31.03.2009
VISITE EN FLASH DE SARKOZY EN AFRIQUE
DES VOLTEFACES ET UNE PESANTE ABSENCE DE GUENOT
San Finna N°508 du 30 Mars au 05 Avril 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
http://www.sanfinna.com/UMP.htm
Pour qu’il agisse sinon comme un premier Ministre bis ou l’aboyeur officiel, en tout cas comme le maître Porte-parole de Nicolas Sarkozy, il faut qu’Henri Guénot, puisque c’est de lui qu’il s’agit, soit un homme de valeur pour le président français. Et peut-être effectivement, s’agissant de la mise en œuvre des réformes au plan interne, de la gestion de la crise internationale, a-t-il été de bon conseil pour le premier des Français mais on a lieu de penser que pour ce qui concerne la politique africaine de la France, il aura été de mauvaise inspiration pour Nicolas Sarkozy. Et cela se ressent près d’un an après son élection dans la tournée-éclair dont une partie de l’Afrique vient d’être gratifiée par son partenaire français.
Sur plusieurs points, on a effectivement le sentiment qu’il aura amené le président français à se dire et à se dédire, à s’empêtrer dans des affirmations et contre-affirmations qui laissent des traces, s’agissant d’une si haute personnalité.
DITS ET DEDITS SUR LE DISCOURS DE DAKAR
Il s’agit tout d’abord du Discours de Dakar dont Guénot revendique, soit par souci d’innocenter son patron, soit par entêtement orgueilleux, comme étant de son crû. Ce discours restera indélébile comme une tâche dans les relations de Nicolas Sarkozy avec le continent. La levée de boucliers qu’il a suscitée, les accusations de racisme portées même par des personnalités françaises de renom sans les vives réactions qu’on aurait pu attendre de l’Elysée, montrent la mauvaise conscience qui a tardivement fait suite à son prononcé à Dakar. La tentative de rattrapage au Cap participe aussi de ce désir profond d’exorciser l’Afrique de ses mauvais démons de l’Université Cheik Anta Diop.
Au Congo, en cette fin mars, on a une fois de plus senti -notamment pendant le discours prononcé par l’illustre hôte devant l’Assemblée nationale congolaise- qu’on restait dans le désenvoûtement. Et c’est en cela que l’on peut parler du mal que Guénot a fait en mettant dans la bouche de Nicolas Sarkozy ces propos de Dakar. Il n’a pas été de la sortie mais sa présence était pesante.
DITS ET DEDITS SUR LE PARTAGE DES PAYS DES GRANDS LACS
Cette présence, on la sentait aussi paradoxalement dans les tentatives désespérées du numéro un français de mettre balle à terre par rapport à son propos sur le partage des richesses aux pays des grands lacs. Si comme on le dit, il tient cette idée de Guénot, il aura là aussi été mal conseillé d’employer un mot avec une charge émotionnelle si forte puisqu’il rappelle Berlin, un mot qui foule aux pieds, la dignité de la RDC en même temps qu’il méconnaît les principes sacrés de l’intangibilité des frontières qui fonde l’Union africaine. La réaction ne s’est pas faite attendre en RDC mais également au-delà puisque l’idée, si elle était jamais acceptée, aurait eu des répercussions graves dans nombre de parties du continent. Sarkozy a ferraillé devant le Sénat et l’Assemblée nationale réunis en congrès pour ravaler tout ce qu’il avait dit. Ca ne fait pas bonne impression. Et la bouderie des Kinois pendant la visite de ce président qui veut partager leur pays comme au plus fort de la colonisation, aura été frappante.
