27.11.2009
Vrai/Faux dinars de Bahrein : la justice française maintient le Déby
La plus grosse affaire de faux monnayage jamais jugée en France - 350 millions de dollars - n’a en rien été clarifiée après deux semaines d’audience. Et le président tchadien Idriss Déby peut dormir tranquille.
La plus grosse affaire de faux monnayage jamais jugée en France - 350 millions de dollars en coupures de 20 dinars de Bahrein imprimés en Argentine, livrés au Tchad et au Niger, dont une petite quantité fut changée à Paris en mai 1998- n’a en rien été clarifiée après deux semaines d’audience. Aucune implication du président tchadien Idriss Déby n’a été évoquée, alors que 5 ans de prison ferme ont été requis contre son ex-conseiller spécial Hassan Fadoul.
La 11 ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, dans sa volonté affichée de restreindre le périmètre de l’affaire aux seuls prévenus et aux infractions commises en France, s’est délibérément privée de toute possibilité de comprendre cette affaire aux ramifications internationales - au Tchad, en Arabie Saoudite, au Maroc, en Argentine- pourtant flagrantes.
Cela n’a toutefois pas empêché les deux procureures de requérir de lourdes peines de prison ferme, 7 et 5 ans contre des lampistes. Rien n’a été tenté, avec l’accord manifeste de la partie civile -l’état du Bahrein et son autorité monétaire- pour identifier les véritables instigateurs de cette vaste embrouille. Alors que le tribunal et la partie civile s’accordent à reconnaitre que les prévenus n’avaient à l’évidence ni les moyens ni l’envergure pour se lancer dans une telle opération.
Une exceptionnelle absence de curiosité
La manière dont Mme Quantin, la présidente de la 11 ème chambre a conduit les débats, laisse peu de place à la compréhension de l’enchainement des faits et donc à la manifestation de la vérité.
Une pièce importante, versée au dossier par Hassan Fadoul, l’ex-conseiller spécial du président tchadien Idriss Déby, lors de sa mise en examen en 2000, a été purement et simplement éliminée. Il s’agit de la photocopie d’un chèque à l’ordre d’Idriss Déby tiré sur une agence de la Barclays bank en Angleterre. (voir ci-dessous) Pour l’écarter Mme Quantin a supposé -à tort- qu’il devait exister en Afrique beaucoup de personnes s’appelant Idriss Deby …
Pourtant ce chèque, comme le précise (voir interview plus bas) Hassan Fadoul, a quasiment provoqué la banqueroute de la Banque de Développement du Tchad (BDT) lorsque le président Déby s’est fait remettre en liquide 1 milliard de Francs CFA en l’endossant . Dés le prélèvement effectué par le président Deby, M. Idriss Othman, le directeur de la BDT, s’est immédiatement envolé pour Londres afin d’encaisser ce chèque, qui s’est avéré sans provision… Ce chèque avait été remis le 22 juin 1998 à Hassan Fadoul par un changeur de Kano (Nigeria), où il s’était rendu sur ordre de son président, à bord de l’avion présidentiel, pour y changer un lot de billets de 20 dinars de Bahrein. (cet épisode figure déjà sur bakchich.info, dans la saga des vrais-faux dinars de Bahrein).
L’absence de curiosité du tribunal a aussi évité d’entendre ce que M. Idriss Othman pourrait dire pour expliquer sa présence à Paris aux côtés de Hassan Fadoul, dans la visite à la fausse banque de France, sise place du palais Bourbon. C’est à la sortie de cet immeuble que 5 des 8 prévenus ont été arrêtés, en train de charger des sacs de dinars dans le coffre de voitures. Les deux tchadiens étaient venus le 13 juin 1998 vérifier que, comme il le leur avait été annoncé à N’Djamena, un service spécialisé de la Banque de France allait se charger de changer les Dinars de Bahrein. Cette fable n’a quand même pas résisté à leur visite sur les lieux.
Du fait qu’une commission rogatoire envoyée en Arabie Saoudite n’est jamais revenue, le tribunal ne s’est pas non plus intéressé au prince Fayçal, présenté par deux prévenus , MM Kimbangala et Chariou comme le propriétaire du stock de Dinars Bahreinis. M. Kimbangala a même affirmé qu’il avait bien visité l’imprimerie Ciccone en Argentine, et qu’il considérait qu’elle servait d’entrepôt pour les dinars de son employeur. Il n’avait jamais imaginé qu’ils aient pu y être imprimés, ce qui est pourtant l’un des rares faits avérés de cette affaire.
Autre bizarrerie sur laquelle le tribunal ne s’est pas attardé, le marocain Hicham Mandari (mandaté par qui ?) a changé en mai 1998 sans encombre 10 millions de dollars de ces mêmes dinars dans un bureau de change parisien, qui avait pris soin de faire expertiser ces billets pendant une semaine par le Crédit Suisse à Zurich. Les experts suisses maintiennent que les billets étaient vrais au moment de l’examen. Hicham Mandari a été assassiné sur la Costa del Sol en aout 2004, sans que la justice espagnole déploie de grands efforts pour élucider ce meurtre.
Personne ne veut savoir qui a monté ce coup
Quant à la partie civile, après avoir détaillé l’immense préjudice subi par l’économie et l’image de Bahrein, qui dût en catastrophe démonétiser ses coupures de 20 dinars, vit la valeur de sa monnaie dévisser de 50%, sachant qu’elle n’a aucune chance d’être indemnisée par les prévenus, qui sont au bord de l’indigence, elle ne souhaite pas non plus connaitre les tenants et aboutissants de cette grave atteinte à sa souveraineté. Elle en en vient à supposer que le prince Fayçal aurait été inventé par les accusés.
Qui a donc financé l’achat du papier filigrané, les frais d’impression des billets, leur transport de Buenos Aires à Nyamey et N’djamena, puis leur acheminement partiel vers l’Europe et le moyen Orient ? La question n’intéressait pas la 11 ème chambre. Le délibéré sera rendu le 17 février 2010.
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22.11.2009
Ali Bongo vient renouer les liens de la Françafrique à l'Elysée
Libération.fr
Le président français doit déjeuner avec son homologue gabonais, réélu dans des conditions douteuses en septembre R
enouer des liens distendus par des derniers mois plutôt agités. Ali Bongo est arrivé à Paris jeudi soir, pour sa première visite bilatérale hors du continent africain en tant que président. Il devait s'entretenir avec Nicolas Sarkozy ce vendredi midi.
Au menu de cette «visite de travail», selon un communiqué de l'Elysée, des discussions sur le sommet de Copenhague, ainsi que sur la prochaine entrée du Gabon au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Mais aujourd'hui, c'est davantage le symbole que l'intérêt diplomatique qui importe. Ali Bongo, investi président à la mi-octobre après un scrutin controversé, tente en effet de normaliser les relations entre Paris et Libreville, après plusieurs incidents.
