19.08.2008
CONDAMNATION A MORT DE HABRE AU TCHAD : / « C’est injuste… », selon Reed Brody
Sud Quotidien - SENEGAL http://www.sudonline.sn/spip.php?article13275
mardi, 19 août 2008 / El Hadji Gorgui Wade NDOYE / Directeur de publication du magazine Continentpremier.com
Dans cet entretien exclusif, l’Américain Reed Brody « Le Chasseur de dictateur » et Conseiller juridique de Human Rights Watch (HRW) à Bruxelles affirme que la condamnation à mort et par contumace du Président Habré est « injuste » car la peine de mort-même si elle existe aux Etats-Unis - est « cruelle et inhumaine ». Par ailleurs celui qui a décliné un poste aux Nations-Unies pour poursuivre son combat aux côtés des victimes déclarées de Habré clarifie à la suite de la sortie de M. Madické Niang, ministre sénégalais de la justice que « Habré est poursuivi au Sénégal pour crime contre l’Humanité. ». Ce ne sont donc pas pour les mêmes faits selon M. Brody. En attendant une clarification du côté tchadien, il s’avère donc clair que Habré ne pourra pas échapper à son procès tant attendu par la Communauté internationale qui avait demandé par le biais du Comité contre la torture des Nations-Unies, que Habré soit jugé. Notre pays devrait ainsi encore garder M. Habré.
M. Brody, la justice Tchadienne a condamné à mort et par contumace Hissène Habré. Est-ce pour les mêmes faits et comment jugez-vous cette sentence ?
« D’après les médias, cette condamnation vise des accusations que Hissène Habré se serait impliqué aux côtés des mouvements rebelles qui, en février 2008, ont attaqué Ndjaména. Ce ne sont pas donc les mêmes faits pour lesquels Hissène Habré est poursuivi au Sénégal - à savoir des crimes contre l’humanité et d´autres atrocités commis lors de son règne au Tchad (1982-1990). »
Avec ce jugement, les plaignants soutenus par HRW seront-ils indemnisés ?
« Pas du tout ».
Les tribunaux tchadiens s’étaient déclarés incompétents pour connaître de l’affaire Habré, comment comprenez-vous ce revirement ?
« Non, le Tchad n’a jamais cherché à juger Hissène Habré pour les crimes de son régime. »
Etes-vous contents de ce jugement ?
« Nous cherchons le jugement équitable de Hissène Habré et nous considérons aussi que la peine de mort est cruelle et inhumaine. La condamnation de Hissène Habré, à l’issue d’un procès dans lequel il n’a pas été présent ni représenté par un avocat semble ne pas respecter les normes d’un procès équitable dont le droit à la défense. Sa condamnation à mort dans ces circonstances est donc d’autant plus injuste. »
Pensez-vous que Habré pourra ensuite être jugé ailleurs pour bénéficier d’un procès équitable ?
« Cette condamnation pour rébellion ne peut avoir aucune incidence sur les obligations du Sénégal de poursuivre Hissène Habré conformément à ses engagements internationaux et le mandat de l’Union africaine. »
Quelles leçons tirez-vous de cette Affaire Habré ?
« L’affaire Hissène Habré est un test pour la justice africaine. Si l’Afrique veut se défaire de sa dépendance judiciaire à l’égard de la communauté internationale, il faut qu’elle montre qu’elle peut juger elle-même ses propres crimes. »
Propos recueillis par El Hadji Gorgui Wade Ndoye, directeur de ContinentPremier.Com
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14.08.2008
M. BABA TANDIAN SUR LES VRAIES RAISONS DU MÉCONTEMENT DES MILITAIRES EN MAURITANIE : « La Première Dame et les Islamistes avaient usurpé le pouvoir »
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Le Matin : Comme on le sait tous, il y a une situation qui vient de se passer en Mauritanie. Il s'agit d'un coup de force. Pour vous qui connaissez très bien ce pays quelles sont les raisons profondes qui ont poussé les militaires à arrêter le processus démocratique ? M. Baba Tiandian : Il faut commencer par le commencement. Je pense que beaucoup d’erreurs ont été commises part Sidi Ould Cheikh Abdallahi et de son entourage. D’abord pour avoir remis le pays entre les mains de Zein Ould Zeydane qui était son Premier ministre qui est arrivé en troisième position lors des dernières élections. Etant un économiste, ancien Directeur général de la banque centrale, Sidi avait imaginé s’appuyer sur lui en lui donnant carte blanche intégralement pour conduire la politique économique du pays mais il s’est avéré qu’il a laissé trop faire. Zein Ould Zeydan n’a pas su redresser la barre et la crise s’est accentuée. Les populations ont constaté qu’il y a de sérieux problèmes mais Sidi n’avait pas réagi. Entre temps le Premier ministre a été remercié tout de même? Oui, mais les populations ne voyaient pas Sidi réagir. Ce qui fait qu’il y a eu des situations de blocage avec les députés qui ont fait un forcing pour démettre le gouvernement. Ça c’est un autre aspect politico-économique mais il y a un sérieux problème sans lequel il n’y aurait jamais eu de coup d’Etat. Je le dis et je le répète. Jusqu’à avant-hier soir (Ndlr : mardi), le coup d’Etat n’était prévu nulle part. Le coup d’Etat a été provoqué par l’épouse de Sidi. Il n’était pas prémédité. Je peux même dire que tout s’est passé entre deux ou trois discussions. Selon les propos recueillis la femme du président avait menacé Aziz de le démettre de son poste. Il s’est avéré que Sidi en prenant une décision malencontreuse de débarquer des quatre officiers supérieurs, a sans le savoir, provoqué un coup d’Etat. On ne peut pas débarquer les quatre chefs d’Etat major d’un seul coup sur des instructions des islamistes et des communistes. Ils étaient tous dans le bureau de Sidi avant-hier jusqu’à deux heures du matin (Ndlr : mardi). Ils ont fait faire à Sidi cette bêtise regrettable donc je dirais qu’ils sont responsables et cela est dû, il faut le reconnaître, à la faiblesse de Sidi et en faisant un décret pour dégommer les quatre chefs d’Etat major. Et ce, en nommant des personnes qui n’étaient pas présentes à Nouakchott, dont Boubacar et Ismaël qui étaient respectivement pressentis pour remplacer Aziz et Gazouyanie. D'ailleurs, je rappelle aussi que le Chef d’Etat major n’était pas présent à Nouakchott. C’est pour vous dire que le coup d’Etat n’était