DITS ET DEDITS SUR LA POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE
Sur un autre plan, il s’est livré parce qu’il a été conseillé par Guénot, à un exercice de dits et dédits. Il s’agit là de sa politique africaine de la France. Il ne peut pas tout rejeter de ce que son conseiller lui suggère par rapport à l’Afrique. En tout cas, par rapport à ce point particulier, s’il est venu exprimer des renoncements sur le continent, c’est cette fois-ci par rapport à son Discours de Cotonou. Il y était venu affirmer haut et fort, avant même la campagne de la présidentielle, qu’il allait rompre avec la politique africaine de la France, avec les passe-droits, les relations opaques avec les présidents, avec ce que Rama Yade appelait « l’Afrique de Papa ». Oui, il avait dit à Cotonou, ceci : « Seule la démocratie peut créer les conditions de la stabilité en profondeur... La démocratie, vous et nous le savons bien, car nous le vivons, cela ne se résume pas à des élections. On ne peut s’arrêter à ce premier pas, sinon la démocratie reste de façade. Il faut aller plus loin : faire vivre la démocratie, c'est bâtir un état de droit, où l'administration est neutre, les circuits financiers transparents, où la presse est à la fois responsable et indépendante, où l'autorité judiciaire est libre de travailler sans influence extérieure ». Et Nicolas Sarkozy avait dit bien plus encore : «… cette relation doit être plus transparente. Il nous faut la débarrasser des réseaux d'un autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autre mandat que celui qu'ils s'inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés ». Eh bien lors de ce périple de mars 2009, il prendra l’un dans l’autre le contrepied de son discours puisqu’après avoir directement ou par le canal de ses seconds, dilué cette promesse de rupture pour la remplacer par un retour aux liens privilégiés avec les chefs d’Etat, il a dans le choix des Etats visités, mis l’accent sur ce que la France pouvait tirer comme intérêts, de ses relations personnelles en Afrique. Et là, l’amitié avec les hommes forts du continent est absolument incontournable et interdit d’avoir ces mots qui les fâchent.
C’est vrai qu’à l’Assemblée nationale du Congo (où devait encore flotter dans l’air, l’affaire des disparus du « Beach »), il a parlé de liberté, de démocratie. Il a nommé de propos délibéré l’épouse d’Alpha Oumar Konaré, Mme Adame Ba Konaré, elle qui justement lui a adressé un ouvrage à la suite de son Discours de Dakar pour rappeler que l’Afrique n’était pas un continent insuffisamment rentré dans l’Histoire mais là, c’était beaucoup plus en signe d’humble repentance pour son célèbre discours que pour confirmer son propos de Cotonou.
Nicolas Sarkozy a fait son petit tour en Afrique malgré les critiques des ONG qui estimaient qu’il n’y allait que pour des raisons commerciales et en choisissant des pays dont les dirigeants étaient corrompus. Et puis, il s’en est reparti. Il laisse le sentiment d’avoir tout de même amené Guénot dans ses bagages, d’être venu exprimer le pardon pour faire bonne mesure afin de repartir les valises pleines de contrats. On ne pourra pas dire ici qu’il n’a pas tenté d’aller chercher, avec les dents, les moyens de renouer un peu la France avec la croissance mais à quel prix pour le continent !
VT
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27.03.2009
Révélation des F.P.I.R sur la disparition de l’opposant IBNI OUMAR MAHAMAT SALEH

Avec consternation, les forces politiques et combattantes de notre mouvement tiennent par la présente, éclairer l’opinion tchadienne et internationale sur la disparition du nationaliste, IBNI OUMAR MAHAMAT SALEH. Par souci de vérité et de justice, les F.P.I.R voudraient partager ces informations qui lui ont été révélées par un officier de haut rang rallié au mouvement. Il convient de préciser que cet officier a vécu de bout en bout, les scénarios qui ont conduit à cet assassinat. Voici les faits qui ressortent de son témoignage :
1. L’illustre témoin confirme les récits de Yorongar lié au premier jour de leur arrestation. Dans la même nuit, IBNI a été conduit à la présidence de la République par le général Haroun Tirgo. Là, il a été soumis à un interrogatoire en présence de l’actuel secrétaire d’Etat aux affaires étrangères DJIDA Moussa Outman, des généraux ADOUM Guélimine Gabgalia (à l’époque directeur du protocole d’Etat), Abdérahim Bahar Itno (actuel chef d’Etat major générale des armées) et du conseiller chargé de mission Barka.
2. Le 06 février 2008, IBNI est tombé malade et a été transporté d’urgence du lieu de détention de Farcha à la clinique providence, où il a été traité pendant 05 jours par le docteur DJAIBE, alors conseiller à la santé de Deby.
3. A sa sortie de la clinique le 11 à 13 heures, il a été conduit à la grande mosquée de Ndjamena où il a eu un long entretien avec l’IMAM de ladite mosquée. Rien à filtrer de cet entretien. Mais le témoin affirme que selon certaines indiscrétions, il était question pour l’imam d’obtenir d’Ibni un serment. Ce serment consistera à jurer sur le coran en promettant ne plus se mettre aux cotés des sudistes contre Deby, condition sine qua none à sa libération. Condition qu’il aurait catégoriquement refusé.