Bourgi a la langue bien pendue
Ainsi, la plainte déposée à Paris par l'ONG Transparency International France contre feu Omar Bongo et d'autres chefs d'État africains dans l'affaire des «biens mal acquis» avait fortement déplu au vieux président, décédé le 8 juin dernier. Nicolas Sarkozy avait ensuite été hué aux obsèques de Bongo père.
Quand elle n'était pas en froid avec le clan Bongo, la France se voyait accusée d'ingérence dans les affaires intérieures gabonaises, notamment par l'opposition. Ainsi, les multiples déclarations cet été de Robert Bourgi, le conseiller Afrique de Sarkozy, avaient fait ressurgir le spectre de la «Françafrique».
Bourgi déclarait par exemple quelques semaines avant les élections qu'Ali Bongo était «le meilleur défenseur des intérêts français dans tous les domaines». Puis, début septembre, il dérapait à nouveau, révélant quelques secrets de famille de la «Françafrique».
Emeutes à Port-Gentil
Les adversaires d'Ali Bongo avaient alors beau jeu d'accuser la France - qui garde au Gabon une base militaire permanente, 10.000 ressortissants et 120 entreprises dont le géant pétrolier Total - d'avoir choisi son favori pour la présidentielle du 30 août.
Des émeutes avaient d'ailleurs fait plusieurs morts à l'annonce des résultats du scrutin - considéré comme frauduleux par l'opposition - et le consulat français de la capitale pétrolière Port-Gentil avait été incendié.
La relative discrétion française sur les conditions du vote (ainsi que les félicitations adressées par Nicolas Sarkozy à Ali Bongo) avaient donné du grain à moudre aux opposants. Lesquels continuent leur mobilisation.
«Erreur politique»
L'ancien candidat à la présidentielle Bruno Ben Moubamba a ainsi dénoncé vendredi une «erreur politique fondamentale» de la France. «Je suis extrêmement choqué qu'un grand pays démocratique comme la France soit la première puissance occidentale à recevoir Ali Bongo», a-t-il déclaré.
Hasard du calendrier? Fin octobre, moins de 3 semaines avant cette visite d'Ali Bongo en France, la justice française refusait en appel d'ouvrir une enquête sur cette affaire.
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16.11.2009
"Toutes les conditions pour une nouvelle crise alimentaire sont réunies"
La faim, toujours. Et à des niveaux jamais atteints : sous l'effet de la crise économique, la barre du milliard de personnes souffrant de sous-alimentation a été franchie en 2009. Une situation à laquelle le Sommet mondial sur la sécurité alimentaire, organisé à Rome du lundi 16 au mercredi 18 novembre sous l'égide de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), tentera – une nouvelle fois – d'apporter des éléments de réponse.
Le Belge Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies pour le droit à l'alimentation depuis 2008, s'alarme de la situation.
La situation s'est-elle améliorée depuis les "émeutes de la faim" de 2008 ?
Non. Toutes les conditions pour une nouvelle crise alimentaire dans un ou deux ans sont réunies. La question n'est pas de savoir si elle aura lieu, mais quand.
Les causes structurelles de la crise alimentaire de 2008 – une brutale hausse des prix liée à des facteurs conjoncturels puis accélérée par la spéculation – restent en place. Il suffit d'une étincelle pour que la hausse des prix redémarre. On n'a pas tiré les leçons de la crise passée.
Pourquoi en est-on encore là ?
Depuis juin 2008, les prix agricoles ont fortement baissé sur les marchés internationaux. Mais sur les marchés locaux des pays en développement, ils restent bien plus élevés qu'il y a deux ou trois ans.
Voici l'enjeu actuel : va-t-on continuer à miser sur un petit nombre de grands producteurs ou renforcer les petits fermiers, dont dépendent la majorité des populations des pays en développement ?
Avant même les émeutes de 2008, 900 millions de personnes souffraient de la faim, à cause des politiques menées ces dernières décennies : l'intervention des Etats dans la régulation des prix a été réduite, les producteurs les plus importants ont été aidés à développer des filières d'exportation et les petits fermiers s'en sont retrouvés marginalisés, ce qui a conduit à un exode rural massif.
Sentez-vous une évolution des élites ?
Dans les discours, on parle davantage de la petite agriculture familiale, mais on persiste dans des politiques d'encouragement des exportations. Le discours dominant est qu'il faut produire davantage, mais le vrai problème est qu'un milliard de personnes n'ont pas assez d'argent pour acheter la nourriture disponible.
Quand la FAO projette, pour nourrir 9 milliards de personnes en 2050, une obligation d'augmenter la production agricole de 70 % et de passer de 270 millions de tonnes de viande à 470 millions, elle élude la question de savoir s'il est raisonnable d'encourager la perpétuation d'un mode de consommation aux impacts très négatifs.
Si tout le monde imitait le régime alimentaire des Etats-Unis, il faudrait six planètes.
Comment la question du climat affectera-t-elle l'agriculture ?
L'agriculture est déjà victime du changement climatique, avec une sécheresse qui a réduit de 20 % les récoltes cet été en Inde, avec une sécheresse récurrente en Amérique centrale…
Les projections pour 2020 sont très inquiétantes. En même temps, l'agriculture est coresponsable de cette situation : 33 % des émissions de gaz à effet de serre lui sont attribuables.
Amener l'agriculture à mieux respecter l'environnement suppose de passer à des modes de production agroécologiques.
Peut-on faire un lien entre libéralisation et environnement ?
Un récent rapport de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) conclut que commerce et environnement peuvent être complémentaires : le commerce favoriserait le transfert de technologies propres; et avec le changement climatique, de plus en plus de régions vont se trouver en situation de déficit alimentaire et devront acheter plus à d'autres pour se nourrir.
Ce qui manque, c'est une analyse de l'impact environnemental de l'agriculture d'exportation. Lorsqu'on produit pour l'exportation, on a recours à de larges plantations de monoculture, ce qui appauvrit les sols, provoque l'érosion, requiert beaucoup d'engrais et de pesticides.
Un autre aspect sur lequel ce rapport est très insuffisant est l'analyse des distances parcourues par les produits alimentaires des lieux où ils sont produits vers les lieux où ils sont consommés.
Aujourd'hui, dans le monde, chaque produit alimentaire parcourt de 1 500 à 2 000 km. Or les circuits courts sont moins voraces en énergie et en carburant que les circuits longs.
Il faut privilégier les cultures vivrières pour répondre aux besoins locaux, et déconcentrer la production alimentaire afin qu'elle soit la plus proche possible des lieux où elle est consommée.
Etes-vous favorable aux plantations pour compenser les émissions de gaz carbonique ?