pas prémédité, puisque le chef d’Etat major en personne qui est le deuxième homme fort du régime militaire n’était même pas sur place. Donc, c’est à la suite de ce décret qui a été lu à la radio que Aziz s’est pointé pour demander des explications. Et en lieu et place ils ont ramassé des insultes. L’épouse de chef de l’Etat répond par des insultes, par des menaces et c’est là que où les choses ont dégénéré pour des militaires qui ont osé à l’époque s’attaquer au tout-puissant Ould Taya qui était considéré comme un demi-Dieu à Nouakchott même. C’est tout de même insolite. Et quelqu’un a eu l’audace d’aller fomenter un coup d’Etat contre cet individu-là. Et, au lieu de s’en emparer, il le remet à Eli Ould Vall, le gradé le plus ancien. Aziz est un homme de l’ombre, un militaire pur et dur. Il était certainement à l’époque épris de justice pour que le processus démocratique puisse avancer puisqu’ils étaient en face d’un mur. Car c’étaient des élections truquées à répétition pour le régime de Taya. Est ce que vous pouvez revenir sur les rapports heurtés entre la première dame et Aziz ? Ces rapports heurtés ont commencé depuis le début où malheureusement tout le monde a compris que c’est la femme qui décidait au niveau de la Présidence.Et elle ne décide même pas dans la discrétion, mais au vu et au su de tout le monde. Elle n’y met pas les formes. Elle dit que c’est elle qui était élue, que c’est elle le Président, que Sidi n’est qu’une ombre. C’est elle qui créait le gouvernement en réalité. J’ai même écho du fait qu’elle posait des questions sur telle ou telle personne pour éventuellement des nominations à des postes. Elle était son propre conseiller. Donc cette dame s’immisçait dans tout. En moins d’un an, elle s’est fait une réputation extraordinaire. Nulle part dans le monde, on a vu la femme d’un chef d’Etat aussi impopulaire. Cette femme-là a conduit son mari à sa perte. A Sidi, on ne peut rien reprocher. C’est vrai qu'il a échoué économiquement, mais il avait la possibilité de redresser la barre. Mais malheureusement, le comportement de son épouse et la mauvaise maîtrise de Sidi et de l’espace familial a fait que les gens voyaient un peu les dérives qui se profilaient à l’horizon. Sa femme était au centre, sa fille à droite. Il ne faut pas oublier que cette dernière était pratiquement le numéro deux de la Présidence. Elle faisait office de Directeur de cabinet. C’est elle qui a le calendrier du président. Le Directeur de cabinet était un fantôme. C’est elle qui décidait qui devait rencontrer le président. Et cela se faisait avec des dérapages qui ont conduit à la situation que l’on sait. Il y a eu des déceptions de la part de certains parce que Sidi a été quand même un ancien ministre. On ne pouvait pas comprendre ce manque de maîtrise caractériel des affaires de l’Etat. Pour revenir sur les rapports entre l’épouse du président et Aziz, il faut dire que depuis le début, celle-ci a imprimé un rythme à la présidence que les militaires ne connaissaient pas. C’est-à-dire les visites inopinées, non maîtrisées, non répertoriées, les gens qui venaient à la porte et qui appelaient avec leur portable; bref, on donnait des instructions pour les laisser rentrer. Et ceci a posé d’énormes problèmes à Aziz qui était censé assurer la sécurité du palais présidentiel. Il a posé ce problème à plusieurs reprises, mais la dame n’en a cure jusqu’au jour où il y a contrairement sur le débat télévisé quand mon ami Sid Lamine Niasse (Ndlr : Président du groupe de Walfadjiri) disait que les militaires étaient tellement hautains qu’ils empêchaient même le fils de Sidi de rentrer dans le Palais. Mais en réalité, ce n’était pas le fils de Sidi. C’était un homosexuel qui venait très souvent à la Présidence et qui téléphonait depuis la porte. Des instructions étaient données pour le laisser entrer. Et ça, Aziz ne l’appréciait pas. Encore que cet homosexuel fût très connu à Nouakchott. Quand Aziz avait demandé qu’aucune porte ne lui fût désormais plus ouverte, l’épouse du président en a fait un conseiller. C’est ça la réalité. Je pense que Sidi et son épouse devaient de la reconnaissance aux militaires. La preuve, Sidi était à Niamey ; il travaillait pour un projet du fonds Kowetien, il était à la retraite et a été repris par Ali Zein qui est le ministre des Finances du Niger qui lui a confié un petit projet. Et c’est sur cette base que Sidi s’est retrouvé à Nouakchott pour faire une conférence sur l’économie et c’est comme cela que Aziz l’a repéré. Il en a fait un choix d’une possible troisième candidature parce qu'avant son arrivée, il n’y avait que deux candidatures pratiquement potentielles. Celle de Ould Dada et de Zeyne Ould Zeydane. Aziz l’a copté lors de ce congrès et lui a demandé d’être candidat. Et Aziz a mis tout son poids sur la balance pour le faire élire. C’est vrai qu’il a été élu démocratiquement. C’est là où il faut quand même dire la réalité des choses. Je pense qu’à la suite de l’élection de Sidi en tant que Président de la république, il doit protection totale à ces généraux qui ont fomenté ce coup d’Etat et qui ont proposé sa candidature dans un système démocratique quand on sait qu’au sein de l’armée, il y avait toujours des royalistes qui étaient les partisans de Ould Taya. D’ailleurs, il a dit il y a une semaine à la chaîne Al Jazira qu’il félicitait le Général Aziz qui a été beaucoup pour son élection au niveau de la magistrature suprême. Un président ne peut pas dire ça une semaine et un jour après tomber sur un coup d’Etat. Donc c’est pourquoi je disais que le coup d’Etat n’était pas prévu du tout. Le comportement de la dame avec Aziz a pourri l’atmosphère au niveau de la Présidence. Pour vous donner une anecdote, son premier différend avec Aziz, c’est quand elle a voulu élever des moutons au niveau du Palais. Et ça, Aziz ne l'a pas apprécié. Il était hostile. Elle a insisté. Et pire encore, elle a demandé un montant de 200.000 Ouguiyas (400.000 Fcfa) pour l’achat de foins, tous les jours. Dix jours après, elle réédite la même chose en amenant des chamelles au niveau de la Présidence. L’autre