4. Dans la soirée de la même journée (18heures), il a été confié à ses proches, parmi lesquels AHMAT Mahamat Bachir (actuel ministre de l’intérieur) et Youssouf Saleh Abbas (actuel premier ministre). Le témoin suppose que c’était pour la même médiation. L’entretien avec ce groupe a eu lieu au domicile de Djimrangar Dadnadji (actuel directeur de cabinet civil de Deby) à Nguéli. Ensuite, il a été conduit à l’ambassade de la Libye où il a passé la nuit. Au cours de cette nuit, un camp favorable à sa libération s’est dégagé. Ce camp constitué essentiellement des proches de Deby, avait à sa tête, le ministre de l’élevage Mahamat Ali Abdallah Nassour. Ce dernier a cherché le lieu de détention d’Ibni durant toute la nuit. Mais sur ferme instruction de Deby, personne n’a pu lui dire.
5. Au lendemain (le 12) à 5 heures 30, il a été conduit à Loumia au camp militaire. A 22 heures de la même journée, Deby en compagnie des généraux Adoum Guélimine Gabgalia, Haroun Tirgo, Abdérahim Bahar Itno, le colonel Benando Tatola (actuel directeur de cabinet militaire) et Mahamat Khamis Chaïbo (cadre de l’ANS), sont venus le soumettre à un dernier interrogatoire qui s’est déroulé en présence du témoin. Le témoin retient ces dernières phrases d’Ibni : « je sais que tu n’es pas Tchadien de souche, les preuves sont là. D’ailleurs ta manière de gérer le pays le prouve. Tu ne peux pas me faire changer de conviction. Si tu me trouves gênant, la seule solution qui peut t’arranger, c’est de me tuer. Et vous les sudistes qui êtes à ses côtés, vous regretterez votre participation à mon assassinat ; Deby ne vous aiment pas, il ne vous aimera jamais. Il se sert de votre savoir faire et je puis vous dire qu’il me l’a dit à plusieurs reprises. C’est là mon point de discorde avec lui. Donc c’est à cause de vous que je laisse aujourd’hui les Tchadiens orphelins ». Attaché à la manière « arbatachar » (mode de torture de la DDS de Hissein Habre), Deby l’a torturé de ses propres mains. Il a été soumis à toutes sortes de traitements inhumains. C’est à 2heures du matin du 13 février qu’il rendra l’âme.
6. Une heure plus tard (3heures), Mahamat Ali Abdallah Nassour en compagnie de ses gardes du corps et de l’Imam de la grande mosquée, arrivent sur les lieux. Alors que Deby et sa suite ont quitté 30 minutes auparavant pour N’Ndjamena. Abdallah demande aux musulmans présents de prier pour lui et de prendre des dispositions pour l’enterrer dans la plus grande discrétion à Lamadji. Non ! rétorque l’imam, « ce n’est pas un musulman de cœur, il faut même l’enterrer à Ngonmba avec les Kirdis ». C’est ce qui fut fait le même jour à 23 heures, dans une tombe creusée aux frais du général Adoum Guélimine Gabgalia avec l’appui physique de ses proches d’ethnie Gabri.
Le témoin promet montrer aux Tchadiens, la tombe d’Ibni dès les premières minutes qui vont suivre le départ de Deby. Il met au défi tous ceux qui sont capables de produire la moindre version contradictoire des faits qu’il révèle.
Pour leur part, les Forces Progressistes pour l’Indépendance et le Renaissance, condamnent l’attitude complice de la France et de toute la Communauté Internationale, ainsi que de celle des partis politiques membres de la C.P.D.C entrés au gouvernement. Elles demandent aux organisations de défense des droits de l’homme d’user de tous les moyens pour que justice soit faite. Par ailleurs, elles se disent disposés à apporter les preuves par tous les moyens susceptibles d’établir davantage la culpabilité du président IDRISS DEBY ITNO et sa suite.