Parmi les nombreuses raisons qui poussent à la spéculation sur la terre, il y a de grands projets de plantations qui sont liés à l'appât que représente le marché des droits à polluer.
Je pense que c'est une solution trop commode, parce qu'elle nous dispense de réfléchir aux moyens de réduire notre consommation d'énergie.
Propos recueillis par Hervé Kempf et Clément Lacombe
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10.11.2009
C’EST QUOI LA Françafrique ?
L’Afrique, continent riche en matières premières, est pourtant durement touchée par la pauvreté, les pandémies, les guerres et les coups d’état à répétition. Comment expliquer que les richesses en uranium, pétrole, diamants et autres minerais ne bénéficient pas à la population africaine ? Les anciennes colonies françaises peinent à se développer et la France demeure toujours présente en Afrique…
Corruption, enrichissement personnel, intérêts stratégiques, pillage des matières premières, soutiens aux dictateurs, sont souvent associés à la Françafrique.
L’expression « France-Afrique » a été inventée par Félix Houphouët-Boigny, ancien président de la Côte d’Ivoire, pour désigner les relations entre la France et l’Afrique après la décolonisation. Pour François-Xavier Verschave, la « Françafrique » désigne « une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et en lobbies, et polarisée par l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’aide publique au développement.» ( La Françafrique : Le plus long scandale de la République , 1999).
Pour saisir la complexité de ces relations obscures entre la France et l’Afrique, il faut revenir à la décolonisation. Revenu au pouvoir en 1958, le Général de Gaulle admet – par réalisme – le principe de l’indépendance des colonies d’Afrique. Le Général n’y était pas favorable : il considérait que la France allait perdre un avantage dans l’accès aux matières premières et que le risque de propagation du communisme en Afrique était trop grand en temps de guerre froide. Finalement, Charles de Gaulle accepte les indépendances et charge Jacques Foccart, conseiller à l’Elysée, de maintenir la tutelle de la France sur les ex-colonies. C’est à cette époque qu’apparait la cellule « Afrique » de l’Elysée.
La première stratégie de Foccart sera de mettre en place ou de soutenir des dirigeants africains favorables à la France. Celle-ci se matérialise par des assassinats politiques, l’élimination des mouvements indépendantistes, des élections truquées et la répression des opposants (Sylvanus Olympio, président indépendantiste du Togo est assassiné en 1963. Son assassin, Gnassingbé Eyadema, prend le pouvoir et devient l’ami personnel de Jacques Chirac, lequel soutiendra par la suite le prise de pouvoir du fils, Faure Gnassingbé Eyadema).
La tutelle politique est complétée par des accords secrets, qui instituent le principe d’une intervention française en cas de menace extérieure et l’installation de bases militaires au Tchad, à Djibouti, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Gabon. Des mercenaires – soutenus discrètement par Paris – seront impliqués dans des coups d’Etat et rebellions, comme Bob Denard aux Comores et au Bénin.
Pour préserver ses intérêts en Afrique, la France utilise ses services secrets. Ceux-ci infiltrent les grandes entreprises, comme Elf, qui a servi de couverture à des activités illégales : marges considérables sur l’exploitation du pétrole, surfacturations des investissements…L’argent servira à assurer la main mise de l’entreprise sur l’Etat, la corruption locale, le soutien à des élections truquées, la corruption d’hommes politiques français, l’implication dans des coups d’Etat…
Jacques Foccart est remercié par Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Privés de leur tête, les réseaux de la Françafrique s’émiettent, chacun développant sa propre stratégie et cherchant à préserver ses intérêts, qu’ils soient économiques, politiques, ou militaires.
La tutelle de la France sur le continent africain est toutefois maintenue par des moyens occultes, illégaux et qui auront des conséquences dramatiques sur les populations africaines. Au Congo-Brazzaville, Elf a financé les armes qui ont servi à massacrer des dizaines de milliers de personnes par les milices de Denis Sassou-Nguesso, lors des guerres civiles de 1997 et 1998-1999. En soutenant des rebellions et des coups d’Etat, la France s’est rendue complice de violations des droits de l’homme.
L’élection en 2007 de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République laissait présager un renouveau des relations entre la France et l’Afrique, après 12 ans de présidence Chirac, connu pour ses liens personnels avec Omar Bongo (Gabon) et Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville) pour ne citer qu’eux. En 2006, candidat à la Présidence , Nicolas Sarkozy avait affirmé lors d’une visite au Bénin : " Il nous faut construire une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des scories du passé et de ses obsolescences.". Cette promesse de campagne est finalement restée lettre morte. Ce revirement de position peut être illustré par l’éviction de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la coopération, qui avait critiqué la lenteur de la mise à mort de la Françafrique.
La mort de la Françafrique n’a pas eu lieu. Assainir les relations entre la France et l’Afrique est finalement aussi complexe que les liens qui unissent la France à ses anciennes colonies d’Afrique sont occultes, teintés d’intérêts puissants, et illégaux.
Vincent ADANVOESSI
Cotonou
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27.10.2009
Tchad : Tentative d’assassinat à l’encontre de M. Michel Barka et actes de surveillance à l’encontre de M. Massalabaye Tenebaye
26 octobre 2009 par ,
ThèmesTchadRépressionCommuniqués de presseDroits humains
4 jours à peine après la visite-éclair à l’Elysée du très françafricain Idriss Déby, l’Observatoire, programme commun de la FIDH et de l’OMCT, nous alerte sur de nouvelles violations des droits humains dans ce pré carré de l’armée française. A en juger par son silence, Nicolas Sarkozy, qui a renoncé à réclamer la lumière sur la disparition, début février 2008, de l’opposant Ibni Oumar Saleh, semble faire bien peu de cas de 2 militants de la société civile tchadienne menacés de morts et espionnés. Sans doute est-il plus préoccupé par les accords commerciaux avec le régime tchadien, tel que les contrats de vente d’armes françaises à Ndjamena, qui ont progressé de 50 % en 2008 pour atteindre près de 13 millions d’euros.
APPEL URGENT - L’OBSERVATOIRE
L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.
Tentative d’assassinat / Menaces pour la sécurité / Surveillance
Tchad
22 octobre 2009
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Tchad.
Description de la situation :
L’Observatoire a été informé de sources fiables d’une tentative d’assassinat à l’encontre de M. Michel Barka, président de l’Union syndicale du Tchad (UST), et d’actes de surveillance menés contre M. Massalabaye Tenebaye, président de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH).