aspect qui a posé aussi problème au niveau de la sécurité, c’est la mosquée que Sidi a construite à l’intérieur de la Présidence où le monde pouvait venir prier tous les vendredis. D’où le problème de sécurité qui s’était posé. Le Général Aziz se rendant compte que ce n’était pas possible, avait fermé la principale porte allant à la mosquée. Et cela avait envenimé la tension à l’intérieur du Palais présidentiel. C’est là que les islamistes ont commencé à jouer leur partition. Il paraît que la France même n’est pas contente de Sidi, justement pour cette raison ? Oui! Oui! Je l’ai lu quelque part. Quand il y a eu la fermeture de la porte de la mosquée, c’est en ce moment que les islamistes sont entrés en action. Depuis un mois et demi, ils poussaient Sidi à démettre les Généraux. Ils lui faisaient comprendre qu’il était élu démocratiquement et que les généraux de l’armée ne pouvaient rien contre lui. Or, Sidi avait pris des engagements avec les Généraux en quelque sorte dans la mesure où ce sont eux qui avaient fait le coup d’Etat du mois d’août 2005. Ils devaient être protégés et respectés. Il avait commencé à le faire. Ce qui est bien, en les nommant d’abord Généraux. Cela prouvait quelque part qu’il voulait récompenser ces gens-là. Au lieu de cela, ils ont eu droit à des menaces de l’épouse de Sidi leur faisant comprendre qu’ils seront dégradés, renvoyés dans les petites garnisons. Il y a eu aussi d’énormes problèmes de sécurité à Nouakchott. Vols, viols et assassinats de populations ont rythmé le quotidien des habitants, le tout sur fond d’attaques terroristes. D’ailleurs l’Emir du Qatar en visite à Nouakchott a dû quitter rapidement le pays, pris qu’il était entre deux feux, celui de la police, et celui des islamistes. Pour parler des perspectives de la démocratie en Mauritanie, pensez-vous que le nouvel homme fort serait prêt à rendre le pouvoir ? Ce dont je suis persuadé et je le crois, c’est que Aziz n’est pas très intéressé par le pouvoir. Je pense qu’à un moment donné, le pays était face à un mur. Et avec Taya, il a fait sauter ce mur. Et ils ont accepté entre eux de ne pas être candidats. Et c’est lui qui a fait le coup d’Etat et a remis les commandes à Ould Vall. De mémoire, quand on fait un coup d’Etat, c’est pour garder le pouvoir. Je n’ai jamais vu nulle part quelqu’un faire un coup d’Etat et confier le pouvoir à un tiers. Le pouvoir ne l’intéresse pas. Parce que je connais la personne, je connais l’homme. Et je pense qu’il faut une stabilité en Mauritanie. Mais malheureusement, cette stabilité, les Mauritaniens pensaient l’avoir retrouvée en Sidi. Mais ils ne l’ont pas eue. Ils auraient pu l’avoir en lui s’il y n’avait pas les agissements de son épouse. Il était quand même un monsieur respectable. Il avait le profil d’un président de la République. Il avait un certain âge. Il était à la limite un religieux qui n’était pas trop versé dans des choses mondaines. Malheureusement, il a une jeune dame qui ne voyait pas les choses de la même manière. Certains craignent également pour le retour des réfugiés que les choses ne soient un peu bloquées. Vous ne craignez pas qu’il y a là un problème d’insécurité qui risque de s’installer en Mauritanie ? Je ne le crois pas parce que je sais que pour le problème des réfugiés, Aziz n’était pas hostile. Je crois que le processus du retour des réfugiés va se poursuivre. Mais il faut dire que ce qu’on n’a vu jusqu’à présent, même sous l’ère de Sidi, ce n’était pas ça. C’est-à-dire qu’on a fait venir des réfugiés, on les a installés derrière le fleuve à Rosso, avec des tentes en plastique dénuées de tout. En définitive, certains pensent même retourner d’où ils sont venus parce que là où ils sont, n’est pas meilleur d’autant qu’on les a installés dans une zone inondable. Assane SAMB et Boubacar Demba SADIO | |
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12.08.2008
TCHAD: Pluies torrentielles et inondations dans la capitale
Photo: Mbaiorem/UNHCR ![]() |
| Des villageois tentent de tirer d’un oued un véhicule humanitaire submergé, dans l’est du Tchad. Septembre 2007 |
Des maisons effondrées, des rues inondées et de profondes flaques d’eaux stagnantes sont visibles dans l’ensemble de la capitale désertique, située à basse altitude.
Le bilan immédiat des victimes n’a pas été communiqué par le gouvernement.
Selon Ngarmbatina Carmelle Sou IV, le ministre des Affaires sociales et de la Famille, le gouvernement fera son possible pour aider les personnes touchées. « Ce que j’ai vu m’a perturbé », a déclaré le ministre.
« Apporter notre soutien [aux populations] fait partie de notre mandat. Nous devons nous mettre au travail pour offrir une assistance à nos frères et à nos sœurs ».
Amriguebe, une banlieue de N’djamena où, selon les habitants, le système d’évacuation le plus rudimentaire n’a jamais été installé, compte parmi les zones les plus touchées.
« Nous attendons l’aide du gouvernement tchadien. Heureusement, nous avions déjà évacué nos femmes et nos enfants », a déclaré un habitant d’Amriguebe, le 6 août.
Carnekke Sou IV a déjà fait état d’une recrudescence des maladies hydriques et du cholera dans la ville, et a prévenu qu’une augmentation des cas de paludisme était à prévoir.
On ne dispose d’aucune statistique précise sur les conséquences sanitaires de ces pluies, toutefois le personnel de l’hôpital central de N’djamena a indiqué qu’il avait reçu un nombre anormalement élevé de patients, et que les services hospitaliers étaient déjà bondés de patients souffrant de diarrhée grave, de déshydratation et de paludisme.
Le président tchadien Idriss Déby Itno s’est également rendu dans certaines zones inondées de la capitale et s’est engagé à ce que son gouvernement déploie davantage d’efforts pour creuser des canaux d’évacuation.
Le service national de météorologie tchadien a déclaré dans une communication que le Tchad risquait de « graves inondations » cette année. Selon l’agence, le climat et les précipitations observés dans la région sont cycliques.
Des inondations graves ont été observées pour la dernière fois au Tchad en 1988 et 1998.
