08.03.2009

Une monnaie est un instrument de politique économique

                                           Par S. Tabo

Je voudrais d’abord parler en tant qu’économiste. Une monnaie est un instrument de politique économique. A ce titre, elle doit aider à booster la croissance économique et au delà le bien être des populations. Que voit on dans les pays de la zone franc ? si ce n’est pas l’aggravation de la pauvreté, ce n’est pas non plus le développement social. Les partisans de l’arrimage à l’euro diront certainement que si le FCFA n’était pas arrimé à l’euro, la situation aurait été plus chaotique dans la zone franc. Personne ne peut prédire avec certitude une situation qui ne s’est pas produite. Donc évitons de masquer les insuffisances de nos politiques économiques avec des hypothèses théoriques. La stabilité de notre monnaie a certes maintenu le taux d’inflation à des niveaux appréciables mais comme a su bien le dire un de mes compatriotes, la croissance a besoin d’un minimum d’inflation. De plus un taux d’inflation bas, tant il est chercher doit sécuriser et inciter les investisseurs étrangers. Je doute fors bien que les investissements étrangers directs sont sur une pente ascendante dans la zone franc. Le FCFA est certes apprécié dans la sphère monétaire du fait de sa stabilité (qui est à mettre au crédit de l’arrimage), relativement à d’autres monnaies voisines telles que le Naira, le cedi, le shilling ougandais etc.. Mais à quoi a servi cette stabilité du FCFA par rapport à la problématique du développement ? Je concède avec beaucoup d’autres intervenants que la naïveté et la gourmandise de nos dirigeants actuels ne sont pas des qualités requises pour que nous-mêmes gardions nos avoirs extérieurs mais si après 40 ans d’indépendance, nous ne sommes pas toujours prêts à le faire, nous faudra t-il une transition de combien d’année ?. L’apprentissage de la gestion d’une monnaie ressemble fort bien au processus de marche d’un enfant. Il tombera plusieurs fois au cours de son apprentissage mais l’essentiel est qu’il finira par marcher tout seul. Voila ce que j’en pense et je voudrais réfuter de la manière la plus catégorique la thèse de certains intervenants selon laquelle la France voulait se débarrasser de cette charge de sauvegarde et de contrôle de nos avoirs extérieurs à hauteur de 50%. C’est faux et archi faux. C’est une fausse intimidation pour montrer qu’elle n’a rien à gagner dans ce busines. De Gaule a si bien dit « LA France n’a pas d’amis. Elle n’a que d’intérêts ». Oui, la France a bel et bien des intérêts directs et indirects dans la gestion des avoirs extérieurs de nos états.

Je me propose de vous faire parvenir les jours suivants les multiples gains de la France par rapport à ce business. D’ailleurs l’opposant Abdoulaye wade disait en son temps que les intérêts des avoirs extérieurs des pays de la zone Franc pour la France suffisent chaque année à créer une nouvelle ville en France. Mais le Président Wade se tait depuis son accession au Pouvoir. C’est dire la délicatesse du sujet.

La liberté n’a pas de prix dit-on souvent chez nous donc il  « vaut mieux être pauvre et libre qu’être riche et esclave ». La monnaie est notre clé de souveraineté et d’indépendance et des lors qu’une partie est confiée à un tiers, disons nous simplement que c’est notre liberté qui est compromise. Rappelez vous que le 11 janvier 1994, la décision de la dévaluation du Fcfa est tombée sur la tête de la plupart de nos chefs d’Etat. Il n’y a que qu’une minorité de chefs d’Etats (Diouf, Houphouet, Bongo) qui étaient informé de la mesure violente qui allait être prise. Tout cela est ridicule et ridiculisant. Changer la fixité de sa monnaie ne peut venir exclusivement d’un tiers, fut il le plus intelligent du Monde.

En continuant à confier nos avoirs au Trésor Français, nous proclamons haut que nous sommes des gamins et il en sera ainsi dans nos traitements par le monde extérieur.



Bien à vous tous

Commentaires

solution du tchad est dans le iman (foi )

Ecrit par : sah bess | 25.03.2009

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