Selon les informations reçues, le 13 octobre 2009 vers 19h, alors qu’il se trouvait au volant de son véhicule, M. Michel Barka a été suivi par plusieurs véhicules banalisés. Une personne en civil sans aucune identification s’est ensuite interposée au milieu de la route, lui barrant le chemin. Afin d’échapper à ce qu’il craignait être une arrestation illégale, M. Barka a tourné dans une rue perpendiculaire et a alors été pris en filature par un motocycle. Lorsque M. Barka s’est arrêté, le conducteur du motocycle a brandi une arme de poing en direction du véhicule de M. Barka, qui a réussi à prendre la fuite.
Le même jour, alors qu’il sortait des locaux de la LTDH pour rencontrer un partenaire international, M. Massalabaye Tenebaye a constaté qu’il faisait l’objet d’une filature jusqu’à son domicile, fait qui s’est répété le 14 octobre au matin.
M. Michel Barka et M. Massalabaye Tenebaye se sont rendus en février 2009 à Paris et à Bruxelles en tant que délégués du Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation (CSAPR), où ils ont alerté les autorités françaises et les représentants de l’Union Européenne au sujet de la situation politique et sécuritaire au Tchad. Ils ont notamment témoigné des blocages de la mise en oeuvre des recommendations de la Commission d’enquête établie pour faire toute la lumière sur les violations des droits de l’Homme perpétrées lors de la tentative de coup d’Etat en février 2008.
Le 20 octobre 2009, suite à l’agression dont M. Barka a été victime et la filature dont M. Tenebaye a fait l’objet, M.Tenebaye a été reçu par le ministre tchadien de l’Intérieur et de la sécurité publique, accompagné du directeur de la Police Nationale, du directeur de la Sécurité Publique et du directeur des Renseignements Généraux, qui ont assuré qu’ils prendraient toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de M. Barka et de M. Tenebaye ainsi que l’ouverture d’une enquête approfondie sur les faits.
L’Observatoire exprime sa plus vive préoccupation et son inquiétude pour l’intégrité physique et psychologique de M. Michel Barka et de M. Massalabaye Tenebaye ainsi que pour celle de tous les défenseurs des droits de l’Homme au Tchad, et rappelle aux autorités tchadiennes leur obligation de protéger les défenseurs des droits de l’Homme conformément à l’article 12.2 de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998.
Actions requises :
L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités tchadiennes en leur demandant de :
i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Michel Barka et de M. Massalabaye Tenebaye ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme tchadiens ;
ii. Mener effectivement une enquête exhaustive, indépendante et impartiale sur les faits décrits ci-dessus, ce afin d’identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal civil indépendant, compétent et impartial et d’appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi ;
iii. Veiller à ce qu’un terme soit mis à toute forme de menaces et de harcèlement à l’encontre de M. Michel Barka, de M. Massalabaye Tenebaye et de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme tchadiens ;
iv. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article 1 qui stipule que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales aux niveaux national et international” et son article 12.2 qui prévoit que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;
v. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Tchad.
Adresses
M. Idriss Deby, Président de la République, Présidence de la République, B.P. 74 N’Djamena, Tchad, Fax : (235) 51 45 01
M. Youssouf Saleh Abbas, Premier Ministre, Primature N’Djamena, Tchad, Fax (235) 52 20 89, Email : cpcprimt(a)intnet.td
M. Jean Bawoyeu Alingue, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Ministère de la Justice BP. 426 N’Djaménal, Tchad, Tel./Fax (235) 52 21 39
M. Ahmat Mahamat Bachir, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, BP. 742 N’Djaména, Tchad, Tel/Fax : (235) 51 71 59
Ambassadeur M. Malloum Bamanga Abbas, Mission permanente de la République du Tchad auprès de l’Office des Nations unies à Genève, rue Tronchin 14, 1202 Genève, Suisse, E-mail : mission.tchad(a)bluewin.ch, Fax : +41 22 774 25 27
Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Tchad dans vos pays respectifs.
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18.10.2009
FRANCE-TCHAD / Rencontre entre N. Sarkozy et Idriss Deby Itno: déclaration des ONG
Paris, 16 octobre 2009 - La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), Human Rights Watch (HRW) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH) appellent Nicolas Sarkozy à exiger du président tchadien Idriss Deby Itno, lors de leur entretien privé cet après-midi à l’Elysée, qu’il mette fin à l’impunité au Tchad et fasse toute la lumière quant aux graves violations des droits de l’homme perpétrées lors de la tentative de coup d’état à Ndjamena le 2 février 2008. Selon ces organisations, N. Sarkozy s’est engagé auprès d’elles, avant sa visite au Tchad en février 2008, à plaider pour une accélération du processus démocratique et pour que toute la lumière soit faite sur le sort des opposants disparus. Il a ensuite affirmé, le 27 février 2008 à Ndjamena : "La France veut la vérité et je ne céderai pas sur ce point. Ce n'est pas parce que le gouvernement du Tchad est légitime qu'il peut se permettre de faire n'importe quoi".
Une Commission d’enquête, mise en place pour faire la lumière sur les événements de février 2008 à Ndjamena a clairement établi la responsabilité de la garde présidentielle tchadienne dans la disparition forcée de M. Ibni Mahamat Saleh. Le comité des droits de l’Homme des Nations unies a par ailleurs rappelé au Tchad son obligation internationale de mettre fin à l’impunité et de traduire en justice tous les auteurs de violations des droits de l’Homme sur son territoire. Les ONG s’indignent qu’à ce jour les autorités tchadiennes n’aient pas donné suite aux conclusions de la Commission et qu’aucune réponse n’ait été apportée quant au sort de M. Saleh.
La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), Human Rights Watch et la Ligue des droits de l’Homme (LDH) demandent donc à la France d’appeler le gouvernement tchadien à mettre en œuvre le plus rapidement possible les recommandations du Comité des droits de l’Homme comme celles de la Commission nationale d’enquête de 2008.
Citations ONG
· Jean Pierre Dubois, Ligue des Droits de l’Homme : « La disparition non-élucidée d'Ibni Oumar Mahamat Saleh est un obstacle majeur à la résolution de l'instabilité politique au Tchad. Comme elle l'avait promis par la voix du président Sarkozy, la France doit mettre tout son poids dans la balance pour que la lumière soit faite sur le cas d'Ibni Mahamat Saleh, mais aussi pour débloquer les pourparlers politiques en intégrant les politico-militaires sous peine de voir les attaques contre le régime d’Idriss Deby Itno se répéter avec leur lot de violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. »
· Jean Marie Fardeau, Human Rights Watch : « Nicolas Sarkozy a exigé la vérité au Tchad et Carla Bruni a rencontré la veuve d’Ibni Mahamat Saleh lui assurant l’engagement de la France. Plus d’un an et demi après les faits, aucune avancée n’a été réalisée depuis la remise d’un rapport accablant de la commission tchadienne d’enquête. Personne ne sait ce qu’il est advenu de M. Saleh. Il est du devoir de Nicolas Sarkozy de demander à nouveau des comptes au président Déby.»