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10.08.2008
Chronique:Bienvenue chez les Tchadocs
Mahamat Saleh a jeté l'éponge.Un homme d'un certain age, réinstallé au pays après quelques années de pérégrination à décidé malgré une certaine assise sociale de repartir avec toute sa famille ; quittant le beau pays de Deby.La coutume veut que cela soit de jeunes aventuriers en mal de bien être social qui quittent le pays pour aller « se chercher » ailleurs.Ce pays doit être vraiment désespérant pour que quelqu'un dans la force de l'age décide de quitter notre el dorado pétrolier, pays de la liberté démocratique et tenter l'aventure pour mettre ses enfants à l'abri et au moins assurer leur avenir matériel.Nous ne pouvons que lui souhaiter bonne chance et à bientôt. …Dans un sens ou dans l'autre.
La présence sur les lieux de militaires lourdement armés et qui ont été victimes de l'explosion, n'est en rien responsable de l'événement, quoique pourraient en dire les esprits mal intentionnés. Pour ne rien faire comme les autres les pluies tant attendues sont venues et notre plus grand souhait serait de les voir repartir.Tous les vieux quartiers (Ridina Leclercq mardjan daffack) sont sinistrés, désolation et maisons écroulées.Les déguerpis ayant squattés les rares maisons disponibles ce sont les écoles qui servent de refuge en attendant…..Dans mon pays le provisoire à tendance a devenir définitif j'ai peur pour la prochaine rentrée scolaire.
Aucun plan d'action n'est annoncé et si l'on en croit les météorologues du Niamey la saison des pluies risque d'être exceptionnelle dans la sous région.
J'ai commencé à fabriquer une pirogue, le canal, inachevé, qui jouxte mon domicile et qui est censé drainer les eaux excédentaires de la capitale ne risque pas de nous sauver cette année.
SCOOP ! La commission chargée de faire la lumière sur les événements du 02 février a rendu son travail. Il en ressort pour l'essentiel qu'Ibny aurait été enlevé par des éléments de l'armée nationale. Rien ne laisse préjuger de ce qu'il serait advenu de lui.Trois mois de dur labeur pour en arriver a un tel résultat.
Nous espérons que comme le dit le président de la commission, ce ne sont que des pistes qui auraient été ouvertes et que l'on aura une autre commission qui exploitera ce rapport en attendant de le soumettre à une autre juridiction qui sera chargée d'exploiter ces conclusions.
Comment dit on noyer le poisson en termes juridiques ?
Et ainsi va la vie dans notre paradis sahélien ; couleuvres à avaler, danger à tous les coins de rue et catastrophes naturelles bienvenue chez les Tchadock.
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Massalbaye Ténébaye : “ Nous sommes là pour aider la manifestation de la vérité ”
Le 7 août 2008
Thad & Culture 268
http://www.cefod.org/spip.php?article1877
Par décret N°525 du 02 avril 2008, le gouvernement tchadien a mis en place une commission chargée de faire la lumière sur les affrontements de janvier et février 2008 lors qui ont opposé les rebelles aux forces gouvernementales. La société civile y est représentée par deux personnalités. Tchad et Culture a rencontré l’une d’elles, Massalbaye Ténébaye, président de la LDTH et président du comité des enquêtes au sein de la Commission .
Quelles sont les raisons d’être de la commission d’enquête sur les événements de janvier et février 2008 ?
La commission est née des différentes pressions nationales et internationales exercées sur le gouvernement tchadien. Elle tire son origine de l’attaque des rebelles contre N’Djaména vers la fin du mois de janvier, début février 2008. Il y avait eu beaucoup de morts, de blessés, de disparus et d’énormes dégâts économiques. Des personnalités politiques ordinaires et des citoyens sont portés disparus et nous n’avons pas encore leurs traces. L’objectif de cette commission est de faire la lumière sur : la disparition des hommes, politiques ou non, les violations des droits de l’homme et l’état de destruction des biens publics ou privés.
Les Organisations de la Société civile ont d’abord boudé la commission avant de l’intégrer. Quelles sont les raisons de ce revirement ?
Au départ, les Organisations de défense des Droits de l’homme ont boudé la commission d’enquête pour des raisons simples. La première tenait au libellé du décret portant création de la commission. Le décret 324 parlait d’une : « commission d’enquête sur l’agression soudanaise au Tchad ». Une commission d’enquête qui n’a pas établi les faits et dégagé les responsabilités ne peut accuser. Or, ce décret était déjà accusatoire et partisan. Dans ces conditions, la commission n’avait pas sa raison d’être.
Ensuite, au niveau de sa composition, l’Etat Tchadien avait désigné la deuxième personnalité du pays, le président de l’Assemblée, comme président. En même temps, l’Etat qui se présentait comme victime ne peut être juge et partie. Sur le plan éthique, cela n’était pas jouable du tout.
Enfin, on ne voyait pas comment les résultats de cette enquête seront crédibles dès lors que la Société civile, les Organismes internationaux tels le Haut commissariat aux refugiés (HCR), l’Union Européenne, l’Union africaine, les Organisations de défense des droits de l’Homme etc. n’en faisaient pas partie. Et puis, connaissant notre pays, il fallait aussi un regard extérieur. Voila les raisons de notre refus de faire partie de cette commission.
Nous avons réclamé un poste stratégique, la présidence du comité d’enquête. Nous avons également exigé notre présence dans les débats (sur les travaux de la commission et débats politiques) qui vont suivre. N’étant pas présents au sein de la commission, nous ne pouvions valablement discuter avec le président de cette instance. Nous avons obtenu une composition internationale avec la présence de l’Union européenne et de l’Organisation internationale de la francophonie. Nous pouvons donc faire partie de cette commission et travailler en confiance.
Les partenaires que vous citez ne sont que des observateurs
Oui. Mais ce sont les observateurs actifs qui ont mandaté des experts pour travailler avec le comité technique. Ils ne sont pas dans le comité à titre figuratif.
Quel quota vous avez pu obtenir ?
Le décret prévoit huit places pour la société civile dont une place au sein de la commission et six places dans le comité technique. Les deux places revenaient aux collectifs des Adh (Associations des Droits de l’Homme) que je représente ici et à la Casidoh (La Coordination des Associations de la Société Civile et de Défense des Droits de l’Homme). Pour les six places restantes, le décret fixe déjà le quota. Mais, le plus important c’est d’être là pour aider à la manifestation de la vérité. Parce que, en plus des Tchadiens, c’est le monde entier qui attend de savoir la vérité.
