’en devenir elle-même victime ? Car il est clair que les mouvements atmosphériques ne s’arrêtent pas aux frontières de Gaza. Sait-elle que, même s’ils reviennent indemnes ou légèrement blessés de cette opération terrestre dont on nous annonce déjà qu’elle sera longue et sanglante, les soldats de Tsahal seront eux aussi marqués à vie dans leurs poumons, leur sang ou leur capital génétique par les effets de cette arme perverse ? On l’a dit, aucun masque ne peut protéger des nanoparticules d’Uranium Appauvri.

Un véritable crime contre l’humanité s’exécute donc sous nos yeux.

S’agissant de l’Irak, ACDN écrivait au président de la République française, le 6 avril 2003 :

"La France doit user de tous les moyens dont elle dispose pour faire cesser le CRIME CONTRE L’HUMANITE qui se déroule sous nos yeux : l’utilisation de munitions à "Uranium Appauvri" par les troupes de la coalition anglo-australo-américaine, utilisation avérée au moins à Bassora et hautement probable sur d’autres champs de bataille irakiens. Les divers composants de l’uranium appauvri ont déjà provoqué depuis la (première) "guerre du Golfe" une catastrophe humanitaire systématiquement sous-estimée ou niée par les dirigeants des puissances concernées (France comprise, puisque les militaires français victimes du "syndrome du Golfe" se voient dénier tout droit, de même d’ailleurs que les victimes des essais nucléaires français). Les milliards de particules radioactives ainsi émises vont transformer l’Irak en une terre inhabitable pour l’éternité, et retomber sur tout l’hémisphère Nord où elles accroîtront, avec la radioactivité ambiante, les "statistiques" anonymes des cancers. A quoi sert-il de lancer une "campagne nationale contre le cancer" si l’on n’intervient pas à temps pour prévenir l’expansion de l’une de ses principales causes ?"

Cette fois, il s’agit de Gaza, de la Palestine et d’Israël.

Cette fois, le président de la République ne s’appelle plus Jacques Chirac, mais Nicolas Sarkozy, et il sera dans la région dès demain pour tenter d’y ramener le calme, à défaut d’une paix véritable.

Cette fois encore, nous lui disons :

"La France doit faire cesser ce crime contre l’humanité."

Mais pour se faire entendre, elle devra s’engager elle-même à ne plus produire, vendre, transférer, et à ne plus utiliser dans sa propre armée aucune arme à l’Uranium Appauvri. Au lieu de voter, comme elle l’a fait dernièrement en la seule compagnie des Etats-Unis et d’Israël, contre toute résolution de l’ONU cherchant à établir une commission d’enquête sur les effets de l’UA, la France doit enfin travailler à l’interdiction universelle des armes à l’Uranium Appauvri.

En plus, bien sûr, d’oeuvrer à l’établissement d’un cessez-le-feu général et immédiat à Gaza et à l’instauration d’une paix juste et durable dans la région, seul moyen de désamorcer les haines, d’assurer la cohabitation des peuples, des croyances, des Etats, des cultures, et de sauver les personnes.

Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire, le 4 janvier 2009

"A Gaza, début du génocide à l’Uranium Appauvri" ACDN, 4 janvier 2009. Reproduction partielle ou complète de cet article autorisée sous réserve de renvoyer à la source : www.acdn.net et d’en informer la rédaction.

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