Personnes disponibles pour interview :
- Massalabaye Tenebaye, Président de la Ligue Tchadienne des droits de l’Homme
- Jean Pierre Dubois, Président de la Ligue des Droits de l’Homme
- Souhayr Belhassen, Président de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme
Contact : Florent Geel, responsable programme Afrique, 06 48 05 93 23
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Aldine FURIO
Crisis Action (France)
Tel: +33 (0)9 63 53 73 14
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06.10.2009
Guinée - 2006, 2007, 2009 : les massacres se succèdent, l’impunité demeure
Communiqué, le 6 octobre 2009
L’association Survie condamne avec force le massacre du lundi 28 septembre à Conakry en Guinée et soutient sans réserve les mouvements de la société civile dans son combat pour la démocratie et la justice. Survie dénonce la grande tolérance de la diplomatie française à l’égard des exactions des régimes guinéens depuis plusieurs décennies.
Plus de 150 morts, plus de 1000 blessés, des dizaines de viols et d'arrestations : c’est le terrifiant bilan de la répression sanglante, opérée au grand jour par l’armée guinéenne, du meeting pacifique organisé à Conakry par des mouvements de la société civile guinéenne pour rappeler l’engagement du capitaine putschiste Moussa Dadis Camara de ne pas se présenter à l’élection présidentielle de janvier 2010.
Ces victimes s’ajoutent à celles des mouvements sociaux réprimés en 2006 et en janvier 2007 avec la même sauvagerie par des soudards sans foi ni loi confortés par des décennies d’exercice d’un pouvoir militaire aux crimes restés impunis.
Préoccupée par le sort des populations guinéennes et par le risque que l’arbitraire triomphe une nouvelle fois des mobilisations réclamant un Etat de droit en Guinée, l’association Survie :
1/ se montre attentive quant au rôle joué par la France dans cette crise politique et dénonce la grande tolérance de notre diplomatie à l’égard des exactions des régimes guinéens depuis plusieurs décennies.
Après la rupture historique du lendemain du référendum de 1958, un rapprochement franco-guinéen opéré dans les années 1980 a conduit la France à soutenir militairement et diplomatiquement le régime de Lansana Conté. La visite symbolique de Jacques Chirac en 1999 à Conakry, peu après la mascarade électorale qui avait vu l’opposant Alpha Condé privé de sa victoire à la présidentielle, a ainsi constitué un des temps fort d’un certain « renouveau » de la relation franco-guinéenne.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, la politique de la « Françafrique décomplexée », qui repose sur une défense inconditionnelle des positions économiques acquises (Gabon, Congo, Tchad …) ou à conquérir (Libye, RDCongo, Angola, Afrique du Sud ...) a placé la Guinée parmi les territoires de prospection pour les entreprises françaises.
Ceci amène notre association à :
- douter sérieusement des « vraies fausses » pressions exercées par la France à l’égard de la junte guinéenne. Celles-ci sont en outre décrédibilisées par le fait qu'Alain Joyandet s'est rendu cet été à Conakry pour tenter de convaincre Dadis Camara de ne pas se présenter à la présidentielle, quelques jours à peine après avoir félicité le général Abdel Aziz qui venait de mettre en oeuvre en Mauritanie le même scénario que Dadis Camara ;
- dénoncer le rôle joué par des émissaires d’une diplomatie parallèle sans mandat officiel, à l’instar du député Patrick Balkany, partisan déclaré de la candidature de Dadis Camara à la présidentielle ;
- réclamer la fin (et non la simple suspension) de la coopération militaire française (2 millions d'euros par an, dont 9 coopérants encadrant les officiers de l'armée guinéenne, depuis 2007) ainsi que l’arrêt de toute vente d’armes françaises au régime ;
- demander aux parlementaires français de réclamer que la lumière soit faite sur la stratégie menée par la diplomatie française à l’égard du régime guinéen et sur les soutiens apportés à celui-ci (coopération militaire, économique, ventes d’armes, etc.), en particulier depuis les exactions de 2006 ;
2/ se fait le relais des revendications des mouvements de la société civile guinéenne, rassemblés en particulier au sein des Forces Vives de Guinée pour exiger :
- la fin de la répression à l’égard des opposants, caractérisée d’après les témoins directs par des centaines d’arrestations mais aussi par des disparitions et des exécutions extra judiciaires ;
- la libération des prisonniers faits par les militaires pendant et après la manifestation du 28 septembre ;
-l’ouverture d'une enquête internationale et d'une procédure judiciaire devant les tribunaux internationaux pour déterminer les responsabilités dans les massacres et poursuivre les coupables, auteurs et commanditaires ;
-la conduite par la communauté internationale d’un dialogue afin de déterminer l’opportunité de recourir à l’intervention d'une force internationale visant à protéger les populations des exactions des militaires et sécuriser les conditions d’un processus électoral libre et transparent ;
-le rejet du mandat de médiateur confié au président burkinabé Blaise Compaoré, lui-même impliqué dans un certain nombre de conflits sanglants ayant endeuillé la sous-région (Libéria, Côte d’Ivoire) et coutumier de la fraude électorale dans son propre pays. Les Guinéens proposent déjà des alternatives plus crédibles comme Alpha Omar Konaré ;
3/ exprime son inquiétude et sa vigilance concernant :
-la volonté réelle de la communauté internationale d'agir pour protéger le peuple guinéen, inquiétude confortée par l'impunité restée de mise après les tueries de 2006 et 2007 ;
-le rôle des multinationales (minières et autres) engagées en Guinée qui peuvent, comme dans d’autres crises dans la sous-région, être tentées de soutenir et financer telle ou telle partie susceptible de garantir le maintien de leur rentes.
-le rôle, constaté par des témoins des massacres du 28 septembre, joué par des mercenaires libériens au sein ou en marge de l'armée guinéenne, qui renvoient au souvenir de conflits sous-régionaux de funeste mémoire.
Enfin, préoccupée par le symbole que l'impunité en Guinée après de telles exactions pourrait véhiculer dans le reste de l'Afrique, dans un contexte de régression des mouvements de transition démocratique amorcés dans les années 90, l’association Survie appelle à un mouvement de solidarité et de dialogue avec toute les sociétés civiles confrontées à la perpétuation ou au retour de régimes autoritaires au Gabon, au Congo, au Togo, en Mauritanie et au Niger.
Contact presse: Stéphanie Dubois de Prisque stephanie.duboisdeprisque@survie.org Tel. : 01 44 61 03 25
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26.09.2009
"Trop d'Africains ont comme idéal la ville coloniale"
Jean-Pierre Elong-Mbassi, porte-parole des Cités du continent.