Quel poste occupez-vous précisément dans la Commission ?
Au niveau du comité technique, il y a plusieurs sous-comités. Ce sont, entre autres, le sous comité d’investigation à l’extérieur et à l’intérieur du pays, le sous-comité disparition, le sous-comité comprenant des comités ad hoc, crées sur les cas de viol des femmes, les sous-comités sur les conséquences économiques et sociales et bien d’autres. La société civile est bien présente dans le comité technique. Au niveau de la commission d’enquête, la société civile occupe le poste du président du comité des enquêtes. Il ne faut pas confondre la commission des enquêtes qui a un président et le comité des enquêtes qui est la structure technique qui diligente et oriente ces enquêtes. La société civile dirige cette dernière structure. Et c’est justement par rapport à cette responsabilité que nous pensons que notre contribution est importante et elle pourra aider à faire beaucoup de choses.
Que fait concrètement le président du comité des enquêtes ?
Il diligente les enquêtes, analyse les omissions, les traite et essaye de voir si telle ou telle omission nécessite un retour sur le terrain. Il y a des cas avérés d’enlèvements, d’arrestations, de détentions, de disparitions. Donc, il s’agit pour nous d’auditionner les témoins. Surtout ceux qui veulent bien collaborer ou témoigner. Cela nous permet d’établir les faits, de dégager les responsabilités et de proposer les recommandations.
Avez-vous vraiment une marge de manœuvre ?
Ne subissez-vous pas de pression ? Le volume du travail est très important et il faut pouvoir supporter. Mais, il n’y a pas de difficultés majeures. Je n’ai pas du tout rencontré d’obstacles en dehors du volume du travail.
Vous avez accusé un grand retard, pourquoi cela ?
La commission a été créée le 02 avril 2008. Il fallait trouver un local, établir le mode de fonctionnement, un budget, le règlement intérieur. La commission ne pouvait travailler sans que ces conditionne soient remplies. Le travail a commencé début mai. Et en deux mois nous avons énormément avancé.
Pensez-vous pouvoir finaliser le travail dans le délai requis ?
L’idéal c’est de rester dans ce délai. Aujourd’hui nous sommes avancés et je ne nourris aucune crainte. Mais, dans ce genre de travail, rien n’est jamais terminé, une enquête appelle une autre enquête. Une question peut surgir qui peut nécessiter une prorogation. Il peut y avoir de rebondissements à tout moment.
Votre travail sera-t-il soumis au gouvernement ?
Le chef de l’Etat est le destinataire, c’est lui qui aura la primeur. Maintenant, il peut faire du rapport ce qu’il veut, le publier ou non. C’est un autre débat ! Mais nous pensons qu’il portera le rapport tel quel, sans aucune modification, à la connaissance du public.
En écoutant certaines personnes, on a l’impression qu’il se pose un problème d’information et de sensibilisation du public.
Les gens croyaient qu’en venant se faire auditionner, ils seraient dédommagés. La commission établit les faits, les responsabilités et formule des recommandations. C’est au gouvernement de prendre ses responsabilités.
Cela suppose-t-il que les gens peuvent éventuellement avoir droit à des indemnisations ?
Il y a des gens dont les biens ont été détruits. Ces gens viennent se faire auditionner. Toutefois, il y aura une descente sur le terrain pour faire le rapprochement entre ce qui est dit et les dégâts subis. Maintenant il va falloir qu’à la fin, des recommandations soient faites pour demander au gouvernement d’indemniser les victimes. A ce niveau, ce ne sera plus le travail de la commission.
Certains citoyens doutent de l’autonomie et de la crédibilité de la commission, qu’en dites-vous ?
On ne peut vouloir une chose et son contraire à la fois. Tout le monde a réclamé la vérité. Il voulait savoir où est M. Ibni Oumar Mahamat Saleh. Qu’est-ce qui lui est arrivé ? Qui a enlevé M. Lol ? Où a-t-il été séquestré ? Qui sont les auteurs des centaines de morts ? Tout le monde voulait que la lumière soit faite sur ce qui s’était passé. Lorsqu’on dit que telle ou telle personne a commis tel ou tel crime, ce ne sont que des affirmations. Il faut qu’il y ait des gens qui creusent pour faire jaillir la vérité. C’est vrai, dans une société, il y a des sceptiques, des optimistes, etc. Mais, il faut éviter les supputations et les spéculations et faire confiance à la commission. On jugera la commission au résultat !
Qu’en est-il aujourd’hui du cas de Ibni ?
L’une des règles cardinales de la commission c’est la confidentialité. Attendez le résultat du rapport.
Avez-vous un dernier mot ou bien une préoccupation particulière ? L’ampleur des atteintes aux droits de l’Homme lors des affrontements des 2 et 3 février a été très importante. S’il y a des personnes victimes qui ne se sont pas encore manifestées ou qui ne sont pas au courant de l’existence de la commission, qu’elles se rapprochent d’elle. Il y a aussi des gens qui ont peur, qu’ils dominent leur peur pour venir se faire auditionner. Car la vérité éclaire. Ces témoignages nous permettront d’être à la hauteur des attentes.
Propos recueillis par Ndjénodji Mbaïdédji Frédéric
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04.08.2008
Répression au Mali contre le Mouvement des Sans Voix suite à la contestation de la privatisation de la filière-coton
Le vendredi 2 août, alors qu’était votée à l’Assemblée Nationale du Mali une loi autorisant la privatisation partielle de la CMDT (Compagnie Malienne de Développement Textile), une trentaine de manifestants du Mouvement des Sans Voix sont entrés dans la salle plénière de l’Assemblée afin de manifester leur opposition à cette privatisation.
Le service d’ordre de l’Assemblée a alors procédé à l’enfermement de 5 d’entre eux dans les toilettes de ce lieu en attendant l’arrivée des forces de police. Ils ont alors été tous les cinq conduits au Commissariat du 3ème arrondissement de Bamako où ils sont en garde à vue officiellement depuis vendredi 21h22. Une plainte aurait été déposée contre eux pour « trouble à l’ordre public » et des discussions sont en cours au gouvernement. Leur déposition a été transmise au Procureur de la 2ème Commune de Bamako où ils seront convoqués lundi.