Fait à Douala le 24 mars 2009
Le coordonnateur national des FPIR
Abba Moussa Toldé
Le Directoire Politique Nationale
Le Coordonnateur national
ABBA MOUSSA Toldé
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08.03.2009
Une monnaie est un instrument de politique économique
Par S. Tabo
Je voudrais d’abord parler en tant qu’économiste. Une monnaie est un instrument de politique économique. A ce titre, elle doit aider à booster la croissance économique et au delà le bien être des populations. Que voit on dans les pays de la zone franc ? si ce n’est pas l’aggravation de la pauvreté, ce n’est pas non plus le développement social. Les partisans de l’arrimage à l’euro diront certainement que si le FCFA n’était pas arrimé à l’euro, la situation aurait été plus chaotique dans la zone franc. Personne ne peut prédire avec certitude une situation qui ne s’est pas produite. Donc évitons de masquer les insuffisances de nos politiques économiques avec des hypothèses théoriques. La stabilité de notre monnaie a certes maintenu le taux d’inflation à des niveaux appréciables mais comme a su bien le dire un de mes compatriotes, la croissance a besoin d’un minimum d’inflation. De plus un taux d’inflation bas, tant il est chercher doit sécuriser et inciter les investisseurs étrangers. Je doute fors bien que les investissements étrangers directs sont sur une pente ascendante dans la zone franc. Le FCFA est certes apprécié dans la sphère monétaire du fait de sa stabilité (qui est à mettre au crédit de l’arrimage), relativement à d’autres monnaies voisines telles que le Naira, le cedi, le shilling ougandais etc.. Mais à quoi a servi cette stabilité du FCFA par rapport à la problématique du développement ? Je concède avec beaucoup d’autres intervenants que la naïveté et la gourmandise de nos dirigeants actuels ne sont pas des qualités requises pour que nous-mêmes gardions nos avoirs extérieurs mais si après 40 ans d’indépendance, nous ne sommes pas toujours prêts à le faire, nous faudra t-il une transition de combien d’année ?. L’apprentissage de la gestion d’une monnaie ressemble fort bien au processus de marche d’un enfant. Il tombera plusieurs fois au cours de son apprentissage mais l’essentiel est qu’il finira par marcher tout seul. Voila ce que j’en pense et je voudrais réfuter de la manière la plus catégorique la thèse de certains intervenants selon laquelle la France voulait se débarrasser de cette charge de sauvegarde et de contrôle de nos avoirs extérieurs à hauteur de 50%. C’est faux et archi faux. C’est une fausse intimidation pour montrer qu’elle n’a rien à gagner dans ce busines. De Gaule a si bien dit « LA France n’a pas d’amis. Elle n’a que d’intérêts ». Oui, la France a bel et bien des intérêts directs et indirects dans la gestion des avoirs extérieurs de nos états.
Je me propose de vous faire parvenir les jours suivants les multiples gains de la France par rapport à ce business. D’ailleurs l’opposant Abdoulaye wade disait en son temps que les intérêts des avoirs extérieurs des pays de la zone Franc pour la France suffisent chaque année à créer une nouvelle ville en France. Mais le Président Wade se tait depuis son accession au Pouvoir. C’est dire la délicatesse du sujet.
La liberté n’a pas de prix dit-on souvent chez nous donc il « vaut mieux être pauvre et libre qu’être riche et esclave ». La monnaie est notre clé de souveraineté et d’indépendance et des lors qu’une partie est confiée à un tiers, disons nous simplement que c’est notre liberté qui est compromise. Rappelez vous que le 11 janvier 1994, la décision de la dévaluation du Fcfa est tombée sur la tête de la plupart de nos chefs d’Etat. Il n’y a que qu’une minorité de chefs d’Etats (Diouf, Houphouet, Bongo) qui étaient informé de la mesure violente qui allait être prise. Tout cela est ridicule et ridiculisant. Changer la fixité de sa monnaie ne peut venir exclusivement d’un tiers, fut il le plus intelligent du Monde.
En continuant à confier nos avoirs au Trésor Français, nous proclamons haut que nous sommes des gamins et il en sera ainsi dans nos traitements par le monde extérieur.
Bien à vous tous
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06.03.2009
Franc CFA :Savoir garder Raison !
Secundo: par le jeu du mécanisme de l'émission monétaire, toute cette somme "déposée" auprès du Trésor Public français est disponible pour nos trésors publics respectifs (chacun suivant la clé de répartition uitilisée par la BEAC, conformément à ses statuts). Ceux-ci peuvent tirer sur leurs montants disponibles à tout moment en fonction de leurs besoins. Ils ne s'en privent d'ailleurs pas...
15:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.03.2009
La Plus Grande Arnaque du Trésor Public Français
Un ami expert financier qui vit aux États-Unis, Camerounais de souche, George BEDIONG A NYOKON, n'a pu se retenir après la révélation faite par Mutations dans son édition du mercredi 18 février 2008 dernier et dans laquelle, sur la base d'un rapport de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC), il est indiqué que : "au 31 Décembre 2008, les six États de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) disposaient d'une somme totale de 7482 milliards de F cfa au sein de la Banque des États d'Afrique Centrale (BEAC)."
Son irritation se décuple quand il est fait mention de ce que 55% de ce pactole est à la disposition du Trésor Français.
Il retrouve tout de même sa lucidité pour expliquer en Français facile l'entourloupe qui a cours pour les pays de la zone Cfa depuis 1943. "C'est comme aller garder son épargne - réserves financières - chez son voisin. En d'autres termes, après avoir travaillé pendant une saison et consommé ce que tu peux, au lieu de garder ton excédent dans ton grenier pour y avoir accès et le contrôle lors des temps difficiles, tu préfères aller garder ton épargne dans le grenier du voisin. La saison d'après, le même processus se reproduit; ainsi de suite. Pendant que tu continues à travailler dur pour consommer, ton voisin utilise cette épargne pour investir, et mener une vie de pacha. Génération après génération, l'écart et le fossé d'enrichissement s'agrandissent. Tes enfants deviennent de plus en plus pauvres, pendant que les enfants de ton voisin s'enrichissent.
Résultat des courses, "tout l'argent, que ce soit en forme des revenus d'export, ou d'aide internationale, octroyée au nom du pays en question, tout est porté au sortir des pays utilisant le Cfa pour être gardé en France, au Trésor Français." La conséquence de cette servitude entretenue depuis belle lurette est que la France est considérée comme une puissance avec le fruit du labeur des millions d'Africains qui croupissent dans la misère du fait de gouvernants, émanation de la France, et qui n'envisagent aucunement leur émancipation de ce tutorat dévastateur pour leurs compatriotes afin de prendre date avec l'histoire. Donc, comme l'indique BABISSAKANA dans cette édition, "l'argent déposé par la BEAC est un financement cadeau qui est toujours là pour permettre à la France de faire face à ses dépenses".
Pendant ce temps, elle doit feindre de se montrer magnanime avec des pays qui lui tendent la sébile et se voit donc rétrocéder sous forme d'aide ou prêt un argent qui est le leur en réalité.
Sans abandonner la piste de la réparation du préjudice subi depuis des décennies par les États des zones CEMAC et UEMOA que suggère BEDIONG a NYOKON, l'urgence pour les pays Africains asservis par la France depuis l'époque coloniale est d’arrêter la saignée en dénonçant ces accords scélérats et en reprenant leur souveraineté monétaire.
Avec des pratiques comme celle qui est décriée ici et qui ne trouve pas beaucoup d'experts pour en défendre son bien fondé pour le développement des Etats logés à l'enseigne pays pauvres très endettés, le préalable est de couper ce cordon ombilical qui rattache la zone Cfa à l'Euro.
Un développement est-il possible pour tous ces pays sans une politique monétaire autonome ?
Pas besoin d'être un disciple de Keynes ou tout autre maître de la pensée économique pour répondre par la négative.
Une observation simple permet de se rendre compte de ce que les pays comme ceux désignés par le générique "Dragons d'Asie", dont certains avaient le même niveau de développement que le Cameroun en 1960, sans justifier du même potentiel énergétique, présentent aujourd'hui une situation économique enviable, sont regardés comme modèles par leurs égaux d'hier qui leur quémandent désormais la fameuse aide publique au développement.
Quel paradoxe ! Corée du Sud, Indonésie, Thaïlande… n'ont pas eu besoin d'un arrimage à une monnaie de référence pour être où ils sont aujourd'hui. Idem pour les puissances émergentes que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil.
La création d'une monnaie n'est pas une panacée et n'est pas le seul facteur qui retarde le décollage économique du Cameroun. On aura toujours beau jeu d'évoquer le Zaïre de Mobutu et ses poussées inflationnistes. Mais cette monnaie propre constitue un préalable auquel il faudra annexer une vision, des compétences, la transparence et le sens de l'intérêt général.
Forum_AJV
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