C'est en Afrique que l'urbanisation du monde est aujourd'hui la plus violente. Sous l'effet de l'exode rural et d'une natalité très élevée, les villes y passeront de 350 millions d'habitants en 2005 à 1,2 milliard en 2050. Une explosion urbaine qui se propage sans planification, sans moyens et sans règles. En Afrique subsaharienne, 165 millions de citadins vivent déjà dans des bidonvilles.
Pour l'urbaniste camerounais Jean-Pierre Elong-Mbassi, secrétaire général de l'organisation Cités et gouvernements locaux unis d'Afrique, qui fédère les villes du continent, celles-ci souffrent du manque de décentralisation et de leur incapacité à dégager des ressources, mais surtout du refus des élites africaines de tenir un discours de responsabilité.
Comment expliquer que l'Afrique connaisse un développement urbain aussi anarchique ?
Personne ne sait gérer des villes qui doublent leur population tous les dix ans. Ce défi a été aggravé par une pensée anti-urbaine, selon laquelle les gens devaient retourner dans leurs campagnes d'origine. Ce courant a été encouragé en Afrique par la Banque mondiale, mais aussi par la France, avec deux conséquences.
D'une part on n'a pas pris la mesure de la croissance des villes, que les Etats ont toujours tendance à minorer, entre autres pour plaire à des bailleurs de fonds qui leur disent qu'ils ne peuvent pas assumer de telles métropoles.
Ensuite, on a imposé des frontières très strictes aux villes dans le vain espoir d'empêcher leur croissance, et donc créé de l'illégalité et des quartiers informels. Imaginez que moins d'un cinquième de la population urbaine habite la ville "officielle", en Afrique !
Les villes disposent-elles des compétences et des ressources pour gérer leur développement ?
Les collectivités locales se sont mises en place dans les années 1990, en pleine crise économique et politique. Les Etats n'avaient alors rempli les promesses de la modernité, héritées de la colonisation, que dans une ou deux villes. Les élus locaux ont été sommés de trouver des solutions, sans avoir les moyens de mettre de l'électricité, de l'eau courante et des routes goudronnées partout.
Il n'y a pas de décentralisation effective sur le continent africain. Les élus et les personnels locaux manquent de formation. Et il y a un problème de partage des ressources publiques, notamment fiscales : les Etats captent l'essentiel des moyens. En Europe, 40 % de la dépense publique est contrôlée par les collectivités. En Afrique, c'est moins de 5 %. Cela encourage les relations clientélistes avec le chef de l'Etat.
Certains observateurs craignent que la décentralisation démultiplie la corruption...
Au contraire, l'expérience prouve que le contrôle de la corruption est bien meilleur localement qu'au niveau national. Surtout, la décentralisation permet aux citoyens d'avoir leur mot à dire sur la vie locale, ce qui leur donne une raison de se soumettre à l'impôt. Pourquoi les Africains payeraient-ils des impôts ? Quand une école est construite, on leur dit que c'est un cadeau du président...
Pourquoi les villes d'Afrique n'arrivent-elles pas à collecter leurs propres ressources ?
Le principal défi pour les villes africaines, c'est de réussir à créer un marché foncier pour susciter des plus-values et extraire une rente foncière, seuls à même de financer la croissance urbaine. Seulement 5 % du territoire des villes est plus ou moins bien desservi par des services urbains. Pour améliorer ces services et suivre le rythme de la croissance urbaine, il faudrait investir 10 000 francs CFA par an et par habitant. Ça ne fait jamais que 15 euros. Mais ces 15 euros, on ne les a pas.
Le seul pays du continent où la ville finance la ville, c'est le Maroc. Ailleurs, les municipalités n'ont aucune autorité sur l'usage du sol et n'en tirent aucun revenu. Soit les Etats gardent tout le contrôle, soit, très souvent, ce sont les chefs coutumiers qui ont la maîtrise des terres, empêchent la création d'un marché foncier et précipitent la formation de quartiers informels.
Peut-on voir émerger un modèle de ville africaine qui ne soit pas un bidonville ?
La vraie question serait de savoir quelle ville veulent les Africains, sachant qu'ils devront la payer. Quelle qualité de services urbains ? En combien de temps ? Avec quel mode de financement ? On commence à raisonner de manière réaliste quand on sait qu'on doit payer. Malheureusement, ce grand débat démocratique n'a jamais lieu en Afrique. Les citoyens ne sont pas préparés à ce discours de vérité. C'est plus facile pour les hommes politiques de promettre à tous un morceau de Paris. Trop d'Africains ont encore comme idéal la cité coloniale, la ville héritée.
Propos recueillis par Grégoire Allix
Le monde.
19:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.09.2009
À Paris, les anti-Bongo fustigent la Françafrique
Des Gabonais ont battu le pavé parisien, ce samedi, pour dénoncer le résultat de l'élection présidentielle du 3 septembre qui a porté Ali Bongo, fils du défunt président Omar Bongo Ondimba, au pouvoir.
C’est sur le parvis des droits de l'Homme, à Paris, que les Gabonais de la diaspora sont venus dénoncer ce qu'ils considèrent comme un coup d'Etat électoral, après l'annonce de la victoire d'Ali Ben Bongo à la présidentielle du 3 septembre dernier.
"Nous sommes en colère aujourd'hui car le peuple gabonais dans sa majorité s'est vu imposer un président qu'il n'a pas du tout choisi dans les urnes", explique Yolande Bazegue, coordinatrice de la plateforme de veille et d'actions pour les élections libres et transparentes.
Du simple citoyen aux partisans des candidats malheureux, tous réclament une nouvelle vérification des procès-verbaux et dénoncent l'interdiction de sortie du territoire infligée aux chefs de l'opposition accusés d'être à l'origine des violences qui ont secoué Port-Gentil au lendemain de l'élection d'Ali Ben Bongo à la présidence.
Pour Mengue M'eyaa, présidente du Mouvement civique du Gabon, soutien du candidat Pierre Mamboundou, l'attitude de Libreville témoigne d'un "recul des libertés individuelles". "Il est inacceptable que les candidats à la présidentielle n'aient pas le droit d'aller et venir. Il est inacceptable que ces candidats soient menacés, soient terrorisés."
Au même moment, d'autres Gabonais battent le pavé parisien. Arpentant les rues qui mènent à l'Elysée, symbole, selon eux, de la Françafrique."Le Gabon n'est qu'une illustration parmi d'autres et nous ne voulons pas que ça continue. Cela fait plus de 40 ans que ce genre de système persiste. Aujourd'hui on dit 'Non'", explique Renée Clément du collectif Les anges gardiens de l'Afrique.Si les manifestants n'ont pu se rendre devant le palais présidentiel, ils ont toutefois rallié d'autres Africains de la diaspora à leur cause, comme ces quelques Malgaches qui espèrent de la France qu’elle ne reconnaisse pas ceux qui ont le pouvoir dans leur pays.