Les associations et mouvements soussignés condamnent fermement cette entrave à la liberté d’expression, ainsi qu’à la démocratie qui voudrait que les représentants du peuple écoutent la voix du peuple. Rappelons que la société civile se montre depuis plusieurs mois déjà fortement opposée à la privatisation de la filière-coton de la CMDT.
Nous demandons leur libération immédiate ainsi que l’arrêt de toutes poursuites à leur encontre.
Premières organisations signataires :
ATTAC Maroc, Association Fraternité Franco-Africaine (FFA, France), Avenir Vivable (France), CEDETIM (Centre d'étude et d'initiatives de solidarité internationale, France), COPAF (Collectif Pour l'Avenir des Foyers, France), D.A.L. (Droit au logement, France), Droits devant !! (France), IPAM (Initiatives Pour un Autre Monde, France), Réseau No-Vox, SNAPAP (Syndicat Autonome des Personnels de l’Administration Publique, Algérie), Union Syndicale Solidaires (France).
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03.08.2008
"Mugabetisation de la présidence"
Martin Buxant
http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/437190/mugabe...
Un membre du Bureau politique du CDH lance un appel à Joëlle Milquet. "Il faut qu'elle ouvre la voie à une élection présidentielle : c'est une question d'éthique."
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| D.R. |
Entretien
Marc-Antoine Mathijsen est membre du Bureau politique du CDH.
Il revient sur la prolongation du mandat de Joëlle Milquet à la tête du parti humaniste jusqu'à l'été 2009.
Pourquoi lancez-vous un appel à Joëlle Milquet aujourd'hui ?
Ma démarche se veut positive : Joëlle Milquet a fait des choses extraordinaires pour le CDH. C'est son bébé, je comprends qu'elle y soit attachée. Mais je ne veux pas qu'elle termine sur une fausse note. Je lui lance un appel à elle-même, un appel à son éthique. Il faut qu'elle porte une nouvelle génération à la tête du parti. A l'été 2009, elle aura fait un demi-mandat en plus que ce qui est autorisé par les statuts ! On assiste à une "Mugabetisation" de la fonction de présidence du CDH. Il est bon et sain que le parti ne s'identifie pas éternellement à Joëlle Milquet. Il y a d'autres personnes valables au sein du parti qu'il faut lancer. A un moment, il faut couper le cordon ombilical...
Vous dites que Joëlle Milquet est en infraction par rapport aux statuts du parti...
Oui, triplement. Son mandat devait se terminer obligatoirement dans les quatre mois qui suivaient le renouvellement du Parlement. Donc, en octobre 2007 ! Joëlle Milquet se met triplement en infraction par rapport aux statuts du CDH. D'abord, elle effectue plus de deux mandats. Ensuite, elle n'a pas renouvelé la présidence. Tertio (Article 74), elle cumule avec un poste au gouvernement. Et c'est dommage : elle avait beaucoup critiqué Didier Reynders à l'époque, et elle fait pareil.
Pourquoi êtes-vous le seul à vous opposer publiquement à ces infractions ?
Je suis le premier et je crains fort d'être le dernier. On verra. On est à deux mois de la constitution des listes pour les prochaines élections. Tout mandataire sensé ne va prendre le risque de critiquer ouvertement la présidente. Mais il faut pourtant cette remise en question : le CD&V et le SP.A l'ont fait en pleine crise politique.
Joëlle Milquet apparaît comme un pôle de stabilité pour le CDH en pleine crise politique...
Mais on sait bien que cette crise va encore durer longtemps. Cela voudrait-il dire que Joëlle Milquet est la seule capable au sein du CDH de mener à bien une négociation politique ? C'est vraiment ridicule. C'est une question de respect de la parole donnée. On parle de confiance entre partenaires francophones et néerlandophones, et voilà qu'on ne respecte pas notre parole.
Sur le fond, comment jugez-vous la politique du CDH sous les présidences Milquet ?
Une élection présidentielle va permettre un recentrage du parti. Joëlle Milquet est fort associée à l'échec de l'orange bleue, au retour du PS au pouvoir, bref à la gauche, alors que nous sommes censés être au centre. Joëlle Milquet représente une première évolution dans le CDH. Celui-ci doit maintenant grandir et trouver la maturité de dire : on lance une vraie élection présidentielle. C'est un pari très risqué que le Bureau politique a pris en prolongeant Joëlle Milquet.
Pourquoi n'avez-vous pas fait ces critiques au Bureau politique ?
Mais un Bureau avait été convoqué le 15 juillet. Et pas pour le 31 juillet, en pleine période de vacances. Par ailleurs, cette décision revient aux membres. La dérogation qui a été accordée pour prolonger la présidence n'est même pas prévue par les statuts ! C'est aux 18 000 membres du CDH à se prononcer là-dessus. Une université d'été est prévue fin août, ce sera une bonne occasion de lancer l'élection présidentielle.
Etes-vous candidat à la présidence du CDH ?
Non ! Il faut une figure jeune. Il faut quelqu'un capable de renouer de vrais ponts avec le CD&V. Il faut quelqu'un capable de recentrer le parti - regardez le désastre du décret Arena. Et quelque part, il faudra aussi un virage à droite qui permette au CDH de jouer son vrai rôle de pivot de l'échiquier politique. Je lance juste un appel pour que Joëlle Milquet ouvre le processus de renouvellement de la présidence. A ce moment-là, croyez-moi, beaucoup de langues vont se délier. Il y a des gens bien plus compétents que moi au CDH, je veux juste ouvrir des portes.
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20.07.2008
Hannibal, l'enfant terrible de Kadhafi, arrêté dans une chambre d'hôtel à Genève
Hannibal, l'enfant terrible de Kadhafi, arrêté dans une chambre d'hôtel à Genève
Auteur: Cynthia Gani
http://www.letemps.ch/template/regions.asp?page=7&art...
GENEVE. Le deuxième fils du colonel Kadhafi a passé la nuit de mardi à mercredi aux violons du Palais de justice.
Une affaire très embarrassante, voilà ce qui accapare cette semaine les autorités genevoises, suisses et libyennes. Elles se seraient sans doute bien passées d'une médiatisation du délicat problème, mais voilà: hier, la Radio suisse romande annonçait à la mi-journée qu'un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal, a été arrêté mardi par la police genevoise. Celui qui est connu comme l'enfant terrible de la famille a passé la nuit dans les violons du Palais de justice avant d'être entendu par le juge d'instruction Michel-Alexandre Graber. Le silence opposé à toutes les questions du côté des autorités concernées en dit long sur le malaise qui règne.