France 24
15:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.09.2009
ACTUS dénonce le Hold-up électoral au Gabon
Gabon: l’Impérialisme français a repris le haut du pavé en déniant au peuple la démocratie.
l’ACTUS-prpe exprime au préalable sa compension aux familles des victimes de la répression policière. Notre Parti adresse sa solidarité militante au peuple frère du Gabon dans sa légitime lutte contre toute forme de dictature afin d’instaurer une véritable démocratie et indépendance nationale.
Le peuple gabonais mais aussi les africains qui aspirent à la démocratie en luttant pour la fin des dictatures ont reçu un coup de massue le jeudi 3 septembre 2009. La proclamation tardive des résultats de l’élection présidentielle après de multiples tractations obscures, octroie la victoire au fils du Président défunt Omar Bongo Odimba: Mr. Ali Bongo Odimba, ex-ministre de la Défense recueille 41,73% de voix tandis que les deux adversaires majoritaires comptabilisent respectivement 25, 88% pour André Mba Obame et 25,22% en faveur de Pierre Mamboundou.
Après 42 ans de pouvoir sans partage et sans discontinuité du Président Omar Bongo Odimba, Doyen des Chefs d’Etat, imposé militairement aux Gabonais par l’impérialisme français, le Peuple s’était mobilisé pour tourner enfin la page de la « dynastie Bongo ». Cependant, hélas la Françafrique dont l’ex Président était le patriarche en Afrique, ne l’entend pas de cette oreille : tous les moyens ont été mobilisés pour usurper la victoire du Peuple en imposant le candidat Ali Bongo Odimba, garant de la continuité et de la domination coloniale de la France sur ce riche pays africain. .
La prétendue élection présidentielle «démocratique» au Gabon n’a été qu’un véritable hold-up, un coup d’état électoral… selon la majorité du Peuple gabonais qui a exprimé massivement sa colère en s’attaquant au symbole de la France et ses intérêts représentés par de nombreuses entreprises françaises dont Bouygues, Bolloré,Areva,Total, BNP, Rougier, Eramet,Veolia, Crédit lyonnais, Axa…
Sur une population d’environ 1.331.138 habitants, la Françafrique a amplifié le corps électoral à 820.000 électeurs afin de s’assurer la victoire par le bourrage des urnes. Ce chiffre qui est contraire aux normes généralement admises en démocratie n’a suscité aucune observation du Gouvernement français, partie prenante dans cette mascarade d’élection présidentielle. Au Gabon l’âge requis pour voter est de 21 ans et selon les statistiques démographiques, environ 40% de la population a moins de 21 ans. La machine à frauder de la Françafrique a inventé un corps électoral qui défit toute logique humaine. Ce fait sera confirmé plus tard par Mr. Antoine Glaser Directeur de la publication, La Lettre du Continent. Ce dernier affirma dans une interview à BBC le 5 septembre 2009 ces cruelles vérités : « Tout le monde savait qu’Ali Bongo allait passer de gré ou de Force. Il se prépare depuis 1986. Il avait été déjà à Matignon annoncé à l’époque à Jacques Chirac qu’il voulait succéder à son père et en fait depuis 10 ans Ministre de la défense. Il veut absolument être Président en succédant à son père »
Le Candidat Ali Bongo Odimba au pouvoir dispose de l’appareil d’état, contrôle la Commission Electorale Nationale autonome et Permanente (CENAP, composée majoritairement de militants du Parti au pouvoir, le Parti Démocratique Gabonais, le PDG) et les médias officielles. Le quotidien Le Monde du 3 septembre 2009 écrivait : « Dans la nuit de mardi à mercredi, un commando de cinq hommes cagoulés a mitraillé à l'arme automatique la station d'émission satellite de Go Africa. Cette chaîne de télévision tentait de prendre le relai de TV+, la chaîne appartenant à l'opposant André Mba Obame, dont la diffusion est interdite depuis dimanche, jour du vote ». Cette atteinte de la liberté de presse et de surcroît en période électorale n’a suscité une fois de plus aucune réaction du gouvernement français qui demeure aphone et aveugle. Pour ce dernier, l’infantilisation, l’humiliation et la domination des africains de son pré-carré est une tradition solidement ancrée car toutes les règles élémentaires de démocratie ne sont pas destinées aux indigènes noirs qui demeurent encore immature.
Aussitôt après la proclamation des résultats imposés par l’impérialisme français, nous assistons à une vigoureuse mise en garde, une menace à peine voilée de frappe militaire contre la population révoltée émanant du Secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie, Mr. Alain Joyandet. Interrogé sur RTL, le Ministre a déclaré que les troupes françaises stationnées au Gabon comptent environ un millier d'hommes. Elles sont prêtes à intervenir si des ressortissants français et les intérêts de l’hexagone sont menacés. L’ordre colonial doit être maintenu par tous les moyens grâce aux troupes françaises de la 6è BIMA basées dans le pays. Signalons qu’en 1990, ces mêmes troupes françaises d’occupation ont réprimé sauvagement dans le sang la révolte populaire des jeunes qui contestaient les élections frauduleuses qui ont permis de perpétuer le pouvoir du Président Omar Bongo Odimba.
Les multiples interventions de l’armée française pour soutenir et pérenniser les dictateurs contre la volonté des Peuples africains sont devenues une tradition hexagonale sous tous les gouvernements aux bords de la seine. Le Peuple tchadien vit avec colère et amertume sous la plus cruelle tyrannie d’Afrique du Général-Président Déby imposé par la France depuis 19 ans. Ce dernier fut sauvé in extremis à plusieurs reprises grâce aux interventions de l’Armée française contre les percées militaires foudroyantes des Forces de résistance nationale.
Dans la lignée des preuves de cette mascarade d’élection présidentielle, nous retenons la déclaration de la Présidente de l’Association Survie (fondée par François-Xavier Vershave), Mme Odile Biyidi (Veuve du militant panafricain et pionnier pourfendeur de la Françafrique, Mongo Béti) au quotidien Le Monde du 04 septembre : « Les premières constatations dans les bureaux montraient une avance considérable des deux candidats d'opposition (Pierre Maboundou et André Mba Obame) et Ali Bongo arrivait assez loin en troisième position. Ce résultat est un coup de force. Il n'a même pas été annoncé à l'unanimité car le procès verbal n'a pas été signé par tous les membres de la commission. Il y a eu beaucoup d'affrontement au sein de cet organe qui a longtemps tergiversé pour remettre les résultats. Quoi qu'il en soit, la décision finale n'apparaît pas très correcte et légale ».
Le pétrole, le manganèse , l’uranium, la riche forêt gabonaise, sa faune…sont contrôlés et pillés par les sociétés françaises, la position géostratégique du pays pour les expéditions punitives coloniales des troupes d’occupations françaises qui y stationnent depuis la période coloniale à ce jour à l’instar de celles du Tchad, sont autant de preuves qui démontrent si besoin en était de l’immuable politique de domination et d’asservissement des 14 pays du pré carré en général et du Gabon en particulier.
Face à la révolte des Peuples contre la Françafrique et le maintien de l’ordre colonial dans le pré-carré, la France instaure une nouvelle pratique politique africaine édulcorée, « la dynastie familiale républicaine ». Les pseudos élections présidentielles démocratiques sont organisées à tour de bras afin de légitimer les fils et autres progénitures des anciens présidents de la Françafrique décédés. Le cas du Togo vient d’être suivi de celui du Gabon. Cette réaction criminelle en chaîne inspirerait incontestablement d’autres dictateurs de la Françafrique au Tchad, en Centrafrique, au Cameroun, au Congo Brazzaville avec la bienveillance de la métropole. Il appartient à ces Peuples de se préparer afin de bloquer par tous les moyens, voire enrayer la marche de cette machine infernale, en l’occurrence la Françafrique car il y va de la survie des populations de ces entités africaines.
Dans ces conditions de déni permanent de démocratie (solution pacifique), d’humiliation, de coup d’état permanent françafricaine, de pillages systématiques des ressources des pays par les réseaux de la Françafrique..., les Peuples révoltés ont le droit de réclamer leurs droits et de les arracher par la violence, légitime réaction aux crimes organisés contre eux. C’est notamment le cas du Tchad où les Forces de résistance de l’UFR se battent vaillamment les armes à la main contre le dictateur Déby depuis de nombreuses années.
Le maintien de l’ordre colonial et la préservation des intérêts ou pillages des ressources du Gabon par la France, impliquent le massacre du peuple insurgé. En effet, deux personnes ont été tuées par balles parmi lesquels un élève de 18 ans Thierry Mombo. Les contestations populaires se poursuivent trois jour après la proclamation des résultats et ce malgré le couvre-feu.(Cf.La nouvelle République du 06 septembre). Ulcéré par l’attitude criminelle de l’hexagone qui a été le cerveau de ce coup d’état électoral, l’opposant gabonais Bruno Ben MOUBAMBA a déclaré : « Moi, Bruno Ben MOUBAMBA, j'accuse la France d'être derrière le coup d'Etat en cours au Gabon et je dis au Président Français Nicolas SARKOZY qu'il n'est pas dans l'intérêt de la France d'agir comme elle le fait pour le moment»
Interrogé par Sylvain Attal, journaliste à la Télévision France 24, le 19 août dernier, un autre opposant Pierre MAMBOUNDOU, excédé par une certaine presse qui mène une campagne insidieuse en faveur du candidat Ali Bongo Odimba, rétorqua énergiquement : « Ali Bongo n’est favori de personne ici au Gabon. Il faut que cela soit clair. Il est peut-être favori pour France 24 mais pas pour les Gabonais ».
L’implication flagrante et manifeste de la France dans ce coup de Force électorale a été aussi étayée par l’un des cerveaux des réseaux de la Françafrique, Robert Bourgi, ami des Présidents Sarkozy, de Bongo père et fils qui n’hésita pas à déclarer avec orgueil : « Je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy », insiste-t-il. Cet été, il a mis toute son énergie au service de l'élection de son poulain, Ali Ben Bongo, fils et héritier du président défunt qu'il présente comme « le meilleur défenseur des intérêts français dans tous les domaines ». « Au Gabon, la France n'a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c'est Ali Bongo, explique-t-il en souriant. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy ». De façon subliminale, l'électeur le comprendra." (Cf. Le Monde du 31 août 2009)
Les descendants de ces valeureux soldats africains (appelés Tirailleurs sénégalais) qui ont libéré la France de la servitude des Nazis ont aussi le droit de vivre à l’instar du peuple français en toute liberté, en démocratie et d’utiliser rationnellement pour leur bien-être les richesses naturelles dont l’Afrique est dotée. Il est inacceptable qu’une poignée d’individus, Membres des réseaux de la Françafrique et sous le patronage des gouvernements français successifs, maintiennent sous une chape de plomb pendant des décennies des Peuples entiers dans la misère sans précédent.
Face aux crimes contre l’humanité de la Françafrique dans le pré-carré de la France parmi lesquels les événements dramatiques en cours au Gabon, notre Parti, Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme /Parti Révolutionnaire Populaire et Écologique (ACTUS / prpe) déclare ce qui suit :
- exprime sa solidarité militante au peuple frère du Gabon dans sa légitime lutte contre toute forme de dictature afin d’instaurer une véritable démocratie et indépendance nationale
- condamne l’impérialisme français qui dénie au peuple gabonais le droit à la démocratie, son libre choix de régime politique et son avenir en imposant aujourd’hui après 42 ans du règne du Président Omar Bongo celui de son fils Ali Bongo
- exige le retrait inconditionnel, immédiat et la fermeture des bases militaires françaises d’Afrique qui maintiennent l’ordre colonial et servent de bouclier et renforcent les dictateurs imposés aux peuples par la France
- appelle tous les peuples africains à une solidarité militante, unitaire de lutte contre l’asservissement, les pillages, les humiliations, le mépris, les crimes contre l’humanité…dont notre continent continue d’être victime des puissances impérialistes.
- recommande à tous les activistes et patriotes africains de poursuivre le combat de libération et de dignité, lancé par les illustres fils d’Afrique (Patrice Lumumba, Amilcar Cabral ,Thomas Sankara, Marien Nguabi, Houari Boumediene, Agostino Neto, Samora Machel, Sékou Touré, Kuamé Nkrumah, Nasser, Nyombé, Félix Moumié, Olympio, Nkrumah, Sékou Touré, Steve Biko, Um Nyobè, Tavio Amorin, Ouandié, Félix Moumié, Cheick Anta Diop, Edouardo Mondlane…, ) dont certains furent assassinés par l’impérialisme qui n’accepterait jamais une véritable indépendance politique, économique et militaire de notre continent afin de sauvegarder leurs intérêts (pillages) avec la complicité de leurs valets dictateurs imposés aux présidences de nos pays.
- lance un appel solennel à tous les Peuples africains et aux patriotes activistes de jeter toutes leurs forces dans la bataille pour la réalisation rapide des Etats-Unis d’Afrique (EUA), seule garanti d’une véritable indépendance de notre Continent par conséquent de notre existence sur l’échiquier politique international.
Le 6 Septembre 2009
Pour l’Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme Parti Révolutionnaire Populaire et Écologique (ACTUS / prpe)
Le Secrétaire Général
Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum
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