Maltraitance en cause
Anonyme mais officielle, une source a confirmé au Temps qu'Hannibal Kadhafi, 32 ans, a été arrêté dans le luxueux hôtel Président Wilson, sur les quais de la rive droite du Léman. Sans en dire plus. Il semble qu'il a été embarqué avec deux de ses gardes du corps, qui résistaient aux forces de l'ordre sous les yeux ébahis des badauds.
A-t-il été inculpé? Sous quel chef? Hier, le juge Graber n'était pas joignable, puisqu'il entendait justement Hannibal. Mais l'interpellation du fils de Mouammar Kadhafi serait liée aux mauvais traitements infligés à l'une de ses domestiques, qu'il aurait frappée. Hier, la police judiciaire menait l'enquête à l'hôtel Président Wilson, où la direction est elle aussi aux abonnés absents.
Immunité diplomatique?
Il y une autre inconnue de taille: Hannibal Kadhafi, qui n'en est pas à son premier dérapage, bénéfice-t-il de l'immunité diplomatique? A Genève, la source officielle du Temps assure que non. A Berne, le Département des affaires étrangères ne pipe pas mot. A cette question posée par les journalistes, il renvoie un document sur les questions techniques et les aspects juridiques des privilèges et immunités diplomatiques...
Ce qui est sûr, c'est que le président Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, n'aura aucune peine à faire parvenir à Hannibal, un de ses fils préféré, un passeport diplomatique, assure Hasni Abidi, directeur du Centre d'étude sur le monde arabe et méditerranéen à Genève. Il s'exprimait hier sur les ondes de la RSR.
«Intouchable en Libye»
«Il est intouchable aux yeux de son pays», explique Hasni Abidi. Du coup, lorsque l'affaire est parvenue à ses oreilles, le colonel n'a pas tergiversé: il a fait venir son ambassadeur, et a mis un terme aux congés et vacances de certains diplomates, affirme l'expert. Hier, ni le consulat de Libye à Genève, ni l'ambassade à Berne ne souhaitaient commenter. Mais la tension était déjà palpable.
Pour les autorités fédérales, l'enjeu est clair: il s'agit d'éviter l'incident diplomatique avec Tripoli. Car la Libye constitue le principal fournisseur de pétrole de la Suisse: «On importe 34% de nos ressources énergétiques de la Libye, qui investit par ailleurs dans plusieurs sociétés suisses», précise Hasni Abidi.
Une longue liste d'excès
Hannibal Kadhafi s'est déjà rendu célèbre pour sa propension aux excès. Le deuxième fils du colonel avait fait la une des journaux en 2001 en Italie, lorsqu'il avait provoqué avec ses gardes du corps une bagarre à la sortie d'une boîte de nuit à Rome.
En 2004, à Paris, cet amateur de voitures et de belles filles a joué les Fangio en dévalant l'avenue des Champs-Elysées à 140 km/h et en brûlant plusieurs feux rouges. En 2005, Hannibal Kadhafi a été condamné par un tribunal parisien à quatre mois de prison avec sursis pour avoir battu sa concubine alors enceinte. Et en 2007, il a fait l'objet d'une enquête du parquet de Nice, suite au démantèlement d'un réseau de call-girls. En France, contrairement à Genève, il n'aurait jamais passé une nuit en prison.
Un dénouement incertain
Médecin et militaire de formation, Hannibal Kadhafi tranche avec Seif el-Islam, troisième fils du colonel, très impliqué sur le plan de la politique, qui a joué un rôle dans la libération des infirmières bulgares. Ce dernier a créé la Fondation internationale Kadhafi pour le développement.
Selon l'expert Hasni Abidi, beaucoup de proches du colonel lui conseillent de garder Hannibal auprès de lui, à Tripoli. Mais pour l'heure, personne ne sait quand il rentrera.
14:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Darfour : "La CPI fait beaucoup de politique et peu de droit"
Plusieurs pays ont fait part de leur inquiétude après la demande, lundi 14 juillet, d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) visant le président soudanais, Omar Al-Bachir. Quelles conséquences cette demande peut-elle avoir sur le terrain ?
Le Darfour est le conflit qui mobilise le plus les opinions publiques occidentales. D'un strict point de vue humanitaire, la crise est contenue. Mais on peut noter une dégradation depuis l'échec des accords d'Abuja en mai 2006. Elle est imputable au gouvernement et à l'autonomisation des milices créées par Khartoum qui volent aujourd'hui de leurs propres ailes. Mais aussi aux divisions qui se sont produites au sein des groupes rebelles. Sur le plan politique, un nouveau médiateur vient d'être nommé. Il se serait sans doute bien passé de cette décision de la CPI pour entamer son mandat...
Mais il y a d'autres problèmes au Soudan. Notamment la mise en œuvre des accords Nord-Sud signés en janvier 2005. Les deux parties en conflit, le gouvernement de Khartoum et le gouvernement au Sud-Soudan, ont actuellement des désaccords importants, mais il y a des progrès sur d'autres dossiers. La demande de mandat d'arrêt du procureur de la CPI, M. Luis Moreno-Ocampo, peut remettre en cause ces avancées qui sont difficiles, mais réelles.
Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, est allé trop loin en s'en prenant à un chef d'Etat en exercice ?
La CPI me semble faire beaucoup de politique et peu de droit. Quand on lit le réquisitoire prononcé par M. Luis Moreno-Ocampo devant le Conseil de sécurité de l'ONU le 5 juin, la description qui est faite de la situation au Darfour est quand même assez hallucinée, et certaines comparaisons sont inacceptables. Dire aujourd'hui qu'il y a un génocide dans les camps de réfugiés, c'est de la rhétorique militante. Quelle que soit la réalité et les sentiments qu'on puisse avoir à l'égard d'Omar Al-Bachir, on ne peut pas le comparer à Hitler. Ce sont des erreurs infondées en termes d'analyse politique ou de terrain. Juridiquement, elles sont au mieux inutiles et au pire scandaleuses.
Ce qui n'enlève rien à la responsabilité de Khartoum : on peut considérer d'un point de vue politique qu'Omar Al-Bachir, en tant que responsable d'un Etat qui a commis de telles atrocités, doit être puni, mais d'un point de vue juridique, c'est très léger. M. Luis Moreno-Ocampo est sans doute très populaire aujourd'hui dans certaines grandes capitales occidentales, y compris à Paris, mais dans les pays du tiers-monde il est perçu comme l'un des outils de l'Occident pour faire valoir son point de vue en prétendant que c'est le point de vue international.
Le Conseil de sécurité de l'ONU peut-il geler la procédure de la CPI ?
Tout d'abord, un panel de juges de la Cour va se pencher sur les preuves fournies par le procureur et décider s'il y a lieu d'émettre un mandat d'arrêt international. Cela va prendre au moins un mois et demi. Ensuite commenceront les choses sérieuses. Il semble qu'une disposition du traité de Rome permette au Conseil de sécurité de l'ONU de geler une procédure en cours.
Mais au-delà du mandat d'arrêt visant Omar Al-Bachir, il y a un problème majeur : si on regarde l'incrimination, on a l'impression que n'importe quel dirigeant politique soudanais peut être demain visé par la CPI. Dans ce cas, ce n'est pas Omar Al-Bachir qui est visé comme personne, c'est un régime, et là on est dans une situation dont le flou juridique est évident. L'appareil d'Etat est incriminé dans son ensemble : comment reconstruire la paix dans ces conditions ? Je crois qu'il faudrait réfléchir un peu et ne pas se laisser aller à des effets de manche politiques qui nuisent à la crédibilité juridique de la cour.
Cette mise en accusation de Khartoum change-t-elle le rapport de force ?
Au Darfour, les rebelles ont l'impression avec cette demande de mandat d'arrêt qu'ils ont gagné une grande bataille : ils vont vouloir en gagner d'autres. Ces groupes vont se dire que c'est le moment ou jamais de modifier en leur faveur le rapport de force militaire.
Cela peut provoquer des représailles de grande ampleur de la part du régime de Khartoum qui peut se dire qu'il n'a plus grand-chose à perdre. Et on repartira dans une escalade militaire comme celle qu'on avait connue il y a deux ans. Ce sera le prix payé par la population du Darfour pour voir la morale universelle s'appliquer dans leur pays.
La Chine, les Etats-Unis et l'ONU ont fait part de leur vive inquiétude...
Les Nations unies ont peur pour leurs personnels sur le terrain. La Chine, elle, constate, qu'il est évidemment très désagréable de voir son nom associé à un génocide, d'autant plus à quelques semaines du début des Jeux olympiques.
Les Américains, eux, n'ont jamais été très enthousiastes vis-à-vis de la CPI, dont ils n'ont pas voté la création. L'administration Bush a beaucoup œuvré contre cette juridication et s'était même abstenue, avec la Chine, lors du vote [au conseil de sécurité de l'ONU] de la résolution permettant la saisie de la CPI sur le Darfour. Dans leur idée, il s'agissait simplement d'envoyer un message fort à Khartoum pour obtenir une résolution rapide du conflit. Jamais ils n'avaient imaginé que la CPI irait aussi loin.
Un deuxième aspect, particulièrement important pour les Américains, concerne la lutte contre le terrorisme. On sait depuis septembre 2001, que le gouvernement soudanais a œuvré de façon concertée avec Washington sur cette question. Au point d'ailleurs que l'interlocuteur principal des Américains, le chef des services de sécurité, maître d'œuvre de la politique du régime soudanais au Darfour, a été invité à Langley, au siège de la CIA. On peut se poser la question suivante : dans quelle mesure le gouvernement soudanais va-t-il estimer devoir poursuivre sa coopération avec les Etats-Unis ?
Ordre du jour
Rapports du Secrétaire général sur le Soudan
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15.07.2008
Ban Ki-moon préoccupé par l'insécurité au Tchad
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10 juillet 2008 –Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, se dit « profondément préoccupé » par l'insécurité qui continue de régner au Tchad dans un rapport remis jeudi au Conseil de sécurité et rappelle que seul un véritable dialogue politique entre le gouvernement tchadien et les groupes d'opposition peut régler durablement le conflit dans ce pays.« Je suis profondément préoccupé par les incursions répétées auxquelles se livrent les rebelles au Tchad et par l'insécurité qui continue de régner dans le pays », dit-il dans ce rapport. « La précarité des conditions de sécurité a empêché l'acheminement de l'aide humanitaire, en particulier depuis l'assassinat du directeur de l'organisation Save the Children, survenu le 1er mai. Je condamne une nouvelle fois cet acte criminel et exhorte toutes les parties à accorder aux humanitaires un accès sans restriction à l'est du Tchad », ajoute-t-il.Selon le Secrétaire général, « seul un véritable dialogue politique entre le gouvernement tchadien et les groupes d'opposition armés et non armés, associé au rétablissement des relations entre Khartoum et N'Djamena, peut régler durablement le conflit au Tchad ». Les efforts visant à favoriser le dialogue politique ont donné des résultats mitigés au cours des derniers mois. « Si le dialogue entre le gouvernement et les partis politiques a bien été relancé dans le cadre de l'accord du 13 août 2007, aucun progrès n'a été accompli dans l'ouverture d'un tel dialogue avec les groupes d'opposition armés tchadiens », relève-t-il.Il exhorte également les gouvernements tchadien et soudanais à appliquer pleinement l'accord de Dakar du 13 mars et à prendre des mesures aux fins de la normalisation de leurs relations.Ban Ki-moon, qui se félicite du degré de coopération entre le gouvernement tchadien, la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) et la Force de l'Union européenne (EUFOR Tchad/République centrafricaine), juge primordial que le gouvernement tchadien achève sans tarder la mise en place du cadre juridique nécessaire aux fins du déploiement du Détachement intégré de sécurité (DIS).Selon lui, la formation dispensée par la MINURCAT aux formateurs et au commandement du DIS est un bon départ sur la voie du renforcement des capacités du DIS en matière de maintien de l'ordre dans les camps de réfugiés et dans les zones où s'installent les personnes déplacées. Mais, « la Mission, le gouvernement et l'EUFOR devraient désormais redoubler d'efforts pour rattraper le retard pris dans la phase suivante de la formation de l'élément principal du DIS », ajoute-t-il. |
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M. Baba Tandian dirige le Groupe Tandian Multimedia. Très au fait de la situation en Mauritanie où une partie de sa famille réside et où il se rend fréquemment, il n’a pas résisté à l’envie d’expliquer, ce qui, selon lui, est à l’origine du coup d’Etat d’avant-hier en Mauritanie. Et figurez-vous que derrière toute cette histoire, il y a une femme…
